Suite de la Grande Histoire du Sionisme, à l’occasion de Yom Hazikaron et Yom Haatsmaout/65 ème anniversaire, qui débutera Lundi 15 Avril 2013, et se poursuivra Mardi 16 Avril.
Hag Saméah.
L’immigration
De 1903 à 1906, la Russie tsariste connaît une vague de pogroms particulièrement violents et traumatisants, ainsi que d’importants troubles politiques dus à la guerre russo-japonaise (perdue par la Russie) et à la révolution manquée de 1905.
Tout comme les pogroms de 1881 avaient fait naître les « Amants de Sion » et provoqué une première alya, les pogroms de 1903-1906 accélèrent la naissance des partis politiques sionistes, et provoquent une grande vague d’émigration. Ce sont près d’un million de Juifs qui quittent l’empire tsariste entre 1903 et 1914. 30.000 à 40.000 iront vers la terre sainte : c’est la seconde aliyah.
Jeunes, très marqués à gauche, très bien organisés, ils marqueront en profondeur le Yichouv. La plupart des dirigeants sionistes de la Palestine jusqu’aux années 1950 seront issus de leurs rangs. On peut ainsi citer David Ben Gourion (émigré en 1906) et Yitzhak Ben-Zvi.
Faits marquants
En 1906, le premier lycée hébraïque est fondé à Jaffa, tout comme l’École des Beaux-Arts de Bezalel à Jérusalem.
En 1909, un petit bourg juif à proximité de Jaffa est fondé et deviendra la ville nouvelle de Tel-Aviv. Le kibboutz Degania Alef, la « mère des kibboutzim », est fondé la même année. On note aussi des incidents entre Juifs et Arabes en Galilée, qui aboutissent à la création de la première milice juive, le Hashomer (« la garde »). Dans la ville de Jérusalem, le rapport entre Séfarades et Ashkénazes s’inverse du fait de l’immigration sioniste, presque entièrement ashkénaze.
En 1914, lorsque l’empire ottoman entre en guerre, le Yichouv, la communauté juive de Palestine, compte environ 85 000 personnes sur une population totale de 725 000 habitants : soit 12 % de la population totale.
La Première Guerre mondiale affaiblit considérablement le Yichouv. Les citoyens des puissances en guerre contre l’empire ottoman, en particulier les Russes, sont arrêtés ou expulsés. Or, les immigrants juifs sont souvent d’origine russe. Lors de l’arrivée des Britanniques, la population juive n’est plus que de 56 000 âmes. Mais elle remonte très vite à 83 000 personnes fin 1918, grâce au retour rapide des expulsés.
La période 1897–1918 : synthèse
La période 1897–1918 a été décisive pour le mouvement sioniste. Une organisation mondiale (en fait surtout européenne et nord-américaine) a vu le jour. Elle a ses banques, ses diplomates et ses partis politiques.
L’opposition entre un sionisme pionnier et un sionisme diplomate est restée au final essentiellement théorique. Le sionisme pionnier a commencé à créer un état de fait sur le terrain, et le sionisme diplomate (souvent appelé « sionisme politique ») a obtenu un succès immense en obtenant du Royaume-Uni la promesse d’un « Foyer national pour les Juifs en Palestine ».
La réaction arabe est encore peu importante, mais commence à s’exprimer. Pour les Arabes de Palestine, en particulier, l’opposition à ce que la terre où ils habitent soit donnée à d’autres est très forte, et la crainte d’une dépossession grandit.
Le Foyer national juif – 1919-1947
Cette période précède la création de l’État d’Israël. En pratique, la période 1919-1947 permet la création d’un proto-État juif sur le lieu des territoires israélo-palestiniens, avec son gouvernement, son parlement, son administration, sa police, son armée, sa diplomatie, sa population, son système économique, ses partis. En 1947, la décision par l’ONU de créer l’État d’Israël validera largement un état de fait préexistant.
Le mandat de la SDN.


