Les Etats-Unis ont annoncé que plus de quarante pays participeraient, d’une manière ou d’une autre, à la coalition contre l’Etat islamique (EI). Parmi eux, vingt-cinq sont nommés dans une liste fournie par le département d’Etat. D’autres pourraient collaborer de manière plus discrète dans divers domaines : diplomatie, renseignement, assistance militaire, lutte contre le recrutement et les réseaux financiers du groupe djihadiste.
Les soutiens militaires

Etats-Unis : Le président, Barack Obama, a annoncé mercredi que le pays était prêt à lancer des frappes aériennes en Syrie contre l’EI. Il a par ailleurs indiqué que les forces américaines étendraient les raids qu’elles mènent en Irak depuis un mois. Au total, 1 600 militaires seront déployés pour apporter un appui aux forces armées en termes d’équipements, de formation et de renseignement.

France : Paris livre des armes aux peshmergas (combattants kurdes) et 58 tonnes de fret humanitaire dans la région d’Erbil depuis un mois. Le président François Hollande a promis vendredi à Bagdad d’aider « encore davantage militairement » l’Irak dans lutte contre l’EI. De source diplomatique, il serait « logique » que le pays participe à des frappes aériennes. Lundi matin, « les vols de reconnaissance français contre l’Etat islamique ont débuté au dessus de l’Irak ».

Royaume-Uni : Londres a livré des mitrailleuses lourdes et des munitions aux forces kurdes. La participation aux frappes aériennes est aussi envisagée, mais les autorités n’ont pas encore pris de décision. Le premier ministre, David Cameron, a affiché dimanche sa détermination à « prendre toutes nouvelles mesures nécessaires » après l’assassinat du travailleur humanitaire britannique David Haines.

Canada : Ottawa a annoncé le déploiement de plusieurs dizaines de militaires aux côtés des soldats américains conseillant les forces kurdes dans le nord de l’Irak. Une mission de trente jours reconductible.

Australie : Canberra a promis dimanche le déploiement de 600 militaires aux Emirats arabes unis (EAU) dans le cadre de la coalition internationale contre l’EI.

Allemagne : Trois livraisons sont prévues pour les combattants kurdes, à savoir 30 systèmes de missiles antichars, 16 000 fusils d’assaut et 8 000 pistolets.

Italie : Rome a indiqué la livraison de mitrailleuses, ainsi que d’armes légères saisies par les autorités judiciaires italiennes il y a une vingtaine d’années à bord d’un navire à destination de l’ex-Yougoslavie.

L’Albanie, la Pologne, le Danemark et l’Estonie ont annoncé la livraison d’équipements militaires. Par ailleurs, les Philippines sont prêtes à rejoindre une alliance, selon les déclarations de son secrétaire aux affaires étrangères à l’Agence France-Presse, sans autre précision pour l’heure.

L’aide humanitaire et les dons

Arabie saoudite : Riyad s’est engagé à verser 500 millions de dollars au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le grand mufti a qualifié les djihadistes d’« ennemi numéro un de l’islam ».

Turquie : Ankara a mandaté plus de 100 camions d’aide humanitaire et dressé un camp de réfugiés près de Dahuk, dans le nord de l’Irak.

Koweït : Le pays a alloué 10 millions de dollars d’aide humanitaire.

Australie : Canberra va accueillir 4 400 réfugiés irakiens et syriens et organise de nombreux largages humanitaires.

Le Royaume-Uni, le Canada, la France, la Norvège et la Pologne ont aussi envoyé de l’aide humanitaire. L’Italie, l’Espagne, l’Irlande et le Luxembourg ont annoncé le versement de dons. D’autres pays, dont le Japon, la Suisse, la Corée du Sud ou encore la Nouvelle-Zélande, ont fait des dons spécifiques au Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Organisation des nations unies (ONU).

Le cas des pays du Golfe et des pays arabes

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a cherché cette semaine à rallier l’Egypte – qui conditionne sa participation sécuritaire à un mandat de l’ONU – et la Turquie – qui refuse pour l’instant de participer aux opérations armées – à la « guerre » que Washington a déclaré à l’EI. Dans son offensive diplomatique, il a obtenu jeudi à Djedda (Arabie saoudite) l’engagement, éventuellement militaire, de dix pays arabes, dont l’Arabie saoudite.

Les Etats-Unis pourraient trouver de l’aide à Bahreïn, siège de la Ve flotte américaine, au Koweït – qui accorde des facilités militaires aux Etats-Unis –, et au Qatar – qui met à la disposition des Américains la base aérienne d’Udeid et accueille le Centcom, commandement militaire chargé du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. L’attitude du Qatar reste en revanche incertaine ; Doha étant soupçonné en Occident de financer des groupes islamistes radicaux.

Les pays de la Ligue arabe se sont aussi engagés à lutter contre le terrorisme et l’EI aux niveaux « politique, sécuritaire et idéologique », mais individuellement peu de pays arabes ont décrit l’ampleur de leur implication.

Pas de participation de l’Iran et de la Syrie
L’Iran, qui n’a pas été convié à la conférence internationale prévue lundi 15 septembre à Paris pour organiser la lutte contre l’EI, a affirmé qu’il ne souhaitait de toute façon pas y participer. Téhéran aide néanmoins et conseille les Kurdes irakiens. La Syrie de Bachar Al-Assad est aussi persona non grata dans la coalition internationale, malgré l’implantation du groupe sunnite dans le pays et la menace qu’il représente pour le régime.

[Le Monde.fr

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WillyMe

Ahhhhhh Le monde…. Surtout ne parlons pas du seul pays qui aide vraiment le Kurdistan Irakien et entraîne les Peshmerga depuis plus de 20 ans (dont 10 ans dans la clandestinité vis à vis des ex-relation diplomatiques entretenues avec la Turquie).

Noooon, il vaut mieux annoncer que même la Turquie (qui encourage, entraîne et finance l’EI) envoi de l’aide humanitaire aux Kurdes…
Les Turques eux imposent vraiment un Apartheid aux Kurdes de Turquie qui n’ont même pas le droit à l’éducation.
C’est bien gentil d’envoyer des armes par la Turquie et le Gouvernement Irakien, mais bizarrement les armes n’atteignent jamais les lignes de front….

Et ils osent appeler sa du journalisme….