Suite de la Grande Histoire du Sionisme, à l’occasion de Yom Hazikaron et Yom Haatsmaout/65 ème anniversaire, qui débutera Lundi 15 Avril 2013, et se poursuivra Mardi 16 Avril.
Hag Saméah.
Le sionisme après la création d’Israël – 1948-2005

Avant 1948 (de moins en moins avec les années, cependant), le sionisme était une structure internationale, et les sionistes américains ou français n’avaient normalement pas moins de poids que les sionistes vivant en Palestine.
Mais après 1948, l’État d’Israël revendique un rôle dominant. Les organisations sionistes internationales perdent de leurs poids, les débats s’y concentrent surtout sur le soutien à Israël.
En pratique, les trois problématiques (Constructions institutionnelles sionistes, construction démographique de l’état juif et débats sur les buts du sionisme) deviennent presque exclusivement israéliennes.
Cette partie ne vise cependant pas à décrire l’histoire de l’État d’Israël. Elle s’intéresse seulement à l’évolution du débat et de la pratique sioniste après la création de l’État. Les faits historiques israéliens ne sont cités que dans cette optique.
La problématique de la période reste la même que dans la période 1918-1947 : construire des institutions nationales (ou plutôt les renforcer), et développer le peuplement juif. Les mises en œuvre sont par contre différentes, et les débats sur ces questions évoluent.
La consolidation de l’État 1948-1967
L’armée

Dès l’indépendance, les armées arabes du Liban, de la Transjordanie, de l’Égypte, de l’Irak et de la Syrie entrent en Israël. La disproportion des forces n’est pas aussi importante qu’il le semble. La Haganah aligne 20 000 hommes, l’Irgoun 4 000 et le groupe Stern 1 000.
Les armées arabes en alignent à cette date environ 25 000. Elles n’ont pas de commandement central, et ne peuvent pas faire passer de troupes d’un front à un autre pour se concentrer. Elles ont par contre un meilleur armement lourd.
Ben Gourion, devenu le premier ministre, organise Tsahal, en fusionnant la Haganah, l’Irgoun et le groupe Stern en une seule armée. Il fait même tirer sur les militants de l’Irgoun à l’été 1948, quand ceux-ci essaient de se procurer des armes par eux-mêmes. Il y a 18 morts : 16 membres de l’Irgoun et 2 soldats de Tsahal.
Des armes lourdes sont importées clandestinement (il y a un embargo sur les livraisons d’armes à destination des belligérants). Les sources sont nombreuses, mais la principale sera l’Union soviétique, qui veut la défaite des armées arabes, alliées de la France ou surtout du Royaume-Uni.
À l’été 1948, l’armée israélienne est bien structurée, correctement armée, et répond à l’offensive arabe. Les armées arabes sont vaincues et doivent signer un cessez-le-feu. Mais tous les états arabes restent officiellement en guerre contre Israël, et promettent une revanche.
Jusqu’en 1967, l’armée israélienne ne va donc cesser de se développer, et devient la première armée de la région. Pour compenser l’infériorité numérique, deux solutions sont adoptées :
– un système de conscription extrêmement large : chaque citoyen fait un service militaire, puis des périodes militaires de plusieurs semaines (selon les époques) chaque année. Il est donc parfaitement entraîné, et mobilisable à tout moment.
– le choix d’une grande puissance de feu par l’adoption d’armes de hautes technologies (en particulier chars et aviation).
Les frontières.

La consolidation passe aussi par celle des frontières. Achevée en mars 1949, la définition du territoire israélien est avantageuse par rapport au plan de partage : 77 % du territoire de la Palestine mandataire (21 000 km² ) contre 55 % prévus par le plan de partage. L’ONU ne condamne ni n’approuve cette modification née de la guerre. En pratique, les grandes puissances l’acceptent.
Mais l’attitude israélienne après l’indépendance est lourde de conséquences pour l’avenir : Ben Gourion et les dirigeants arabes refusent de fixer les frontières. Ben Gourion indique clairement que celles-ci peuvent être agrandies en fonction des situations, pour s’étendre jusqu’aux frontières de la Palestine mandataire, Eretz Israël, qui appartient en droit aux Juifs. La position est donc à la fois pragmatique : les frontières de 1949 sont acceptées en l’état, et potentiellement maximalistes : sur le principe, les 27 % restés hors d’Israël devraient lui revenir.
Le départ des Arabes.

Lors de la création de l’État, les Arabes de Palestine mandataire sont presque deux fois plus nombreux que les Juifs, même si la proportion est moins défavorable aux Juifs dans les 77 % de la Palestine mandataire dont s’empare Israël pendant sa guerre d’indépendance.
La question démographique est donc au cœur du problème de l’existence de l’État juif. La réponse de Ben Gourion est double : le partage et l’expulsion.
Même s’il considère que tout Eretz Israël appartient aux Juifs, Ben Gourion accepte aussi les frontières de 1949 parce qu’elles excluent d’Israël les grandes masses arabes de Cisjordanie (Judée-Samarie pour les sionistes) et de Gaza.
Mais dans les frontières de 1949, où vivent environ 800 à 900 000 Arabes, il est clair qu’un maintien de la population arabe n’est pas acceptable pour le gouvernement.