Avec la Déclaration Balfour, le Royaume-Uni avait promis l’établissement d’un « Foyer national juif » en Palestine. Mais il fallait maintenant pour les sionistes faire officialiser cette promesse. En février 1919, les représentants sionistes à la conférence de la paix de Paris demandent donc l’octroi d’un mandat sur la Palestine au bénéfice du Royaume-Uni, dont ils apparaissent comme les alliés privilégiés. Les puissances alliées se rangent à ce choix lors de la conférence de San Remo, en avril 1920. Le mandat britannique est officialisé par la Société des Nations (SDN) en juillet 1922.
Le mandat indique que le Royaume-Uni doit « placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l’établissement d’un foyer national juif et le développement d’institutions d’auto-gouvernement ». Elle doit également « faciliter l’immigration juive et encourager l’installation compacte des Juifs sur les terres ».
Le mandat précise de façon beaucoup plus vague que le mandataire doit veiller à la préservation des droits civils et religieux de la population arabe (on ne parle pas de « droits politiques »). Cette différence de traitement sera fortement critiquée par les leaders arabes palestiniens, que ce soit par les radicaux regroupés autour du mufti, Haj Amin al Husseini, ou par les modérés regroupés principalement autour de la famille Nashashibi.
La formation de l’Agence juive.
Le mandat de la SDN prévoit de créer un système politique « autonome » chargé des Juifs, les Britanniques se réservant le volet militaire et les décisions fondamentales sous l’autorité d’un « haut-commissaire ». Il y en aura sept entre 1920 et 1948. Le premier d’entre eux est Sir Herbert Samuel, un Juif mais aussi un sympathisant sioniste.
Le système politique dans la communauté juive sera organisé autour d’une assemblée élue, Asefat ha-nivharim, avec une forme restreinte de « pouvoir législatif », et d’une « Agence juive» chargée du pouvoir exécutif. Les premières élections à l’Asefat ha-nivharim ont lieu en 1920. L’Agence juive est formée en 1922, comme une simple branche de l’OSM. On trouve aussi un Conseil National (Va’ad Leoumi) surtout administratif, s’occupant de l’éducation, des autorités locales, des affaires sociales et de la santé.
Le pouvoir de l’Assemblée juive est assez limité, et elle restera de peu d’influence réelle jusqu’à la création d’Israël en 1948, qui signe son remplacement par la Knesset. C’est en fait l’Agence juive qui va concentrer les pouvoirs au sein du Yichouv, particulièrement dans le nouveau Yichouv sioniste. Elle deviendra progressivement un véritable appareil étatique.
L’Agence juive verra son influence grandir en 1929, au 16e congrès sioniste, quand elle prend son autonomie de l’OSM et que les Juifs religieux non-sionistes acceptent de collaborer avec elle. Il ne s’agissait pas pour ces derniers de créer un état juif, mais de trouver une terre d’accueil aux nombreux juifs qui tentaient de quitter l’Europe centrale et orientale en proie à la montée de l’antisémitisme.
Malgré cette limite, Il s’agit là d’un changement remarqué dans le très fort rejet du sionisme que portait ce courant de pensée. Il ne s’agit pas d’un ralliement idéologique, mais du début d’un mouvement d’acceptation d’un État juif.
Il est à signaler que l’Agence juive s’est rapidement dotée d’un bras armé : la Haganah. Celle-ci est formée initialement à Jérusalem en 1920, après des émeutes anti-juives. Elle est généralisée par l’Agence juive au début des années 1920 en tant que milice chargée de défendre le Yichouv contre d’éventuelles attaques arabes. La Haganah n’est pas reconnue par la puissance mandataire, et les relations entre celle-ci et la milice juive oscilleront au gré des époques, allant de l’indifférence à la répression, en passant par l’alliance (pendant la « Grande révolte arabe »).
Le refus arabe de l’implication institutionnelle et du mandat

