Le référendum ne sera pas, ou sera boycotté
«Dernier avertissement» : plus de manifestants que contre Moubarak
Le président chassé du palaisMORSI a franchi une ligne rouge. Il est passé outre la soif de liberté et de démocratie qui l’a élu à la tête du pays. En s’arrogeant les pleins pouvoirs, en préparant une Constitution sur mesure qui épouse ses propres convictions, et pas celle de tout le peuple, il s’est engagé dans un bras de fer qu’il n’est pas sûr de gagner. Résultat, il a réussi à mobiliser plus de manifestants contre lui que ce qu’il en a fallu pour déloger Hosni Moubarak en 2011.
Des centaines de milliers de manifestants ont encerclé le palais présidentiel au Caire, entonnant des slogans empruntés à la récente révolution: «Dégage», «le peuple veut faire tomber le régime». Parallèlement, des centaines d’autres opposants campent Place Tahrir.
Abrités par des tentes improvisées, ils ont affiché une ferme intention de ne pas quitter les lieux avant d’avoir obtenu gain de cause. Ils sont soutenus par de nombreux concitoyens qui les approvisionnent en vivres et en couvertures. Dans cette cohorte, il y a des laïcs de gauche, des jeunes du 6 avril (qui ont contribué à lancer la révolte contre Moubarak), mais aussi des chrétiens ou des «amoureux de la loi islamique», qui aspirent tous à ce que la Constitution respecte les orientations et les libertés de tout le peuple.
Quant au référendum prévu pour ce 15 décembre, il suscite diverses réactions. Si sa supervision est maintenue par quelques juges pro Morsi, malgré les menaces du Club des juges, les réfractaires prévoient un boycott massif.
Le président égyptien a peut être parié sur une division du pays, une bataille que les islamistes gagneraient puisqu’il a été élu par la majorité. Si c’est le cas, il est arrivé à ses fins: il a bel et bien isolé les islamistes du reste de la population.
Mais le rapport de force est autre que celui auquel il s’attendait, et la population ne lâchera pas. On ne lâche jamais, si près du but. Ils estiment que s’ils laissent passer ce projet de Constitution, ils enterrent les espoirs de démocratie pour laquelle ils se sont tellement battus.
Entre temps, Morsi a quitté le palais, et la foule ne lui en permettra pas l’accès sans contre partie. La police anti-émeute a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, sans succès. Depuis, elle a battu en retraite et reste très peu visible.
Rime AIT EL HAJ
leconomiste Article original
TAGS : morsi – Place Tahrir – Hosni Moubarak
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