La Commission électorale centrale (CEC) ratifie les résultats des élections
La ratification des résultats des élections législatives israéliennes du 27 octobre a été entachée par une controverse majeure impliquant l’Agence de sécurité israélienne (Shin Bet) et le bureau du procureur général. Au cœur de cette dispute, une enquête sur des allégations de financement étranger destiné à influencer la participation électorale dans la communauté arabe d’Israël.
Le chef du Shin Bet, David Zini, a demandé l’audition sous caution de plusieurs députés arabes, dont Mansour Abbas (Ra’am), Ahmad Tibi (Ta’al), Sami Abu Shehadeh (Balad) et l’ancien leader de la Liste unifiée, Ayman Odeh. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir reçu des centaines de milliers de shekels de fonds étrangers. Cette démarche a été vivement critiquée par les intéressés, qui dénoncent une enquête « politisée ».
Le procureur général Gali Baharav-Miara a reproché au Shin Bet de ne pas avoir transmis les éléments d’enquête nécessaires à l’équipe spéciale chargée de l’investigation, ce qui a retardé le traitement du dossier. Elle a également souligné qu’aucune audition de citoyens ou d’élus ne peut être menée sans preuves suffisantes. Cette opposition entre le Shin Bet et le bureau du procureur général a été rendue publique, alimentant un climat de tension politique.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son parti Likud ont accusé le procureur général de vouloir entraver l’enquête, tandis que certains membres de son camp ont critiqué Zini pour son attitude, allant jusqu’à remettre en cause sa loyauté. Le chef du Shin Bet a nié toute coordination avec Netanyahu pour contester les résultats électoraux, affirmant que ses divergences avec le procureur général et d’autres responsables de son agence relèvent d’un débat démocratique sain.
Malgré ces tensions, le Comité central des élections a validé les résultats, confirmant que rien n’indiquait une fraude susceptible de modifier le verdict des urnes. La coalition de Netanyahu remporte 53 sièges, l’opposition 48, et les partis arabes un record de 19 sièges, sans qu’aucun bloc ne dispose de la majorité absolue de 61 sièges.
Le président Isaac Herzog a appelé à la patience et à une enquête professionnelle, tout en mettant en garde contre les généralisations et les expressions racistes visant la société arabe israélienne. Il a insisté sur le respect de cette communauté et son rôle dans la vie du pays.
Par ailleurs, le président du Comité central des élections, Noam Sohlberg, a averti que les tentatives de remise en cause des résultats représentent un danger pour la démocratie. Il a précisé que les suspicions restent à ce stade non confirmées et ne remettent pas en cause la légitimité du vote arabe, dont la forte participation est saluée.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a quant à lui demandé l’arrestation immédiate des dirigeants arabes concernés, même sans l’accord du procureur général, et a appelé à suspendre la formation du gouvernement tant que l’enquête n’est pas terminée, dénonçant un « vol des élections ».
Cette affaire met en lumière les tensions entre sécurité, justice et politique en Israël, alors que l’enquête sur le financement étranger présumé reste en cours, avec des implications potentielles pour la stabilité gouvernementale et la cohésion sociale du pays.
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