Au cours des combats ou immédiatement après, 600 à 700 000 quittent le territoire d’Israël. Ils dénoncent une expulsion, le gouvernement affirme qu’ils sont partis volontairement, mais qu’ils ne pourront pas revenir.
D’un point de vue historique, le débat est à peu près clos depuis que l’historien israélien Benny Morris a publié en 1987 « La naissance du problème des réfugiés palestiniens », révisé en 2003 (The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited) à la lumière des archives de Tsahal récemment déclassifiées. Il a travaillé village par village, et a montré qu’il y avait eu quatre types de départs :
– avant l’arrivée des troupes israéliennes. C’est la peur des combats, voire des massacres, qui pousse alors au départ. Le massacre de Deir-Yassine (village palestinien dont la population a été massacrée par les militants de l’Irgoun et du Lehi en 1948) semble avoir joué un rôle important, ce qui explique que dans ses mémoires, Menahem Begin, ancien chef de l’Irgoun, considère les conséquences du massacre comme une « victoire décisive ».
– pendant les combats. Benny Morris montre (grâce à des interviews d’anciens soldats) que dans certains cas (mais pas dans la majorité des cas), ces combats furent en fait factices et destinés à faire fuir les civils arabes : des bombardements de villages non défendus, par exemple.
– après l’arrivée des troupes israéliennes. Il y aura de nombreuses expulsions, les populations étant chargées dans des camions et conduites à la frontière.
– dans quelques cas (6 villages), les départs sont dus aux dirigeants arabes eux-mêmes.
Les départs se sont donc faits d’une façon différenciée : expulsions, fuites devant l’approche des combats, évacuations volontaires et organisées.
Au final, Benny Morris indique qu’il n’y a pas eu de politique officielle définie par le gouvernement, mais un consensus assez large des décideurs militaires et civils pour faire partir un maximum d’Arabes, et surtout pour les empêcher de revenir. L’aspect non structuré de cette politique explique le maintien de blocs arabes en Galilée ou à Haïfa (où le maire a encouragé la population arabe à rester). Le cas de la zone dite du « triangle » (nord-est de Tel-Aviv), une des principales concentrations arabes, est particulier : cette zone a été obtenue par négociation en 1949, sans combats, et des garanties contre les expulsions y avaient été données.
En 1948, il reste environ 150 000 Arabes en Israël.
La politique constante des gouvernements israéliens, de 1949 à nos jours, sera d’interdire tout retour des réfugiés et des expulsés.
Colonisation des anciennes terres arabes.
À la création d’Israël, les zones juives étaient au fond peu étendues : l’étroite bande côtière, Jérusalem ouest, la vallée de la Jezréel et la haute vallée du Jourdain (Safed et Tibériade).
L’élargissement des implantations juives sera donc une priorité stratégique d’Israël jusqu’à aujourd’hui, souvent présentée comme un « devoir sioniste ». Pour cela, le territoire laissé par le départ / l’expulsion des Arabes palestiniens offre d’importantes possibilités. Les terres des « absents » sont confisquées, et des villes nouvelles y sont créées, ainsi que des kibboutzim ou des moshavim.
Pour augmenter les terres disponibles pour les Juifs, bon nombre de terres des Arabes restés sur place sont également confisquées et redistribuées, ce qui crée d’importants conflits avec la population arabe israélienne.
Le désert du Néguev (plus de 50 % du territoire israélien) est également peuplé. Mais son extrême aridité limite les possibilités. C’est donc surtout le nord (Beer-Sheva ou Dimona), et le sud (Eilat) qui sont peuplés.
L’immigration de masse.

L’objectif du sionisme est bien sûr d’amener un maximum de Juifs en Israël.
– De 1948 à 1967, il va y avoir deux grandes vagues d’immigrations. Comme toujours dans l’histoire du sionisme, ces vagues sont liées à des graves problèmes dans les pays d’origine.
– De 1948 à 1952, près de 700 000 Juifs débarquent. La population de l’État double. Il y a 2 origines à cette immigration :
* Environ la moitié est composée de survivants du génocide juif en Europe. Ils sont presque tous ashkénazes (il existe des séfarades dans les Balkans et en Europe occidentale, cependant).
* Une autre moitié vient des pays arabes : surtout l’Irak, le Yémen, la Syrie, le Liban et l’Égypte. Ils ne viennent pas vraiment par sionisme au sens politique du terme : les organisations sionistes y existent, mais leur influence est souvent limitée. Ils viennent surtout par messianisme religieux, et parce que la situation avec les populations et les gouvernements locaux s’est très fortement dégradée suite à la guerre israélo-arabe de 1947-1949. Il y a des émeutes anti-juives, ou au moins un sentiment d’hostilité dans beaucoup de pays arabes.
On trouve enfin parmi les immigrants des groupes plus restreint comme les petites communautés de Juifs indiens ou Afghan.
L’intégration de ces énormes masses est un problème sioniste important : l’État juif doit prouver qu’il peut réussir le « rassemblement des exilés ». Et c’est de toute façon une condition de survie pour Israël que d’augmenter sa population juive.
Les arrivants ont pour certains, surtout chez les européens, une formation « moderne » et peuvent plus facilement s’intégrer dans une économie industrielle.
D’autres, surtout chez les orientaux, ont des niveaux de formation très bas, et vont souffrir longtemps d’un problème de chômage ou d’emplois sous-qualifiés. Il faut aussi enseigner l’hébreu à tous, leur trouver des logements et du travail.