Les Britanniques proposeront aux représentants de la communauté arabe de créer également une « Agence » pour représenter leur communauté. Mais ces dirigeants refuseront, considérant qu’il y aurait eu là une reconnaissance du mandat pro-sioniste de la SDN et de sa validité.
Ce refus a sans doute limité les possibilités d’action des nationalistes arabes en Palestine (le nationalisme palestinien spécifique est encore en formation). Mais il aura aussi pour conséquence d’inquiéter la direction britannique.
Sans contester directement la présence britannique, les dirigeants arabes de Palestine contestent vigoureusement les termes du mandat, qui prévoient le renforcement indéfini de la présence sioniste en Palestine. Cette attitude est soutenue par les nationalistes arabes du Moyen-Orient. Dès les premières émeutes de 1920, les Britanniques se rendent compte que leur politique pro-sioniste risque de porter atteinte à leurs intérêts moyen-orientaux. En 1922, un premier « livre blanc » britannique (sous la direction de Winston Churchill, alors secrétaire aux colonies) propose de limiter l’immigration juive. Il y en aura d’autres au fur et à mesure du durcissement des oppositions. Cependant, jusqu’en 1939, le Royaume-Uni continuera à autoriser une large immigration juive.
L’opposition grandissante des Arabes amène cependant les Britanniques à revoir le territoire du « Foyer National Juif ». Celui-ci devait au début comprendre les territoires de ce que l’on appelle aujourd’hui: Israël (sans le Golan), la bande de Gaza, la Cisjordanie et la Jordanie.
Mais en 1922, il est décidé de détacher le territoire qui formera l’actuelle Jordanie (à l’époque « Émirat de Transjordanie ». C’est à la fois une décision destinée à rassurer les nationalistes arabes, et un geste en faveur de la famille des Hachémites (dont un des fils, Abdallah, reçoit l’émirat). Bien que réticente, l’Organisation sioniste mondiale accepte ce détachement.
L’immigration juive
La grande majorité des sionistes (on note quelques exceptions, comme celle de Ahad HaAm) considère après 1922 et l’obtention du mandat que le sionisme a maintenant deux objectifs concrets : bâtir des institutions nationales et encourager l’immigration juive.
La population juive passe de 83 000 à la fin de 1918, à 164 000 en 1930, puis à 463 000 en 1940 et à 650 000 lors du vote de la création d’Israël en 1947. La croissance vient de l’immigration, mais aussi d’une forte natalité. Pendant cette période, la population arabe double, passant de 660 000 à 1 200 000.
Comme pour les deux premières aliyah (1881-1902 et 1903-1914), ce sont les troubles antisémites en Europe qui ont rythmé les vagues d’émigration hors d’Europe, vers l’Amérique, l’Europe occidentale, et de plus en plus la Palestine.
La troisième alya (1919-1923) est liée aux troubles et guerres civiles qui suivent en Europe orientale la Première Guerre mondiale et la révolution bolchévique. Elle concerne 35 000 personnes, surtout des jeunes gens aux convictions sionistes-socialistes. Ils seront à l’origine, en 1921, du premier vrai kibboutz (Ein Harod, une ferme collectiviste) et du premier moshav (Nahalal, une ferme coopérative).
La quatrième alya (1924-1928) amène en Palestine 80 000 immigrants assez différents. Ce sont majoritairement des Polonais membres des classes moyennes, chassés par les mesures économiques anti-juives du gouvernement de Varsovie. Même si beaucoup soutiendront la gauche, d’autres, plus conservateurs, iront vers les sionistes généraux, les révisionnistes de droite, voire les sionistes religieux.
La quatrième aliyah entraîne un développement urbain (ces immigrants sont peu intéressés par les communautés rurales des pionniers sionistes – socialistes), du commerce, de l’artisanat. En 1924, le Technion (université technique) est fondé à Haïfa puis en 1925, l’Université hébraïque de Jérusalem ouvre sur le mont Scopus. Mais cette vague d’immigration entraîne aussi un déséquilibre entre les capacités économiques du pays et l’afflux de populations nouvelles. Ce déséquilibre amène un chômage important. La crise est sévère et dure de 1926 à 1929, entraînant un phénomène de départ de certains des nouveaux immigrants.
La cinquième aliyah (1929-1939) voit l’immigration de 180 000 Juifs. Ils viennent d’Europe orientale, où se structurent des régimes nationalistes autoritaires plus ou moins antisémites. 40 000 proviennent d’Allemagne et d’Autriche, où les Nazis viennent de prendre le pouvoir. Il y a même un accord dit de Haavara (« transfert ») conclu entre l’Organisation sioniste et le Troisième Reich en 1933, et actif jusqu’en 1938. Cet accord provoque d’ailleurs des affrontements entre les « pragmatiques » comme Ben Gourion, qui veulent amener un maximum de Juifs et de capitaux (30 millions de dollars sont ainsi transférés) en Palestine, et ceux qui s’opposent à tout contact avec les Nazis.
La cinquième aliyah est particulièrement importante, non seulement parce qu’elle est la plus forte d’un point de vue démographique, mais aussi parce qu’elle amène une population relativement riche, éduquée, qui permettra une notable modernisation de la structure économique du Yichouv. Cette immigration est également socialement et économiquement plus conservatrice que la troisième alya. On peut enfin noter que sur les 180 000 immigrants, environ 15 000 sont des illégaux, amenés dans le pays à compter de 1934 sans passer par l’Agence juive et le contrôle britannique.
En effet, les quotas britanniques d’immigration, quoique larges, deviennent insuffisants pour les demandes. Cette immigration illégale, qui suscite les réserves de l’Agence juive qui ne veut pas de problème avec les Britanniques, est à la fois organisée par la gauche kibboutznik (les habitants des kibboutzim) et par les activistes de la droite révisionniste.
En 1936, l’opération « Homa Oumigdal » (murailles et tours) commence. Il s’agit d’une entreprise d’implantations surprises aboutissant, de 1936 à 1939, à créer 51 nouvelles localités, chacune en une seule nuit, dans un contexte d’affrontement avec les Arabes.
À compter de 1939, les Britanniques réduisent fortement le nombre des visas accordés aux Juifs voulant se rendre en Palestine, alors même que la pression sur les Juifs d’Europe devient intenable avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et surtout avec le début du génocide des Juifs en 1941-1942.
L’immigration de 1939 à 1947 est dès lors largement illégale. Elle concerne environ 80.000 personnes fuyant l’Europe. La majorité viennent dans l’immédiat après-guerre et sont des rescapés du génocide, essayant d’éviter le blocus britannique. Ceux qui échouent sont placés dans des camps de rétention, en Allemagne ou à Chypre, provoquant un sentiment de solidarité dans le monde occidental.
L’Agence juive utilisera d’ailleurs ce sentiment en organisant une double immigration : d’un côté une immigration totalement clandestine, et de l’autre des tentatives ouvertes de forcer le blocus britannique. Ces dernières tentatives, débouchant généralement sur un arraisonnement britannique, visaient à poser publiquement la question de l’immigration juive. La plus connue de ces tentatives d’immigration illégale mais pas vraiment clandestine est celle du cargo Exodus, un bateau transportant 4 500 immigrants illégaux, qui fut illégalement arraisonné par la marine britannique dans les eaux internationales.

C’est en partie cette crise des réfugiés de 1946-1947 qui explique la création de l’État juif par l’ONU en 1947.
Au final, l’immigration a été forte entre 1918 et 1947. Elle a surtout concerné des Juifs européens. De ce fait, les Séfarades ne représentent en 1947 que 20 % des Juifs du Yichouv.
La scission des sionistes révisionnistes (1925-1935).

