Trump à propos des sites nucléaires iraniens restants : « Nous pouvons régler cela en 10 minutes »
Le président n’a pas encore décidé s’il allait reprendre les frappes, a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio ; Téhéran met en garde contre une riposte « géographiquement illimitée » à toute attaque.
Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les négociations avec l’Iran « se déroulaient bien », tout en qualifiant Téhéran de « peu fiable » et en suggérant que les États-Unis pourraient encore frapper un ou deux sites iraniens restants.
« Il nous reste encore à nous occuper d’un ou deux sites, je dirais, mais nous pouvons le faire en dix minutes », a déclaré Trump aux journalistes dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Il a notamment mentionné Pickaxe Mountain, une installation nucléaire souterraine présumée près de Natanz, comme cible potentielle.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a ordonné samedi aux forces armées du pays de se préparer à répondre à toute attaque « par une riposte immédiate, massive et sans restriction géographique », ont rapporté séparément l’ agence de presse officielle iranienne ISIN et Reuters. Il a précisé que les forces iraniennes étaient en état d’alerte maximale le long de la côte du Golfe, dans et autour du détroit d’Ormuz et du golfe d’Oman, ainsi qu’aux frontières nord-ouest et sud-est du pays.
S’exprimant vendredi à la Maison Blanche, Trump a déclaré que les pourparlers avec l’Iran se poursuivaient et a affirmé que Téhéran avait des difficultés à payer ses forces de sécurité. « Il y a des discussions. Ils veulent parler. Ils continuent de parler », a-t-il déclaré. « Mais voyez-vous, ils ne paient pas leurs soldats, ils ne paient pas leurs policiers. Ils sont dans une situation très difficile. Et nous avons le temps, franchement. C’est une guerre, mais ce n’est pas une guerre classique. »
Par ailleurs, Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a déclaré samedi que Téhéran avait reçu une lettre du vice-président américain J.D. Vance, mais n’y avait pas encore répondu officiellement, selon l’agence de presse officielle IRNA . M. Rezaei a affirmé que le ton de Washington envers la République islamique avait « complètement changé, et c’est un très bon signe ».
Rezaei a déclaré que Téhéran n’avait pris aucune nouvelle décision concernant sa doctrine nucléaire, mais a mis en garde contre un débat interne sur la question de savoir « si, en cas de nouveau conflit, nous souhaitons maintenir la doctrine inchangée ». Le régime affirme depuis longtemps que son programme nucléaire est pacifique. Cependant, l’Iran a enrichi de l’uranium à 60 %, un niveau pour lequel l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conclu qu’il n’existe aucune utilisation civile crédible.
Mercredi, Trump a déclaré n’avoir pas demandé à Vance d’envoyer la lettre, qualifiant l’initiative de tentative d’aider l’Iran à obtenir du matériel médical. « Il m’a demandé mon avis et j’ai dit que s’il voulait le faire, ça ne posait pas de problème », a déclaré Trump. « En gros, il s’agit d’acheminer du matériel pour aider les personnes malades. »
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré samedi à Al Jazeera que les dirigeants iraniens examinaient la lettre de Vance, la qualifiant de « pas positif », mais a précisé qu’aucune rencontre avec des responsables américains n’était prévue à ce stade. Il a ajouté qu’une délégation iranienne s’était rendue à Doha pour discuter de la proposition de Téhéran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré samedi que Trump « n’avait pas encore pris de décision » quant à la reprise des frappes contre l’Iran et qu’il privilégiait une solution diplomatique, a rapporté Fox News .
S’exprimant lors du sommet du G20 à Atlanta, Rubio a accusé Téhéran d’alimenter l’instabilité au Moyen-Orient par son soutien au Hezbollah, aux Houthis et aux milices soutenues par l’Iran en Irak.
« Où que l’on regarde, on trouve des groupes affiliés à l’Iran qui sapent la paix et la stabilité du Moyen-Orient », a-t-il déclaré. « C’est une menace fondamentale à laquelle nous devons faire face, sans compter leur volonté de se doter de l’arme nucléaire. »
« Ce régime a massacré son propre peuple », a ajouté Rubio. « On peut aisément imaginer ce qu’il ferait à d’autres s’il possédait des armes de destruction massive, ce qui ne sera jamais permis tant que le président Trump sera à la Maison-Blanche. »
Parallèlement, le blocus naval américain, les sanctions et l’obstruction des voies d’exportation terrestres ont paralysé l’économie iranienne, selon un rapport du département du Trésor américain obtenu par Axios. Ce rapport indique que le rial a perdu environ un quart de sa valeur depuis le début de la campagne de pression économique en août, que le taux d’inflation annuel de l’Iran a atteint 90 % en septembre et que le pays n’a pas chargé de pétrole sur des pétroliers depuis le 25 août.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, exhorte Trump à accorder plus de temps à la campagne, baptisée « Opération Exclusion Économique », plutôt que de se précipiter à nouveau dans les hostilités, rapporte Axios . Selon ce même rapport, des responsables américains estiment qu’il est nécessaire de gagner du temps pour déstabiliser le régime et potentiellement persuader les dirigeants iraniens de faire des concessions lors des négociations. Le rapport du Trésor n’affirme pas que le régime soit au bord de l’effondrement.
JForum.fr avec jns
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias lors d’une fête d’Halloween organisée dans son club de Mar-a-Lago, à Palm Beach (Floride), le 31 octobre 2026. Photo : Andrew Harnik/Getty Imag
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