Des camps de tentes (ma’abarot), qui deviendront des villes, sont constitués dans l’urgence. Des villages sont établis sur des terres agricoles vidées de leur population arabe. Mais Israël va traverser une période économiquement très difficile lors de cette première vague d’arrivants, et les conditions de vie de ceux-ci sont dures.
Une seconde vague de 500 000 personnes arrive entre 1956 et 1966. Elle est constituée d’une minorité d’occidentaux quittant l’Europe de l’Est communiste, et d’une majorité de Juifs orientaux. Ceux-ci fuient une nouvelle vague anti-juive liée à la guerre israélo-arabe de 1956. 250 000 Juifs nord-africains (environ la moitié des Juifs de cette région) arrivent aussi du Maghreb français après l’indépendance de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie. Les Juifs les plus francisés (généralement les plus éduqués) sont allés en France. Les Juifs les moins francisés (généralement plus pauvres et moins éduqués) ont fait le choix d’Israël. Parmi eux, les Marocains sont particulièrement nombreux.
Frustrations séfarades.
L’intégration des Juifs occidentaux n’a pas toujours été simple, mais s’est au final bien déroulée. L’intégration des Juifs orientaux a été beaucoup plus problématique, et ce pour deux raisons essentielles:
– un niveau de formation très bas, qui cantonne les populations immigrantes dans des emplois peu qualifiés et mal payés. Israël, même dominé par des partis socialistes, échoue largement devant le problème de la pauvreté des Séfarades, qui restent assez largement à la porte de la modernité économique.
– La perception des Séfarades par l’élite sioniste. Celle-ci est d’origine européenne. Elle n’a culturellement quasiment rien en commun avec les Juifs orientaux, si ce n’est le sentiment d’être juif. Même la religion n’est que partiellement un facteur d’intégration : les Ashkénazes sont peu pratiquants, voire pour certains agressivement laïcs. On notera un mépris certain, ou au moins un manque complet de compréhension. La crainte de la « levantinisation » (orientalisation) d’Israël est ouvertement évoquée par des dirigeants de la gauche sioniste. Les Séfarades constituaient en effet 20 % des Juifs de Palestine en 1947. Leur immigration et leur natalité élevée les rendent potentiellement majoritaires dès les années 1960.
Même si l’adhésion à Israël ne sera jamais remise en cause par les Juifs orientaux, ils gardent de la période un souvenir d’humiliation et de misère, qui se retournera finalement contre ceux qu’ils en rendront responsables : les dirigeants socialistes. À partir des années 1970, les Séfarades seront le socle électoral de la droite israélienne.
L’alignement occidental.
La période 1948-1967 est marquée par la guerre froide. Certains craignent au début (le département d’État américain, par exemple) que l’orientation de gauche de l’État d’Israël l’amène sur des positions pro-soviétiques. De fait, des tendances pro-soviétiques existent dans la gauche sioniste (Mapam, en particulier).
Mais Ben Gourion fait rapidement le choix de l’occident, ce qui dégrade les relations avec l’ex-allié soviétique. L’émigration des Juifs d’Europe de l’Est devient plus difficile.
À l’époque (surtout dans les années 1950), la France apparaît alors, davantage que les États-Unis, comme étant le grand allié d’Israël.
La période 1948-1967: synthèse.
Pendant cette période, l’État s’est créé, a développé une armée puissante, a attiré de nombreux immigrants, a vu éclore une économie industrielle moderne, a consolidé sa démocratie et a augmenté les points de peuplement juifs à travers le pays.
Il s’agit donc d’une période marquée par de nombreux succès institutionnels et démographiques. Mais des points ne sont pas réglés:
– la mauvaise intégration des Séfarades.
– le maintien de l’état de guerre avec les pays arabes, et la menace d’anéantissement qui perdure donc.
– la question des frontières, contestées (assez théoriquement) par le gouvernement israélien lui-même, et de façon beaucoup plus agressive par le Herout de Menahem Begin. Celui-ci a réorganisé derrière lui les révisionnistes de Jabotinsky, et s’est lentement renforcé, en particulier en attirant vers lui les libéraux, vieux alliés des travaillistes, mais fatigués de leur hégémonie. Il commence aussi à attirer des Séfarades déçus par la politique travailliste à leur égard.
La question du Grand Israël depuis 1967.
Cette période est marquée par une polarisation croissante sur la question du « Grand Israël », et sur un basculement vers la droite de la population israélienne.
Autant la période précédente (1948-1967) avait été marquée par les enjeux démographiques (le « sionisme des faits », celui du « rassemblement des exilés »), autant la nouvelle période va largement tourner autour de la question des frontières et de la religion, et donc des objectifs même du sionisme.
L’immigration se poursuit de façon importante, mais si elle est toujours un élément important du débat et de la pratique sioniste, elle n’est pas au centre de conflits entre sionistes, qui se durcissent.
la guerre de 1967.

En 1967, l’Égypte et la Syrie massent des troupes à la frontière, et annoncent leur volonté de rayer Israël de la carte. Les Israéliens lancent une attaque préventive et envahissent la péninsule du Sinaï égyptien et le plateau du Golan syrien. La Jordanie attaque alors Israël, mais est vaincue à son tour. En six jours, Israël bat ces trois armées arabes et double la taille du territoire qu’il contrôle en s’emparant du Sinaï et du Golan, et des 27 % de la Palestine mandataire qui avaient échappé à Israël en 1948-1949.
