Dans quelques jours, Yaïr Lapid fêtera ses 49 ans et dans moins de trois mois, il pourrait célébrer son entrée à la Knesset. Sa formation fondée cette année, Il y a un futur (« Yesh Atide »), parti champignon dont la vie politique israélienne est coutumière (du Shinouï, dirigé par le père de Yaïr Lapid, à celui des retraités), paraît en effet en mesure de glaner une dizaine de sièges aux élections de janvier.
Surprise, le premier discours à vocation nationale prononcé par l’ancienne figure glamour du journalisme israélien (qui a également essaimé à la tête du Parti travailliste) a été consacré en grande partie au dossier palestinien, avec une exhortation, la nécessité de reprendre les négociations (que le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, éviterait selon lui) pour pouvoir se séparer définitivement des Palestiniens. M. Lapid a également tracé des lignes rouges : pas de « droit au retour », ni de partage de Jérusalem, ni de démantèlement des principaux blocs de colonies, nommément Ariel, Maalé Adoumim et le bloc d’Etzion.
Symboliquement, ce discours a d’ailleurs été prononcé dans l’établissement d’enseignement supérieur controversé de la ville d’Ariel, fichée au cœur de la moitié nord de la Samarie israélienne, la Cisjordanie des Palestiniens. Une manière pour ce nouveau venu sur la scène politique de montrer qu’il considère les Israéliens qui vivent à l’est de la « clôture de sécurité » comme des citoyens à part entière de l’Etat juif.

Il y a ce que dit Yaïr Lapid, qui ne constitue pas nécessairement une base de négociation jugée acceptable par la partie palestinienne, et ce qu’il ne dit pas explicitement : s’il faut annexer les principaux blocs à Israël, ne faut-il pas, par symétrie, démanteler toutes les colonies qui n’en font pas partie ?
Gilles Paris – Le Monde Article original
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