L’armée israélienne a rappelé des dizaines de milliers de réservistes et a massé des centaines de chars à la frontière de Gaza.

L’armée israélienne est prête à passer à la deuxième phase de l’opération contre le Hamas à Gaza, l’offensive terrestre. Des centaines de chars et de blindés ont été apportés par camions aux abords de Gaza. Des dizaines de milliers de réservistes ont relevé les unités d’actives à leurs postes, pendant que celles-ci s’équipent et se préparent à pénétrer sur le territoire palestinien.

Une Palestinienne, blessée lors d’un raid de l’aviation israélienne, est secourue lundi à Gaza. Crédits photo : MARCO LONGARI/AFP

L’ordre n’a pas encore été donné. Le cabinet de sécurité israélien a décidé lundi après-midi d’accorder encore un peu de temps aux négociations qui se déroulent depuis samedi au Caire. Les officiels israéliens estiment à 50 % la probabilité d’une offensive terrestre, façon détournée d’admettre que personne ne sait quelle décision va être prise.

Malgré les efforts déployés par l’Égypte, la situation n’est pas très encourageante. Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas se heurtent toujours aux demandes contradictoires des deux belligérants, chacun restant persuadé d’être en état de légitime défense.

Israël exige la fin des tirs de roquettes et une garantie égyptienne d’une trêve de longue durée. Le Hamas revendique la levée du blocus israélien et la fin des assassinats ciblés comme celui qui a tué son chef militaire, Ahmed al-Jaabari. Et les deux ennemis exigent que l’adversaire cesse le premier de tirer.

Plus de 1300 sites «terroristes» touchés

«Le Hamas a atteint son objectif, qui était de venger son chef, et de montrer sa capacité à riposter à Israël. Il a renforcé son contrôle sur Gaza et n’a pas cédé à la panique», explique Hassan Younès, analyste palestinien à Gaza. Mais les guerres possèdent une dynamique propre qui les rend plus faciles à déclarer qu’à arrêter, et le conflit entre Israël et le Hamas n’échappe pas à la règle.

Pour Israël, dont les deux principales agglomérations, Jérusalem et Tel-Aviv, ont été pour la première fois touchée par des roquettes, suspendre l’opération en cours sans avoir détruit le gros des capacités de tir adverses reviendrait à un échec.

Comme pendant les premiers jours de la guerre contre le Hezbollah au Liban en 2006 ou de la précédente opération israélienne contre le Hamas à Gaza en 2009, l’aviation et la marine israélienne ont été jusqu’à présent les seules forces engagées. Les listes de cibles soigneusement dressées parfois pendant des années d’un patient travail de renseignement, ont été bombardées, souvent plusieurs fois. L’armée israélienne a annoncé avoir touché plus de 1300 sites «terroristes» depuis le début de l’opération. Pourtant les tirs de roquettes se poursuivent. Les Palestiniens ont pour une fois tiré des leçons des conflits précédents. Malgré l’interdiction israélienne d’importer ciment et matériaux de construction, tout indique que le Hamas a réussi à constituer un important réseau d’abris souterrains, avec dépôts de munitions et postes de tir. Les bombardements de terrains vagues un peu partout à Gaza par Israël n’étaient pas des erreurs de tirs, bien au contraire. On distingue d’ailleurs parfois au fond des cratères des morceaux de béton qui dépassent.

Pertes civiles accrues

Communiquant par fil plutôt que par téléphone cellulaire ou radio, le mouvement palestinien a relativement bien résisté aux premières attaques surprises israéliennes, et son commandement décentralisé s’est montré capable de réagir malgré la mort de son chef militaire Ahmed al-Jaabari.

Malgré l’écrasante supériorité militaire israélienne, la possibilité d’infliger des dommages supplémentaires significatifs se réduit une fois passé l’effet de surprise, alors qu’augmente parallèlement la probabilité d’une grosse erreur de tir faisant de nombreuses victimes civiles.

Les opérations israéliennes de 1996 et de 2006 au Liban, et de 2009 à Gaza avaient toutes fini par soulever une vague de réprobation internationale après des bavures meurtrières. Les pertes civiles, d’abord limitées, se sont soudainement accrues lundi à Gaza pour atteindre 100 personnes.

L’option d’une incursion terrestre en force dans Gaza pour démanteler les rampes de lancement du Hamas reste cependant un pari risqué. Les troupes au sol, une fois engagées dans l’étroit territoire fortement urbanisé et surpeuplé de Gaza ne peuvent pas exclure de rencontrer une résistance un peu plus sérieuse que celle opposée en 2009.

Pour la première fois, les organisations palestiniennes se sont dotées de missiles antichars Kornet, dont un exemplaire a visé voici quelques semaines un véhicule israélien. Et la même ingéniosité déployée par le Hamas dans sa préparation balistique, pourrait aussi avoir servi à préparer la défense au sol.