Après la peur, l’enthousiasme est indescriptible, à la hauteur du soulagement.
La question qui se pose alors au sionisme est : que faire des territoires conquis ?
Grand Israël sécuritaire et Grand Israël religieux.

Menahem Begin, chef du Likoud et partisan du Grand Israël.

Avraham Shapira, un important rabbin sioniste religieux, qui a déclaré contraire à la Halakha tout abandon d’une portion de la terre d’Israël.
À droite, la position est unanime : il faut tout garder, et surtout les portions « libérées » d’Eretz Israël (le Golan et le Sinaï sont symboliquement moins importants).

Mais dès l’époque, on note deux courants qui divergeront progressivement.
Le premier courant est un courant religieux. Il est issu du courant sioniste religieux qu’on a vu s’organiser au début du siècle au sein du Parti national religieux. Pour ce courant, originellement modéré, la victoire est un signe religieux : Dieu a donné la victoire à Son Peuple. Celui-ci a maintenant le devoir de judaïser tout Eretz Israël. Ce n’est pas seulement un droit, c’est un devoir. Et cela doit permettre au peuple juif d’obéir à Dieu, de gagner son salut, et d’obtenir la venue du Messie. Ce discours religieux a aussi une influence sur les ultra-orthodoxes, théoriquement non-sionistes. Sans se rallier officiellement au sionisme (trop politique et pas assez religieux selon eux), ils montrent un intérêt croissant pour le versant religieux du discours sur le Grand Israël. Le sionisme religieux de l’après-1967 devient plus puissant, plus militant, plus à droite.
Il passe en 1977 d’une alliance avec les travaillistes à une alliance avec le Likoud. Il se lance dès les années 1970 (surtout la faction « des jeunes », plus radicale) dans une activité de colonisation intensive, parfois illégale, à travers des groupes de militants, comme ceux du « bloc de la foi » (Goush Emounim).
Des courants extrémistes en marge du Parti National Religieux apparaissent, dont certains sont tentés par la violence (comme le Kach).
Le second courant rattaché au grand Israël est un courant plus historique et sécuritaire. Il s’incarne surtout dans le Likoud. Pour lui, Eretz Israël appartient aux Juifs (ce en quoi il ne diffère guère de la gauche), et conserver toute la Terre d’Israël est dans l’intérêt du peuple d’Israël. L’affrontement avec les Arabes impose d’avoir le plus de territoires possible.
Pour le premier courant, Eretz Israël est un droit ET une obligation imposée par Dieu.
Pour le second courant, Eretz Israël est un droit ET un avantage.
Ces deux courants sortent très renforcés de la guerre de 1967. L’idée de rendre la terre d’Israël aux Arabes passe mal dans la population.
En 1977, le Likoud de Menahem Begin arrive au pouvoir, en alliance avec les nationalistes religieux. Le Likoud a été formé en 1973 par l’unification du Hérout (issu du mouvement révisionniste et de l’Irgoun) et des libéraux. La base idéologique de cette fusion est en fait celle du Hérout. Le projet d’annexion de la Jordanie, défendu depuis les années 1920, est abandonné, mais l’annexion de la Cisjordanie et de la bande de Gaza est exigée comme un devoir sioniste.
Sionisme chrétien.
Il existe des groupes chrétiens favorables au sionisme. Mais il existe aussi un courant fondamentaliste protestant spécifique qu’on appelle le « sionisme chrétien ». Ce courant de pensée, puissant aux États-Unis, va au-delà d’une sympathie pour le sionisme. Sa vision est messianique : la judaïsation de la terre sainte est un commandement biblique qui doit permettre le retour de Jésus et la conversion de l’humanité.
Ce courant a aussi bénéficié de la victoire israélienne en 1967, et a mis son influence croissante en faveur de la colonisation juive des territoires palestiniens.
Bien que l’objectif des « sionistes chrétiens » ne soit pas le même que celui des Juifs sionistes (puisqu’il implique à terme la conversion de ces derniers), ce courant de pensée représente un soutien fervent aux sionistes les plus radicaux en matière de « Grand Israël » (Israël dans ses frontières bibliques, incluant les territoires palestiniens). Il explique en partie l’attitude très passive des gouvernements américains (au moins républicains, dont il influence certains élus) face à la colonisation israélienne et à la thématique du Grand Israël.
Refus du Grand Israël par la gauche.
À gauche, la victoire de 1967 pose problème. Depuis le programme de Biltmore en 1942, la gauche avait pour projet un État juif sur l’ensemble de la Palestine.
Le projet avait été mis en sommeil après le plan de partage de 1947, mais le refus de reconnaître les frontières de 1949 comme définitives le maintenait officiellement.
Après 1967, la gauche s’interroge sur ce qu’elle doit faire. Une minorité reste fidèle au Grand Israël. La grande majorité adopte une position qui ne variera plus beaucoup dans ses principes, mais qui donnera lieu à d’innombrables interprétations. Ces principes sont:
– Israël doit rester un État juif et il n’est pas question de donner la nationalité israélienne à des Palestiniens nombreux et en explosion démographique (les Arabes sont officiellement devenus plus nombreux que les Juifs sur le territoire de l’ancienne Palestine mandataire en 2005).