La droite sioniste, d’ailleurs assez centriste, était dominée depuis la fondation de l’OSM par les sionistes généraux.
Dans les années 1920, on constate la radicalisation d’une nouvelle droite nationaliste. Cette évolution est une traduction dans les milieux juifs d’une tendance à la radicalisation nationaliste dans beaucoup de partis de droite européens de l’époque. Cette radicalisation est liée aux contestations des nouvelles frontières issues de la Première Guerre mondiale et au choc de la révolution bolchévique.
En tant qu’idéologie d’origine européenne, le sionisme a toujours été influencé par les évolutions politiques de son milieu d’origine, on l’a vu pour les courants libéraux ou de gauche. Il en va de même sur la droite de l’échiquier politique.
Plus spécifiquement, l’apparition du parti révisionniste est liée à deux éléments :
– Le rejet du bolchevisme et, au-delà, des idéologies de gauche qui s’imposent en force dans le nouveau Yichouv. Les révisionnistes accuseront longtemps la gauche sioniste d’être constituée de crypto-bolchéviques.
– Le refus de la division d’Eretz Israël, c’est-à-dire la création de l’émirat des hachémites de Transjordanie (actuelle Jordanie).
Dans la Bible, certaines régions à l’Est du Jourdain sont le territoire de tribus d’Israël. Pour les nationalistes intransigeants (d’ailleurs plutôt laïcs à l’époque), c’est donc une terre devant revenir aux Juifs.
Zeev Vladimir Jabotinsky (1880-1940), un leader sioniste né à Odessa (empire tsariste), refuse cette « division ». Il conteste aussi l’acceptation par l’OSM du mandat de la SDN. En effet, le mandat parle d’un « Foyer National Juif » mais pas d’un État indépendant, ce qui est insuffisant pour Jabotinsky. Mais à ce stade de la présence juive en Palestine, l’OSM et l’Agence juive estiment maladroit et prématuré d’aller plus loin. Ainsi, en 1931, le dix-septième congrès sioniste refuse encore de se positionner officiellement en faveur d’un État juif indépendant.
Après l’affaire Simon Petlioura, Jabotinsky démissionne de son poste à la direction de l’OSM au début 1923 et organise une fédération indépendante voulant « réviser » le sionisme. Il réclame une immigration plus large, la constitution d’une « brigade juive » chargée de défendre Eretz Israel et l’autodétermination, c’est-à-dire l’indépendance.
En 1925, il crée formellement l’« Union mondiale des sionistes révisionnistes » ayant son siège à Paris.
Le parti révisionniste va alors se positionner comme le représentant d’une droite nationaliste intransigeante. Le parti révisionniste a une organisation de jeunesse, le Betar, encore plus radicale. Ce dernier reprend certaines formes des mouvements nationalistes : uniforme, culte du chef, entraînement paramilitaire.
Rapidement, la haine domine les relations avec la gauche sioniste, marquées de part et d’autre par une incroyable violence verbale. Ben Gourion surnomme Jabotinsky dans les années 1930 « Vladimir Hitler » et l’accuse d’être un fasciste. De leur côté, les révisionnistes considèrent volontiers les travaillistes du Mapaï (unifié en 1930) comme de dangereux communistes, et les membres du Betar font parfois le coup de poing dans les meetings de gauche.

En pratique, la gauche sioniste est engagée dans un processus de social-démocratisation assez rapide, bien loin du communisme. Le révisionnisme ne va pas de son côté jusqu’au fascisme. On peut cependant constater que chez les travaillistes, une aile gauche anti-capitaliste voire pro-soviétique existe, et que des sympathisants fascistes proclamés opèrent sur l’aile droite du parti révisionniste (Brit Ha’birionim sous l’autorité de Abba Ahiméir). Tout en refusant de les suivre, Jabotinsky refuse aussi de rompre avec eux. En 1933, on voit même Abba Ahiméir approuver certains aspects du nazisme (en particulier « la pulpe anti-marxiste », selon son expression), par anticommunisme. Cette sortie provoque par contre la fureur de Jabotinsky, très inquiet devant la montée du nazisme.
En 1935, les révisionnistes font un pas de plus dans leur critique des institutions sionistes, et décident de quitter l’OSM du fait du refus de celle-ci de revendiquer officiellement un État juif. Au-delà de la divergence idéologique bien réelle, les relations avec la gauche (qui avait pris le contrôle de l’OSM en 1933) étaient devenues tellement mauvaises qu’une collaboration était très difficile.
La prise de pouvoir par les travaillistes (1931-1933)

