Ou : quand l’antisémitisme ne se « cache » plus…
Des lycéens interrogent Hollande sur les Juifs et Dieudonné
Le président a laissé entendre qu’il pourrait débattre avec Marine Le Pen en 2017

François Hollande a dialogué avec cinq lycéens de Thiais (Val-de-Marne), dimanche lors de l’émission « Le Supplément » sur Canal+, un échange centré sur le polémiste Dieudonné et les Juifs.
Décrétée « priorité » du quinquennat, la jeunesse était également au centre des débats dimanche sur Canal+.
Suivis une semaine durant par la chaîne, qui les montre notamment débattre de l’attentat contre Charlie Hebdo et de la liberté d’expression, cinq lycéens ont pris place, en fin d’émission, autour du chef de l’État.
Outre les « trucs à régler » comme « le chômage », rapidement évacués en fin de séquence, l’échange a quasi exclusivement tourné autour d’un seul thème: les religions, les Juifs et Dieudonné, récemment condamné pour apologie d’actes de terrorisme ou encore provocation à la haine raciale.
– Un lycéen: « Doit-on se cacher de rire de Dieudonné? »
– M. Hollande: « On doit réfléchir. Ceux qui y vont rient. Mais qu’est-ce qui fait que l’on rit de ça? »
– « Parce que c’est marrant… »
– « Quand il se déguise en nazi et qu’il dit qu’il faut tuer des Juifs, c’est drôle? »
– « Ce n’est qu’une blague », rétorque un des lycéens, tandis qu’un autre avance : « Il se moque d’Hitler, il ne se moque pas des Juifs. »
– « S’il se moquait d’Hitler, ce ne serait pas un problème. S’il se moque des Juifs qui justement ont échappé aux camps de la mort ou qui sont morts dans ces chambres à gaz, là, c’est une apologie de la haine », recadre le chef de l’État qui rappelle qu' »il n’y a pas eu que le génocide des Juifs » et évoque le génocide arménien de 1915.
– « Mais on parle plus des Juifs », assure une lycéenne.
– « On en parle parce qu’il y a eu six millions » de morts.
– « Une mort, ça reste une mort. »
– « Ce n’est pas pareil. Qu’est-ce que c’était que la Solution finale? De les tuer tous, de les exterminer, de faire qu’il n’en reste plus un, qu’on ne puisse même pas trouver leurs cadavres, qu’on élimine une partie de l’humanité. C’est ça qui était en cause. C’est pour cela qu’on soit juif, chrétien, musulman ou rien du tout, on doit avoir ce respect par rapport à ce qui s’est produit. »
S’ensuit un débat sur l’enseignement de l’histoire des religions à l’école. « Le judaïsme, je ne me souviens plus du tout de mon cours », glisse une lycéenne.
Hollande pourrait débattre avec Marine Le Pen en 2017

Le président français a laissé entendre qu’il pourrait débattre avec Marine Le Pen s’il se retrouvait face à la présidente du Front national au second tour de l’élection présidentielle en 2017, bien qu’il n’y soit pas candidat pour le moment.
« Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970. En pensant qu’on peut fermer les frontières, qu’on peut nationaliser les industries, qu’on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans risque (…) sauf que le Parti communiste il ne demandait pas qu’on chasse les étrangers, qu’on fasse la chasse aux pauvres », a-t-il déclaré lors de l’émission « Le Supplément » sur Canal+.
« Même si le Front national n’est pas en situation, pour l’instant, d’être au second tour, nous verrons bien. De tout façon, il y aura toujours des débats de second tour entre les deux candidats qui sont restés en lice », a-t-il ajouté avant de préciser qu’il n’était « pas dans cette situation ».
« Ce n’est pas un parti républicain, c’est un parti dans la République. C’est pas la même chose », a encore souligné le chef de l’Etat français au sujet du Front national.
« Une part de proportionnelle »
François Hollande a affirmé que l’introduction d’une dose de proportionnelle, qui fait « partie des discussions sur les institutions » se ferait « dans l’année 2016 si on doit faire des changements d’institutions ».
Interrogé sur l’opportunité de mettre de la proportionnelle, notamment pour davantage représenter le Front national à l’Assemblée nationale, M. Hollande a interrogé: « le débat démocratique … Mme (Marine) Le Pen, M. (Florian) Philippot, ils sont interdits d’antenne (…) ils sont privés du droit d’expression ? ».
« Ce n’est pas le sujet, même si on pourra améliorer (le système, ndlr) – j’y suis prêt – mettre une part de proportionnelle, ça fait partie des discussions qu’on doit avoir », a-t-il ajouté.
« J’y suis prêt, on fera ça dans l’année 2016 si on doit faire des changements d’institutions », a-t-il dit évoquant aussi « la lenteur du parlement ».
« J’avais dit une part de proportionnelle. Ca fait partie des discussions qui ont lieu et doivent se faire sur un consensus ».
(AFP)
![]() |
![]() |







































On peut manger Cacher et ne pas rire de Dieudonne , c’est meme conseille pour la sante mentale .