– Israël doit rester un État démocratique, et on ne peut pas mettre en place un système d’apartheid refusant la nationalité à une partie de la population sur des bases ethniques.
– Eretz Israël est en droit la propriété du peuple juif. Il a le droit de tout prendre, mais la volonté de maintenir un État juif ET démocratique ne le permet pas : Israël doit annexer toutes les terres possibles (celles peu ou pas peuplées d’Arabes), et rendre le reste en cas d’accord de paix.
Peu après la guerre, le projet présenté par Ygal Allon prévoit ainsi l’annexion de 30 % de la Cisjordanie. La droite condamne cette position.
La politique des implantations.

La gauche au gouvernement a créé des implantations juives dans les territoires conquis dès 1968. Elle cible des zones avec de faibles populations palestiniennes, qui sont destinées à être annexées selon le plan Allon. Ces implantations restent cependant peu nombreuses.
On voit aussi apparaître, dès la première moitié des années 1970, des implantations illégales, souvent organisées par le courant nationaliste religieux (mais pas forcément par le PNR lui-même). Cette politique d’implantations illégales reste très répandue jusqu’en 2005 chez les militants du Grand Israël, face à des autorités souvent passives.
Après 1977 et son arrivée au pouvoir, la droite se lance dans un programme beaucoup plus ambitieux : 50 000 israéliens en 1987, avant la première Intifada, 100 000 israéliens en 1993, avant les accords d’Oslo, 200 000 israéliens en 2000 avant la seconde Intifada, 245 000 fin 2005.
Les zones fortement peuplées de Palestiniens sont également visées, pas seulement les zones vides. Les terres palestiniennes sont en partie confisquées, pour construire des implantations, des routes, des postes militaires, ou simplement pour éviter les constructions arabes.
Deux grands types d’implantations apparaissent :
les grands blocs d’implantations: fortement peuplés, généralement assez près des frontières de 1949 (rebaptisées « frontières de 1967 » ou « ligne verte »). Elles sont peuplées de banlieusards de Tel-Aviv ou de Jérusalem, généralement plutôt à droite.
Les petites implantations idéologiques, dans la profondeur des territoires palestiniens. Elles sont généralement peuplées d’israéliens très idéologiques, souvent du courant nationaliste religieux, de plus en plus radicaux.
À ces colonies, il faut ajouter les quartiers juifs de Jérusalem-Est. Après 1967, Israël a réunifié Jérusalem, contre le gré des habitants de la partie arabe. Des quartiers juifs se sont construits dans les zones non-peuplées. Ils comptent en 2005 environ 200.000 habitants juifs.
Il est à noter que du point de vue de l’ONU, les territoires de Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est et du Golan sont des « territoires occupés », et donc soumis à la convention de Genève, qui interdit toute implantation de populations conquérantes.
De plus, à la fin du conflit, ils doivent être évacués, puisque l’article 35 de la charte des Nations unies interdit toute conquête par la force. Mais il oblige à des négociations lesquelles sont inopérantes depuis 45 ans du fait du refus Palestinien.
Pour les mouvements sionistes, gauche et droite confondues (surtout pour la droite), il s’agit de territoires sur lesquels les Juifs ont un droit historique (voire religieux). La convention de Genève et la charte des Nations unies ne s’appliquent donc pas. Des annexions sont possibles, ainsi que la colonisation.
On note aussi une petite colonisation dans le Sinaï égyptien (Yamit). Mais le Sinaï est restitué par le gouvernement Begin entre 1979 et 1982 après les accords de Washington (mars 1979). La restitution du Sinaï, qui n’est généralement pas considéré comme faisant partie de Eretz Israël (il y a des avis contraires), a soulevé des réprobations modérées.
On note enfin une annexion du plateau du Golan, pris aux Syriens en 1967. La justification de cette annexion est essentiellement sécuritaire, sans forte valeur historique ou religieuse. Le Golan n’est généralement pas considéré non plus comme faisant partie de Eretz Israël pour certains.
Immigrations russe, éthiopienne et occidentales.
Comme pendant les périodes précédentes, des vagues d’immigrants viennent en Israël. Comme précédemment, ces vagues sont majoritairement liées aux problèmes en Diaspora.
Une aliyah a lieu en 1967-1968. Elle est relativement peu importante. Elle concerne les derniers Juifs des pays arabes et polonais chassés par l’ambiance « antisioniste » qui suit la guerre de 1967. Elle concerne aussi quelques milliers d’occidentaux (Américains, Britanniques et Français, surtout) qui ont tremblé pour Israël pendant la guerre.
Une aliyah amène 400 000 Juifs dans les années 1970. Ils viennent surtout de Russie, suite à des négociations entre les États-Unis et l’URSS. Cette aliyah s’accompagne d’une immigration plus restreinte, mais idéologiquement très active : celle des nationalistes religieux d’extrême-droite, souvent américains, qui s’installent fréquemment dans les implantations « idéologiques ».
En 1982-1985, c’est la première immigration des Juifs d’Éthiopie (Falashas).
Dans les années 1990, une dernière vague amène un million de Juifs (ou de « demi-juifs ») de l’ancienne URSS après l’effondrement de celle-ci. Elle s’accompagne d’une immigration de Juifs d’Éthiopie, et toujours d’une petite immigration en provenance des pays occidentaux, plutôt dominée par des nationalistes religieux très motivés. C’est la plus grande vague d’immigration de l’histoire d’Israël. Pourtant, l’intégration s’est beaucoup mieux passée que lors des vagues massives de la création d’Israël : l’économie était beaucoup plus forte et la population beaucoup mieux formée (sauf l’immigration éthiopienne).
