Le gitan converti à l’islam entendu depuis mardi à Toulouse nie être le « troisième homme » présent avec Mohamed Merah et le frère de celui-ci au moment du vol du scooter qui a servi aux tueries de Toulouse et Montauban, a dit son avocat, Me Pierre Alfort, mercredi.Cet homme de 38 ans nie de manière générale tout lien avec les sept assassinats commis par Merah, a dit Me Alfort après un premier entretien avec son client depuis l’interpellation de celui-ci mardi à Albi, en même temps que celle de son ex-compagne du même âge à Toulouse.
« C’est quelqu’un qui a une position très, très ferme, qui consiste à dire qu’il connaissait Mohamed Merah (mais qu’à) part (le fait) que ce soit un ami d’enfance, quelqu’un qu’il fréquentait régulièrement, il estime ne rien avoir à se reprocher », a dit Me Alfort juste avant d’assister pour la première fois son client face aux policiers au cours d’interrogatoires prévus pour durer toute la journée.
Quant au vol du scooter, « je lui ai posé la question. Bien évidemment, il m’a indiqué qu’il n’était pas présent », a-t-il dit à l’AFP.
Cet homme, décrit comme un gitan sédentarisé bien connu de la justice et converti à l’islam, a été interpellé tôt mardi chez des parents à Albi tandis que son ancienne compagne l’était au même moment à Toulouse, aux Izards, le quartier de Merah. Leur garde à vue, qui a commencé mardi matin et peut durer 96 heures, a été prolongée.
Depuis le début, les enquêteurs s’emploient à savoir si Merah a agi seul ou non. Seul son frère Abdelkader a à ce jour été mis en examen et écroué pour complicité.
Mohamed Merah, petit délinquant radicalisé des quartiers populaires de Toulouse, a assassiné froidement trois parachutistes, puis trois enfants et un enseignant juif entre le 11 et le 19 mars à Toulouse et à Montauban au nom du jihad. Il est tombé sous les balles du Raid le 22 mars.
Parmi toutes les questions que se posent les policiers, il y a celle sur la manière dont Merah, aux maigres revenus officiels, se finançait, ou sur la façon dont il s’est procuré son arsenal. Et aussi qui est le « troisième homme » vite apparu dans les investigations. Celui-ci aurait été présent dans la même voiture que Mohamed et Abdelkader Merah au moment du vol du scooter le 6 mars.

En garde à vue, Abdelkader Merah a évoqué la présence de ce « troisième homme » ce jour-là. Mais il a refusé de donner le nom de cet « ami d’enfance ».
Aussitôt après les interpellations de mardi et mercredi encore, des sources proches des investigations ont mis en garde contre la conclusion hâtive que l’homme interpellé à Albi pourrait être le « troisième homme ». Véritable prudence des enquêteurs ou souci de préserver l’enquête ?
En tout cas, les policiers ont beaucoup interrogé l’ami gitan de Merah mardi sur le scooter, a dit son avocat. Son ancienne compagne, elle, ne semble avoir été interpellée que pour parler sur lui, a dit Me Alfort.
Le gardé à vue était l’ami de Mohamed et d’Abdelkader Merah du temps des Izards où les gitans étaient nombreux, a dit Me Alfort. Son client s’est converti à l’islam il y a trois ans, a-t-il dit. « Il dit: moi, je me suis converti à l’islam, (mais) c’est pas parce qu’il est converti qu’il allait à la mosquée et qu’il connaissait Mohamed Merah et Abdelkader Merah que ça fait de lui le troisième homme », a dit Me Alfort.
Son client « reprouve » les actes de Mohamed Merah, a-t-il assuré.
Interpellé à Albi, il continue surtout à vivre à Toulouse, de très modestes revenus sociaux, a-t-il dit.
Me Alfort, qui décrivait mardi soir le gardé à vue comme un « paumé » souffrant d’importants troubles psychiatriques, l’a trouvé mercredi « stabilisé ».
Le gardé à vue a huit condamnations sur son casier, pour des faits de conduite en état d’ivresse puis de conduite sans permis évoquées la veille par son avocat, mais aussi, dit-on de source judiciaire, des faits de vol, violences, outrage et rébellion, corruption de mineur, violence avec armes, datant parfois du milieu des années 1990.
LIBERATION Article original
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