En 1919 est créé l’Achdut Ha’avoda. En 1930, il fusionne avec le Ha’poel Hatzaïr, le grand parti de la gauche non marxiste, pour former le parti travailliste Mapaï (Parti ouvrier d’Eretz Israël).
Cette fusion de la gauche modérée donne un poids politique particulièrement important à la gauche sioniste, qui est maintenant la fraction politique la plus importante au sein de la communauté juive en Palestine.
En 1931, les différents courants sionistes – socialistes (surtout le Mapaï, mais aussi les petits partis de l’extrême-gauche sioniste) gagnent 42 % des suffrages.
En 1933, avec le soutien des libéraux de Haïm Weizmann, les travaillistes prennent le pouvoir au sein de l’OSM.
L’homme clef de l’époque est David Ben Gourion. Il est le leader du Mapaï, le président de l’Agence juive (l’exécutif sioniste en Palestine) et le secrétaire général de la Histadrout (jusqu’en 1935). La Histadrout (Association générale des travailleurs d’Eretz Israël) est bien plus qu’un syndicat. Elle dirige aussi un vaste secteur économique (kibboutzim, moshavim, entreprises coopératives), une importante caisse d’assurance maladie (Kupat Holim), prend en charge les écoles du courant « ouvrier », et intervient dans le domaine socio-culturel (associations sportives, culturelles, édition, journaux).
Le pouvoir de Ben Gourion et de son parti est donc très important au sein du Yichouv et de l’OSM, ce qui lui vaut d’être traité de dictateur par Jabotinsky.
À compter du début des années 1930 et jusqu’en 1977, le parti travailliste sera le parti hégémonique de la vie politique du Yichouv puis d’Israël, restant au pouvoir de façon permanente.
La Grande révolte arabe de 1936-1939.

En 1929 et 1930, il y a eu de nouvelles émeutes arabes contre la colonisation juive (150 Juifs morts, plusieurs dizaines d’Arabes). Elles visent en pratique tous les Juifs, qu’ils appartiennent au nouveau Yichouv ou à l’ancien. C’est ainsi que la vieille communauté juive de Hébron est chassée de sa ville. Ces émeutes sont le signe que la situation se tend de plus en plus. Les Arabes de Palestine ont de plus en plus peur d’être dépossédés de leurs terres. Elles marquent aussi la montée en puissance du mufti de Jérusalem et chef du conseil suprême musulman, Amin al-Husseini, qui se pose de plus en plus comme chef politique et religieux des Palestiniens intransigeants, tant à l’égard du sionisme que de l’occupant britannique.
De 1935 à 1939 se déroule ce qu’on appellera « la Grande Révolte arabe en Palestine ».
En novembre 1935 a commencé, en Galilée, une petite guérilla menée au nom du jihad par un prédicateur musulman, Izz al-Din al-Qassam, rapidement tué par les Britanniques.
Au début de 1936, le Royaume-Uni abandonne, sous la pression sioniste, un projet d’assemblée législative représentant toute la population de Palestine, et dans laquelle les Arabes auraient forcément été majoritaires.
Cet abandon et les événements de Galilée provoquent en avril 1936 une grève générale qui dure six mois et qui s’accompagne d’actions de guérilla contre les forces britanniques, mais aussi de violences contre les civils juifs.
Le Haut Comité Arabe, dirigé par le mufti, est au cœur de la mobilisation arabe. Mais celle-ci, mal organisée, reste cependant peu centralisée. La violence vise les Britanniques (assassinat du gouverneur de Galilée en septembre 1937), les Juifs (415 morts entre 1937 et 1939) et même des Arabes modérés.
Le Royaume-Uni réprime de façon très dure à travers la justice militaire d’exception, l’envoi de 20.000 soldats, les arrestations et les expulsions hors de Palestine. Même des modérés sont touchés, et la société arabe palestinienne sort durablement affaiblie de cette épreuve de force.
La Haganah a soutenu les troupes britanniques, parfois dans une coopération étroite, et sort renforcée des évènements.
Cependant, les Britanniques sont conscients que la solution ne peut-être exclusivement militaire, d’autant que le nationalisme arabe grandit au Moyen-Orient et se sent solidaire des Arabes de Palestine. L’empire britannique a donc un intérêt, et pas seulement pour la Palestine, à trouver une solution acceptable par tous.

Le gouvernement étudie en 1937 (commission Peel) un projet de partage de la Palestine, qui attribue aux Arabes la majorité du territoire (85 %), mais qui créerait un État juif en Galilée et sur la bande côtière (15 % de la Palestine). De part et d’autre, de grosses réserves surgissent.
David Ben Gourion et Haïm Weizmann (contre bon nombre de leurs partisans) acceptent le plan à regret, considérant qu’un État juif ne peut être refusé, malgré ses limites territoriales. L’OSM, par contre, rejette les frontières proposées, tout en acceptant de discuter d’un plan de partage. Le Parti révisionniste de Jabotinsky, enfin, est totalement hostile au projet.
Les modérés arabes (autour de la puissante famille des Nashashibi et des Transjordaniens) acceptent également avec réticence, mais le projet est rejeté par les partisans du mufti.
Le manque d’enthousiasme de tous fera finalement échouer le projet (novembre 1938). Mais le gouvernement britannique continue à chercher une solution.
Le gouvernement publie alors en mai 1939 un nouveau « livre blanc », qui est un choc pour le mouvement sioniste et qui peut lui faire craindre le succès politique de la grande révolte, alors même que son échec sur le terrain est consommé. Le « livre blanc » prévoit en effet un sévère coup de frein à l’immigration juive et, sous 10 ans, une autodétermination de la Palestine dans son ensemble, ce qui amènera forcément les Juifs à être minoritaires dans l’État arabe. Il s’agit d’un revirement en profondeur de la politique menée depuis 1917 consistant à appuyer le mouvement sioniste pour contrôler cette partie du Moyen-Orient. Manifestement, le gouvernement britannique est arrivé à la conclusion que cette politique crée plus de problèmes qu’elle n’en résout, et il se rapproche ainsi des nationalistes arabes.
La Grande Révolte arabe parvient ainsi à provoquer la rupture entre le sionisme et le pouvoir britannique. Les relations resteront dès lors tendues jusqu’à l’indépendance d’Israël, qui sera obtenue par une politique de confrontation avec l’empire britannique, et non plus par une politique de coopération.
L’apparition de l’Irgoun.