En 2005, la population juive estimée de Eretz Israël, comprend un peu moins de 5 300 000 de Juifs (estimation : CIA World Factbook).
Première Intifada.
En décembre 1987, la première Intifada ou révolte des pierres commence. Trois évolutions la provoquent :
– Le développement du nationalisme palestinien, en plein renouveau depuis une vingtaine d’années.
– Le niveau d’éducation des jeunes Palestiniens, en forte hausse, et qui facilite une forte politisation.
– Le sentiment de devenir un étranger sur sa propre terre, sentiment accéléré par la colonisation rapide de la Cisjordanie (Judée-Samarie pour les israéliens).
Les armes sont exclues par la direction palestinienne, et en 1988, pour la première fois, l’OLP reconnaît le droit à l’existence d’Israël. La violence politique palestinienne réapparaît cependant au début des années 1990, du fait d’organisations islamistes qui rejettent l’évolution « réaliste » du nationalisme palestinien majoritaire.
Le soulèvement s’épuise vers 1992 du fait de la réaction israélienne qui fait environ 1 000 morts, des dizaines de milliers d’emprisonnements, mais il a produit plusieurs conséquences :
– développement du nationalisme palestinien ;
– évolution réaliste de ce nationalisme en faveur du partage de l’ancienne Palestine mandataire, sur la base des frontières de 1949 (ou de 1967, selon leur nouveau nom) ;
– apparition en réaction de groupes radicaux (Hamas et Jihad islamique palestinien) ;
– prise de conscience d’une partie des Israéliens que la démographie arabe et un nationalisme grandissant rendent difficile le Grand Israël et même le maintien du statu quo.
Les accords d’Oslo

En 1992, la gauche revient au pouvoir sous la direction de Yitzhak Rabin. À l’été 1993, le gouvernement reconnaît l’OLP. Début 1994, les accords d’Oslo sont signés. Ils prévoient:
– La reconnaissance d’Israël par les Palestiniens.
– La reconnaissance de l’OLP (mais pas d’un État palestinien) par les Israéliens.
– L’ouverture de négociations sur les frontières finales en 1996.
– La mise en œuvre d’un statut final (non défini) en 1999.
En l’attente, les deux parties s’engagent à ne pas prendre de décisions unilatérales. Pour les Israéliens, il s’agit d’éviter la proclamation d’un État palestinien indépendant. Pour les Palestiniens, il s’agit d’arrêter la colonisation, acte unilatéral par excellence.
En l’attente, les Israéliens s’engagent aussi à mettre en place un régime d’autonomie dans les territoires occupés.
Les Palestiniens ont accepté des négociations sur les frontières. Implicitement, ils renoncent plus ou moins aux frontières de 1949-1967.
Cela, et la reconnaissance même d’Israël, est inacceptable pour les islamistes.
Les Israéliens renoncent en échange au Grand Israël. Du point de vue de la gauche, cette concession est peu importante : elle y a renoncé officieusement depuis 1947. Du point de vue de la droite, c’est inacceptable.
Fin 1995, Yitzhak Rabin est assassiné par un sioniste religieux radical (condamné par le PNR).
Les islamistes commettent une vague d’attentats-suicides en mars 1996 (une soixantaine de morts). Affaiblie par ces deux coups, la gauche perd les élections, et la droite (Benjamin Netanyahou) revient au pouvoir au nom du Grand Israël. Pourtant, le nouveau pouvoir n’annule pas les accords d’Oslo. Il les interprète de façon étroite, mais il accepte quand même d’évacuer une partie de Hébron. On peut y lire le début de l’acceptation du fait national palestinien.
La seconde Intifada.
La gauche revient au pouvoir en 1999. Elle met cependant un an pour démarrer les négociations avec les Palestiniens (été 2000). Celles-ci commencent dans un manque de confiance assez large.
Du côté israélien, on constate le lent développement des attentats aveugles islamistes. L’autorité palestinienne autonome créée par les accords d’Oslo ne réprime pas assez durement ces violences (il y a des arrestations, mais souvent suivies de libérations).
Du côté palestinien, on constate que la promesse d’autonomie est assez peu suivie d’effet : 7 % de la Cisjordanie seulement est en pleine autonomie, et 60 % de la Bande de Gaza. Il faut y rajouter 35 % de la Cisjordanie sous occupation militaire israélienne mais avec une administration civile palestinienne. La colonisation a été massive : les accords d’Oslo sont la plus forte période de de développement des implantations depuis la guerre des 1967 (100 000 israéliens supplémentaires). Et les négociations finales qui devaient s’engager en 1996 ont quatre ans de retard.
De fait, la négociation échoue. Les Israéliens (Ehoud Barak) ont réclamé l’annexion de 10-12 % de la Cisjordanie et de la Jérusalem-Est arabe. Les Palestiniens ont refusé. (Voir Sommet de Camp David II et Sommet de Taba).
En septembre 2000, des manifestations palestiniennes commencent à Jérusalem, puis s’étendent. Des dizaines de Palestiniens sont tués par l’armée. Les groupes palestiniens qui refusaient la violence depuis 1987 (en gros, l’OLP) décident de revenir à la lutte armée, et rejoignent les radicaux islamistes. Le gouvernement de gauche tombe fin janvier 2001 et la droite revient au pouvoir (Ariel Sharon).