Par Adrien Jaulmes – le Figaro.fr Article original

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barmoha andr

Quelques réponses sur cette article, un peu trop convenu à mon avis et incomplet.

 » les deux belligérants, chacun restant persuadé d’être en état de légitime défense « .

Ce n’est pas nouveau, c’est à chaque fois la même litanie, le hamas est « une éternel victime, ce n’est que des gentils scouts, qui ne sont pas responsable de leur propre embargo ».
A moins d’être le dernier des naïfs, ou un écolo-gauchiste, ou un hypocrite, ce n’est pas possible d’y croire un instant.

 » Le Hamas a atteint son objectif, qui était de venger son chef, et de montrer sa capacité à riposter à Israël. Il a renforcé son contrôle sur Gaza et n’a pas cédé à la panique  »
« le mouvement palestinien a relativement bien résisté aux premières attaques surprises israéliennes, et son commandement décentralisé s’est montré capable de réagir malgré la mort de son chef militaire »

Un chef, là ou ils sont tous terroristes de père en fils depuis des décennies, il y a une génération spontanée de chef.
« Pas de panique » Ah bon, ce n’est pas plutôt parce que le hamas, sait qu’en face son ennemi n’utilisera pas sa capacité militaire totale, mais restera en « position politique de retenue », sinon Israël pourrai raser gaza en moins de 5 mn sans perdre un soldat, même sur une attaque conventionnelle. Croyez vous qu’il sortirai dehors faire leur manifestation si c’était le cas. Juste un missile dans une manif ou un meeting et cela serai le carnage. Le sachant leurs responsables craignent surtout les éliminations ciblés et perdre leurs villas luxueuses.
Si les rôles étaient inversés, le hamas n’hésiterai pas un instant, rien que les conflits inter-arabes au Liban et en Syrie le démontre suffisamment même pour des débutants en stratégie militaire.

Vous appelez cela des capacités à riposter, il tire au hasard, leur missiles n’offrent aucune précision, juste un angle et une direction, des décennies de retard en technologie, alors que les dernières technologies israéliennes permettent de détruire votre voiture et pas celle juste à coté si nécessaire, une précision totale, ce n’est que la puissance du missile qui fera la différence.

 » Les opérations israéliennes de 1996 et de 2006 au Liban, et de 2009 à Gaza avaient toutes fini par soulever une vague de réprobation internationale après des bavures meurtrières. Les pertes civiles, d’abord limitées, se sont soudainement accrues lundi à Gaza pour atteindre 100 personnes »

Et alors, cela date depuis 1948, pour rester court, en coulisse de l’occident aux pays arabes , ils sont nombreux ceux qui aimeraient se débarrasser du hamas et même « des arabo-palestiniens ».

Nous gênons depuis Avraham, alors…, et encore plus avec tous les apport des Juifs à l’humanité dans tous les domaines, nous avons même tellement de Nobel, qu’ont nous le reproche, vous pensez plus de 25 % « ce n’est que trop suspect pour certain ».

 » L’option d’une incursion terrestre en force dans Gaza pour démanteler les rampes de lancement du Hamas reste cependant un pari risqué. Les troupes au sol, une fois engagées dans l’étroit territoire fortement urbanisé et surpeuplé de Gaza ne peuvent pas exclure de rencontrer une résistance un peu plus sérieuse que celle opposée en 2009  »
« Pour la première fois, les organisations palestiniennes se sont dotées de missiles antichars Kornet, dont un exemplaire a visé voici quelques semaines un véhicule israélien »

Bien sur à chaque époque, à chaque guerre, les moyens, les technologies changent, mais vous oublier de parler que du coté israélien, il y a maintenant une nouvelle invention unique au Monde, made in Israël « le système Trophy », un système antimissile pour protéger un véhicule dans « une sorte de bulle invisible électronique autour du véhicule, détruisant tout missile en approche avant de le toucher », système qui n’existait pas non plus en 2009 et que le véhicule touché à la frontière ne possédait visiblement pas, sinon il n’aurait subit aucun dégât.

Mais à quoi bon risquer la vie de nos soldats, avec nos drones avions, chars et navires et nos avions et hélicoptères, et « Kipat barzel », ils peuvent effectuer le travail à mon avis largement suffisamment, sans intervention terrestre avant un long moment, d’ici là le hamas and Cie demanderont la trêve.

Pendant que nous y sommes, on pourrai même prédire, que par un malencontreux « concours de circonstance » lors d’un tir sur Jérusalem, une roquette du hamas à atterrit sur le dôme du rocher ou la mosquée el-aqsa ou une pour chacun, au diable l’avarice.
Nous pourrons toujours le déplorer, après les constatations des ruines.
Cela serait amusant d’entendre le hamas confus d’excuses pour expliquer l’incident.André BARMO’HA.