Après les émeutes arabes de 1929-1930, un débat est apparu au sein de la Haganah et de sa direction politique (l’Agence juive): fallait-il rester dans une politique défensive, ou passer à l’offensive en se livrant à des représailles contre les émeutiers, voire contre la population arabe qui les soutenait ?
La position officiellement adoptée est celle du maintien d’une politique de retenue (« Havlagah ») dans l’utilisation de la violence, en refusant en particulier la violence aveugle contre les civils arabes. Un groupe d’activistes, de gauche et de droite, fonde alors la Haganah Beth (la Haganah « B »), en rupture avec les instances officielles du sionisme et la Havlagah.
La Haganah Beth (puis Haganah nationale) n’est pas une organisation de droite, même si les révisionnistes y sont nombreux. Elle aura en pratique une activité assez faible.
Après le déclenchement de la Grande Révolte arabe, certains de membres de l’organisation (y compris le fondateur Avraham Tehomi), plutôt à gauche, décidèrent de rejoindre la Haganah pour former un front commun contre les Arabes.
L’organisation devient alors l’Irgoun Tsvai Leumi (Organisation militaire nationale), parfois appelé IZL ou Etzel. Après le départ des militants de gauche, l’Irgoun est maintenant clairement l’organisation armée du parti révisionniste, même si elle est en pratique quasiment indépendante. Jabotinsky (que les Britanniques ont expulsé de Palestine) est reconnu comme responsable suprême. Mais il n’exerce pas de responsabilités opérationnelles.
L’Irgoun se spécialise dans des opérations de représailles contre les militants arabes, mais aussi de plus en plus contre des civils arabes pris au hasard. Elle utilise en pratique des méthodes similaires à celles des groupes armés arabes, qui ciblent aussi les civils juifs, ce qui lui vaut les critiques des instances officielles du Yichouv et le classement par les Britanniques comme organisation terroriste. On estime qu’environ 200 à 250 civils arabes seront tués dans des opérations de l’Irgoun pendant cette période.
Une des plus grandes campagnes de l’Irgoun est menée en 1938, après l’exécution par les Britanniques d’un membre de l’Irgoun (Ben Yosef).
Jabotinsky ordonne à l’Irgoun « invest heavily » (frappez dur). Le bilan des représailles est lourd :
– 5 Arabes abattus le 4 juillet 1938 dans plusieurs attentats,
– le 6 juillet, 2 bombes placées dans des bidons de lait explosent en plein marché arabe de Haïfa. La foule attaque les Juifs, la police tire : 21 Arabes et 6 Juifs sont tués dans l’attentat et l’émeute.
– Une bombe placée dans la rue tue 2 Arabes à Jérusalem le 6 juillet.
– Une bombe placée dans la rue tue 3 Arabes à Jérusalem le 8 juillet.
– Une bombe placée dans le souk de la vielle ville de Jérusalem tue 10 Arabes le 15 juillet.
– Une bombe placée dans le marché arabe de Haïfa le 25 juillet 1938 fait 45 morts (bilan britannique – l’Irgoun pense que les Britanniques ont réduit le bilan pour calmer la foule arabe. Une enquête interne à l’Irgoun donne 70 morts).
– Le dernier gros attentat de la campagne de 1938 sera commis le 26 août : un tonneau de dynamite explose dans le souk de Jaffa et fait 24 morts.
En terme sécuritaire, on note que la campagne d’attentats de 1938 a augmenté les représailles arabes, et le nombre de Juifs tués pendant cette période augmente spectaculairement : 50 par mois entre juillet et octobre, contre 7 par mois au cours des 9 mois précédents.
Au début de 1939, après des informations sur une révision de la politique palestinienne du Royaume-Uni (confirmée ensuite par le « Livre Blanc »), l’Irgoun relance ses actions. Ainsi sont tués au hasard 27 Arabes dans les rues de Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem, le 27 février 1939, ce qui entraîne les félicitations de Jabotinsky (« votre réponse aux manifestations de victoire des ennemis de l’État juif a produit un effet énorme et positif » – lettre de Jabotinsky à David Ratziel, chef de l’Irgoun – archives Jabotinsky).
Le bilan politique de ces actions semble au final plutôt négatif. L’utilisation de la violence contre les civils arabes est largement condamnée par le Yichouv, et isole la droite nationaliste, l’Irgoun et Jabotinsky.
Fin 1939, la Seconde Guerre mondiale entraîne l’arrêt des actions de l’Irgoun.
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
La Seconde Guerre mondiale commence en septembre 1939, et se termine avec la défaite de l’Allemagne nazie (en mai 1945) et du Japon (en août 1945).
À compter de 1939 et plus encore de 1941, l’Allemagne nazie s’empare de vastes territoires peuplés de millions de Juifs. À partir de 1941-1942 commence un génocide qui verra la mort de 6 millions de Juifs. La période est donc critique pour le judaïsme mondial, et cette crise vient s’ajouter à celle du sionisme à partir du « Livre Blanc » de 1939.
Le choix du mufti