De 2000 à 2005, 1 000 Israéliens et 4 000 Palestiniens meurent.
La seconde Intifada est le produit d’un constat palestinien : de gauche ou de droite, les Israéliens considèrent que tout Eretz Israël appartient aux Juifs. La volonté d’accord avec les Palestiniens n’empêche pas une volonté d’annexion maximale : les territoires pas ou peu peuplés de Palestiniens pour la gauche, la totalité pour la droite. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas acceptable pour les Palestiniens, mêmes modérés. Ces derniers veulent bien accepter les frontières de 1949-1967, mais pas de nouvelles annexions (ou alors marginales).
Le débat entre sionistes, ouvert en 1922 par le détachement de la Transjordanie, n’a pas beaucoup évolué : si Eretz Israël est de droit une propriété juive (il y a accord sur ce point) que faut-il prendre, et que faut-il céder?
Renversement démographique.
Au-delà des questions de frontières, la progression de la population palestinienne se poursuit. Les Palestiniens ont une des croissances démographiques les plus fortes du monde.
En 2005, il y a environ 5 235 000 de Juifs sur le territoire de l’ancienne Palestine mandataire, et à peu près autant d’Arabes. Ils seraient même devenus légèrement majoritaires en 2005. Et il faut y rajouter les nombreux Palestiniens de la diaspora.
La problématique de la gauche sioniste sur le danger démographique arabe, posée dès 1967 (et même dès 1947) s’impose à tous : comment rester un État à la fois juif et démocratique avec une majorité d’Arabes ?
Renversement politique.

le « mur de sécurité » – tracé approuvé en février 2005, mais susceptible d’évoluer
À cela se rajoute une nouvelle question pour une partie de la droite sioniste : si la revendication du Grand Israël est pour une bonne part sécuritaire, la première et la seconde Intifada viennent montrer qu’avoir une forte proportion d’Arabes dans la population israélienne pose en fait un grave problème de sécurité.
Amorcé dans les années 1990 au sein de la droite (assez discrètement) par Ariel Sharon, pourtant grand champion de la colonisation et du Grand Israël, le débat devient plus aigu avec la seconde Intifada.

Dès 2002, la construction d’une « barrière de sécurité contre le terrorisme » par le gouvernement Sharon montre une évolution : le « mur de sécurité » n’englobe (dans le tracé de 2005) que 7,5 % de la Cisjordanie. Il sépare ainsi les grands blocs de colonies juives des zones peuplées de Palestiniens. Dans les faits, il s’agit d’une renonciation au Grand Israël.
Critiqué par les Palestiniens, qui voient là une annexion partielle, il l’est aussi par les israéliens des implantations (surtout ceux des implantations « idéologiques », souvent extérieures au « mur »), qui y voient la renonciation à l’annexion complète de la Cisjordanie.
Une des réponses de la droite « dure » à la pression démographique palestinienne sera de proposer un « transfert » des Arabes vers les pays arabes voisins. Portée par des forces politiques marginales (comme Moledet), cette thématique rencontre régulièrement 50 % d’approbation dans les sondages (voir Plan de paix Elon). Mais elle apparaît comme inacceptable à la fois pour une partie de la population israélienne et pour la communauté internationale, allié américain en tête. Cette solution ne sera donc jamais étudiée par un gouvernement israélien.
En 2003, Ariel Sharon annonce un retrait unilatéral de la Bande de Gaza, réalisé à l’été 2005. Là aussi, l’opposition des israéliens des implantations (surtout ceux du courant sioniste religieux) est massive (mais sans vraie violence).
La justification officielle du mur et du retrait est en fait celle de la gauche : la majorité arabe représente un danger démographique et sécuritaire trop important. Il faut séparer les Juifs des Arabes. Mais comme Eretz Israël appartient de droit aux Juifs, ce qui peut (ou doit, selon les points de vue) être pris doit l’être (les zones encloses par le « mur », voire un peu plus).
Le premier ministre israélien par intérim Ehoud Olmert déclare ainsi le mardi 24 janvier 2006 (journal Haaretz): « The choice between allowing Jews to live in all parts of the Land of Israel and living in a state with a Jewish majority mandates giving up parts of the Land of Israel – le choix entre permettre aux Juifs de vivre dans toutes les parties de la Terre d’Israël, et de vivre dans un État avec une majorité juive, nous amène à rendre des portions de la Terre d’Israël »).
Ce n’est pas une révolution dans l’analyse : la gauche sioniste le dit depuis longtemps. Mais c’est une révolution à droite, une droite née en 1925 du refus d’un premier partage, celui d’avec la Transjordanie. Cela fait éclater au grand jour la contradiction entre les partisans d’un Grand Israël sécuritaire, pour lesquels le Grand Israël est dans l’intérêt du peuple juif (on peut donc y renoncer si c’est dans l’intérêt du sionisme) et les sionistes religieux, devenus très actifs, pour lesquels c’est un ordre divin.
Même ceux qui s’opposent à Sharon au sein du Likoud (sauf le courant nationaliste religieux du Likoud, car il y en a un, extérieur au PNR) admettent la renonciation au Grand Israël. Ainsi Benjamin Netanyahou, le leader des « durs » du Likoud propose en 2005 un État palestinien sur 40 % de la Cisjordanie.