La Grande Révolte arabe avait décapité le mouvement nationaliste arabe en Palestine, et contraint le Mufti à l’exil. Privé de sa base palestinienne, il se cherche des alliés. En 1941, Haj Amin al Husseini signe une alliance avec l’Axe, et plaide pour résoudre le problème des Juifs au Moyen-Orient « selon les méthodes de l’Axe ».
Réfugié en Allemagne nazie, il va lancer des appels (sans grand succès) aux musulmans du Moyen-Orient pour que ceux-ci se rallient à l’Allemagne contre l’occupant britannique.
Mais la majorité de la population arabe palestinienne est sous le choc de la répression, et est également satisfaite du « Livre Blanc » de 1939. Elle ne bouge pas.
Le cessez-le-feu de l’Irgoun (1940)
En 1940, l’Irgoun décide que la situation en Europe est plus grave que celle du « Foyer National Juif », et décide d’arrêter le conflit avec les Britanniques.
L’Irgoun conclut un accord avec les Britanniques pour participer à des actions offensives, en particulier dans le domaine du sabotage, et son chef David Ratziel sera tué au combat en 1941.
Jabotinsky a approuvé l’accord. Il meurt d’une crise cardiaque aux É.-U. le 4 août 1940. Avec lui disparaît le chef charismatique de la droite nationaliste sioniste.
La scission du groupe Stern (1940)

Le choix de la direction de l’Irgoun ne fait pas l’unanimité. Avraham (« Yair ») Stern le conteste et considère au contraire que la menace de disparition du « Foyer National Juif » au bout de la période de 10 ans prévue par les Britanniques est la plus grave. Il crée avec quelques nationalistes radicaux, comme Yitzhak Shamir, futur premier ministre d’Israël, un scission qu’il appelle d’abord « Irgoun Tsvai Leumi beIsraël », puis « Lohamei Herut Israël » (Combattants pour la liberté d’Israël) ou Lehi.
Les Britanniques l’appellent le « Stern gang » traduit en français par « groupe Stern ». Cette scission se livre à des attentats contre les Britanniques ou des Juifs « collaborateurs » et tente même de prendre contact avec les Allemands, au nom de la différence entre le « persécuteur » (l’Allemagne), préférable à « l’ennemi » (les Britanniques qui empêchent l’État juif). Le Stern est finalement démantelé fin 1941 – début 1942, et entre en sommeil. Les responsables sont morts (Stern) ou en prison (Shamir).
Les choix du Yichouv – collaboration et confrontation

Le Yichouv dans son ensemble approuve le choix de l’Irgoun et de l’Agence juive de participer à l’effort de guerre contre l’Allemagne nazi. Et ce, tant par solidarité avec les Juifs européens que par peur d’une arrivée des troupes nazies en Palestine en cas de victoire de l’Allemagne. De nombreux Juifs du Yichouv vont donc s’engager dans les troupes britanniques.
Mais dans le même temps, l’inquiétude sur le projet britannique d’un État palestinien à majorité arabe continue à mobiliser fortement les dirigeants sionistes. Ceux-ci regardent de plus en plus vers les États-Unis, et durcissent le ton vis-à-vis des Britanniques. En 1942, lors du congrès sioniste de Biltmore, aux États-Unis, le mouvement sioniste annonce officiellement qu’il revendique un État juif sur l’ensemble de la Palestine. Les Arabes y seraient citoyens, mais minoritaires grâce à une immigration juive de masse.
La résurgence de la lutte armée (1943-1944)
À compter de 1943, les dirigeants emprisonnés du Lehi s’évadent et réorganisent le groupe. Celui-ci regroupe dorénavant diverses factions ultra-nationalistes partisanes de la lutte armée. On y trouve des révisionnistes classiques, une extrême-droite issue des sympathisants nationalistes d’avant-guerre, une gauche radicale pro-soviétique (peu importante) et des « Cananéens », un mouvement qui se revendique d’un nationalisme « hébreu » totalement coupé du judaïsme. Le groupe reprend rapidement ses actions anti-britanniques, mais est largement condamné par le Yichouv.
Le 6 novembre 1944, le Lehi assassine le Ministre-Résident britannique en Égypte, Lord Moyne. Les deux jeunes militants cananéens qui ont commis l’attentat sont condamnés à mort et exécutés par la justice égyptienne.

En février 1944, l’Irgoun considère que la guerre est maintenant gagnée par les alliés, et que le problème prioritaire redevient le projet britannique contre le « Foyer National Juif ». Il reprend à son tour les actions armées à l’encontre des Britanniques. L’Irgoun a aussi un nouveau chef depuis 1943 : Menahem Begin, venu de Pologne. Après la mort de Vladimir Jabotinsky en 1940, il s’est imposé progressivement comme le leader naturel de la droite nationaliste.
L’effondrement du mandat international (1945-1947).

Après la défaite de l’Allemagne nazie, deux questions deviennent prioritaires pour le mouvement sioniste:
– la question des réfugiés juifs d’Europe, survivants du génocide, dont beaucoup veulent partir d’Europe.
– La question de la création d’un État juif en Palestine.
L’exécutif sioniste entre dans l’affrontement avec les Britanniques entre 1945 et 1947. Il utilise aussi la Haganah, mais il privilégie l’action légale (manifestations, grèves), et limite ses actions armées à des sabotages qui se veulent non meurtriers. L’attitude vis-à-vis de ceux qui sont officiellement considérés comme des terroristes évolue entre des moments d’affrontements (« la saison ») et des moments d’alliance. Mais globalement, le caractère sanglant de leurs actions est condamné. Dans le même temps, des contacts politiques se maintiennent.
En 1946-1947, la pression politique s’accroît sur le Royaume-Uni :
– la Palestine juive est ingouvernable, malgré le déploiement de 100 000 soldats britanniques.
– Les Arabes critiquent le Royaume-Uni.
– La politique de restriction de l’immigration clandestine juive mène à l’emprisonnement de milliers de survivants du génocide, ce qui provoque une vague de sympathie dans l’opinion internationale, en particulier aux États-Unis et en France.
– Des troubles antisémites ont lieu au Royaume-Uni en réponse aux nombreux soldats britanniques tués par l’Irgoun et le Stern (Lehi) : il y aura 338 Britanniques tués entre 1944 et 1948.
– L’opinion publique britannique supporte mal, deux ans après la fin de la guerre, de voir 100 000 soldats risquer leur vie loin de chez eux.
En 1947, le Royaume-Uni décide de remettre le mandat qu’il tenait de la SDN aux Nations unies, qui en sont le successeur. Il semble que le gouvernement britannique espérait obtenir un plus grand soutien international pour son rôle en Palestine, mais l’ONU décide de mettre fin au mandat.
Le partage de 1947.

L’ONU décide de revenir au projet de la commission Peel de 1937 en partageant la Palestine. Les Juifs se voient attribuer 55 % du territoire (plus que dans le projet Peel). Jérusalem devient une zone internationale. Les Arabes se voient attribuer le solde (un peu plus de 40 % du territoire).
Les Arabes palestiniens ont globalement refusé le partage (il y a des exceptions, en particulier chez les communistes). Les Juifs l’ont globalement accepté (sauf l’Irgoun et le Stern, ceux-ci continuant même à revendiquer la Transjordanie).
Le plan est voté en novembre 1947 grâce à la conjonction entre un soutien attendu des occidentaux et le soutien plus surprenant de l’Union soviétique.
Staline a toujours montré une grande hostilité au sionisme, voire aux Juifs. Mais il estime que ce projet chassera les Britanniques hors de Palestine. De plus, il existe des factions pro-soviétiques au sein de la gauche sioniste qui est à l’époque dominante.
Après le partage, une période de 6 mois s’étend jusqu’au retrait britannique, en mai 1948. Pendant cette période, les Britanniques sont censés maintenir l’ordre, mais ils se cantonnent en fait dans une neutralité passive.
Dès le vote du partage par l’ONU (novembre 1947), des incidents se produisent, qui se transforment vite en guerre civile. Les Arabes attaquent les Juifs. La Haganah se maintient au départ dans une attitude défensive, mais le Stern et l’Irgoun, qui avaient cessé les attaques anti-arabes depuis 1939, reprennent les attentats contre les civils, sans obtenir de résultat politique ou militaire notable.
Violence arabe et violence juive frappent les civils des deux camps.
À compter de fin mars 1948, la Haganah réorganisée passe à l’offensive. En 6 semaines, les irréguliers arabes sont vaincues, les groupes armés juifs prennent le dessus. Des villages arabes commencent à se vider de leur population dans les zones de conflits les plus durs.
Déclaration de l’indépendance d’Israël le 15 mai 1948
Le 15 mai 1948, Israël proclame son indépendance pendant que les derniers Britanniques quittent le pays. Les Arabes palestiniens sont militairement vaincus et ils ne seront plus guère présents sur le devant de la scène politique jusque dans les années 1960.
La période du mandat (1920-1947) – Synthèse.
Cette période a vu la construction du Foyer national juif. L’État indépendant n’existe pas encore, mais une structure autonome qui en a presque tous les attributs s’est constituée.
Au plan démographique, la population juive a explosé, passant de 85 000 personnes en 1919 à 650 000. Mais cette population juive reste à 80 % ashkénaze, et ne représente donc qu’imparfaitement la diversité du Judaïsme mondial. Surtout, cette population ne représente toujours qu’un tiers de la population totale de la Palestine.
Au plan politique, les affrontements entre droite et gauche se sont considérablement tendus, sans cependant atteindre la rupture et la guerre civile. Ils opposent « réalistes » acceptant (sans enthousiasme) un partage territorial et nationalistes intransigeants revendiquant toute la Palestine plus la Transjordanie (actuelle Jordanie).
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