C’est la fin du Grand Israël. Le consensus est maintenant très large chez les Israéliens.
Fin 2005, le Likoud éclate. Les « centristes », partisans d’une séparation d’avec les Palestiniens, en partent et fondent le parti Kadima (derrière le Premier ministre, Ariel Sharon). Après un grave accident vasculaire cérébral de Ariel Sharon (janvier 2006), Ehoud Olmert, son principal lieutenant, prend sa succession à la tête du parti et en tant que Premier ministre intérimaire à la veille des élections législatives israéliennes de 2006.
Mais la question des frontières n’est pas réglée. Les Palestiniens modérés continuent de revendiquer les frontières de 1949-1967, avec juste des aménagements. Les Israéliens, même modérés, refusent d’évacuer les grands blocs de colonies.
L’histoire du sionisme : synthèse
Le sionisme a un caractère particulier dans l’histoire politique du xxe siècle. En tant qu’idéologie nationaliste, il a des caractères communs nombreux avec d’autres nationalismes, en particulier européens, son continent d’origine.
Mais il est aussi le seul nationalisme connu où une population sans territoire, sans culture unifiée, sans langue parlée commune et sans État s’est dotée de ces 4 attributs classiques de l’État-nation moderne.
C’est le produit d’un sentiment d’appartenance commun, mais aussi d’un volontarisme politique et d’une discipline collective étonnants voire quasi miraculeux.
Le sionisme est resté une idéologie très minoritaire jusque vers 1920. De 1920 à 1948, c’est devenu une idéologie incontournable au sein des minorités juives, en même temps qu’un proto-État s’affirmait sur le terrain et donnait de la crédibilité au projet.
Enfin, c’est devenu une idéologie majoritaire dans ces communautés après le génocide juif et la création de l’État.
Le sionisme a cependant eu un échec partiel : malgré son volontarisme et son hégémonisme, il n’est jamais parvenu à vraiment attirer les Juifs des pays occidentaux. Il est resté lié à 60 % à une émigration de fuite. Il a su mobiliser une partie de celle-ci, mais assez peu une émigration de choix pur.
Le sionisme a également rencontré avec le débat des « territoralistes » à l’orée du xxe siècle, un problème de définition qu’il n’a pas totalement résolu : le sionisme vise-t-il à créer un État pour les Juifs, ou vise-t-il à « libérer » toute la terre promise ? Aujourd’hui, la pression démographique et sécuritaire des populations palestiniennes est devenue telle qu’un consensus assez large s’est mis en place (sans toujours le dire) sur la première définition.
Mais la question des frontières n’est toujours pas réglée, et à gauche comme à droite (plus encore à droite), on souhaite que la « séparation » d’avec les Palestiniens laisse à Israël des frontières les plus larges possibles.
Mais l’histoire du sionisme comme un rêve abouti au-delà des espérances, fait de cette idéologie hors du commun, une aventure humaine où l’utopie est devenue réalité. C’est le signe que le peuple juif reste à tous point de vue hors norme.
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Peux de lecteurs savent les donnÉes suivantes : La ligue arabe s’est rÉunie en Syrie , a Blouden , le 9.7.46 / et au Liban , a Tsoufar , le 16.9.47 , village balneare , pour dÉcider de renvoyer tous les juifs des pays arabes , qui habitaient dans leurs pays reciproques , bien avant la conquÉte arabe .C’Était au temps des dictateurs . les juifs ont ÉtÉ contraints de quitter leurs pays . Et cela , rien qu’habits sur peau . La ligue Arabe a dÉrobÉe ,tous les biens appartenant aux israÉlites .Sans parler de la situation invivable , qu’Était , celle des juifs Arabes , a l’ aube de l’indÉpendance de ces pays . En Europe , on parle toujours de rÉfugiers Palestiniers ! QU’EST-IL arriver des RÉfugiers JUIFS des pays arabes ? Cette ligue Arabe , a fait du mal aux juifs et aux arabes leurs frÉres , en inventant le nom Palestine , pour les arabes , qui sont vennus travailler chez les juifs retournants , chez eux , en terre d’IsraÉl , pace que Antisemitisme , partout , en Europe et en pays arabes . Etant jeune, au Maroc , en 1946-7 , je me rappelle des lancements de pierres , et bien d’autres incidents , a l’École primaire , a prÉsent , en 2012 ,on lance des marteaux , des barres de fer , des couteaux . On ravie , on tue en F r a n c e . Tout cela , parce que Juif ! Lorsqu’on a des problÉmes en Europe , on les resoues … Les Juifs n’ont rien a voir , dans cette salade . Si l’Europe se fait envahir , c’est un grave problÉme ,qui parvient qu’aux europÉens de donner l’alarme . Une frontiÉre , ca se ferme !
Qui a tord ? ceux qui ceux sont battus bec et ongles pour rester juifs au point ou ils se sont lies a nos ennemis pour ne pas que le peuple d’Israël tombe ds un oubli totale de la torah …ou ceux qui ouvre des macdo a cot de tsomet golani au nom de la liberté d’être goy… mais qui aussi meurt pour défendre les frontières physiques d’Israël?
Le problème est ds le concept de la vie même…
http://www.youtube.com/watch?v=QYQR1uUG-f8