Israël se classe quatrième au monde dans une statistique économique méconnue
Depuis le début de la guerre, le crédit net accordé par l’économie israélienne à l’étranger a atteint environ 350 milliards de dollars, et parallèlement, les investissements directs étrangers en Israël ont progressé d’environ 38 %. Derrière ces chiffres : hautes technologies, cybersécurité, épargne et shekel fort.
1. Depuis le début de la guerre, l’économie israélienne a augmenté ses prêts à l’étranger de 109,75 milliards de dollars (montant net), pour atteindre environ 350 milliards de dollars à la fin du deuxième trimestre, selon les données officielles. Cela représente une hausse de 46 %. Les prêts israéliens au reste du monde sont nets, en termes d’instruments de dette : le volume des prêts accordés par Israël au reste du monde est diminué du volume des prêts contractés auprès d’économies étrangères.
Le volume des prêts nets accordés par l’économie israélienne à des entités d’autres économies à travers le monde représente environ 50,5 % du PIB d’Israël, qui s’élève à 692,4 milliards de dollars selon des données récentes. Israël se classe au quatrième rang mondial en matière de crédit net accordé à d’autres économies par rapport à son PIB, après la Norvège (1 400 milliards de dollars de prêts nets au monde sous forme d’instruments de dette, soit 278 % du PIB, qui s’élève à 504 milliards de dollars), la Suisse (900 milliards de dollars de prêts nets, soit environ 96 % du PIB, qui s’élève à 942 milliards de dollars) et le Japon, dont les prêts nets sous forme d’instruments de dette atteignent 3 200 milliards de dollars, soit près de 72 % du PIB, qui s’élève à 4 470 milliards de dollars.
En Norvège, la richesse qui permet de prêter au monde entier provient principalement des recettes de l’exploitation pétrolière et gazière en mer du Nord. Les recettes fiscales norvégiennes issues de la production de pétrole et de gaz atteindront 686 milliards de couronnes cette année, incluant une taxe marginale de 78 % sur les bénéfices des sociétés productrices, les revenus de l’État provenant de la propriété des puits de pétrole et de gaz, ainsi que les dividendes. Malgré cette importante richesse, la taxe carbone et les redevances qui en découlent font grimper le prix de l’essence à 9,56 shekels le litre – une taxation conséquente destinée à assurer un héritage aux générations futures.
Ce qui permet à la Suisse d’être un pays qui prête au monde, c’est son taux d’épargne des ménages exceptionnellement élevé, en constante augmentation, avec une hausse de 27,4 % du revenu disponible brut, contre 19,6 % en 1995. Les Suisses épargnent sans relâche – certains les qualifient même d’avare – dans le contexte du calvinisme, qui prône l’épargne comme mode de vie et s’inscrit dans la croyance religieuse du courant protestant genevois, dont Genève est devenu le cœur battant.
Contrairement à la Suisse, le Japon, autrefois économe, connaît un vieillissement massif de sa population, ce qui a entraîné une chute du taux d’épargne, passé de 15 à 20 % du revenu disponible dans les années 1970 et 1980 à zéro (ou quelques pourcents), voire à un taux légèrement négatif ces dernières années. L’ampleur des crédits accordés aux pays hors du Japon s’explique par la politique de taux d’intérêt nuls, voire négatifs, pratiquée au Japon depuis 1991, date de la crise économique, jusqu’au début du relèvement des taux d’intérêt ces trois dernières années, ramenés à un niveau plus raisonnable aujourd’hui.
Les Japonais se sont habitués à investir à l’étranger en achetant des obligations américaines à rendement plus élevé pour les fonds de pension et d’épargne japonais plutôt qu’en prêtant au gouvernement japonais à des taux d’intérêt négatifs ou nuls, et la situation est en train de changer radicalement.
La performance remarquable d’Israël repose principalement sur son industrie de haute technologie, parmi les plus performantes au monde, notamment grâce à ses opportunités d’investissement, aux importantes réserves de change de la Banque d’Israël et à l’afflux continu d’investissements directs étrangers qui inondent le marché des capitaux israélien à un rythme exceptionnel. Le taux d’épargne des revenus disponibles en Israël s’est situé entre 12 % et 15 % ces dernières années, contre 10 % à 12 % dans les pays de l’OCDE et environ 14 % à 15 % dans la zone euro.
Une part importante de cette épargne correspond aux cotisations obligatoires légales, que vous connaissez sans doute sous le nom de cotisations retraite, qui varient de 12,5 % à 14,33 %, également versées par l’employeur. Une autre part, que vous connaissez peut-être, est constituée des fonds de formation dont bénéficient une grande partie des salariés et même des travailleurs indépendants.
Une part importante de l’épargne en Israël est consacrée à l’achat d’un appartement et au remboursement du prêt hypothécaire, ce dernier constituant de fait une provision pour la consommation courante (même s’il s’agit d’un remboursement de dette). Une partie de l’épargne israélienne est naturellement placée à l’étranger par l’intermédiaire d’institutions financières, ce qui explique l’augmentation du crédit indirect à l’étranger. Un débat est actuellement en cours concernant l’opportunité de reporter l’âge de la retraite obligatoire afin d’accroître le revenu net disponible des travailleurs.
2. L’un des critères permettant de mesurer la réussite d’une économie dans le contexte économique et commercial mondial est l’investissement direct étranger (IDE). L’IDE est important car il est considéré comme un indicateur de la confiance des investisseurs internationaux dans une économie et de sa viabilité. Il ne s’agit pas d’investissements à court terme, comme les capitaux spéculatifs investis dans les actions ou les obligations, mais d’investissements qui permettent à l’investisseur, qui acquiert des actions ou construit une usine dans une entreprise de haute technologie, de bénéficier de droits de vote au conseil d’administration et de participer à la gestion de l’entreprise. Autrement dit, ce sont des investissements à moyen et long terme.
Le total des investissements directs étrangers en Israël s’élevait à 239,2 milliards de dollars à la veille du 7 octobre 2023. Malgré la guerre, et peut-être aussi grâce aux succès technologiques d’Israël durant ce conflit, ces investissements ont bondi à 329,6 milliards de dollars à la fin du deuxième trimestre 2026, soit une hausse de près de 38 %. La confiance des investisseurs internationaux en Israël est en progression.
Les investissements directs étrangers en Israël ont atteint 30,1 milliards de dollars au premier semestre, contre 10,4 milliards de dollars au premier semestre 2025, soit une hausse de plus de 190 %. Cette progression s’explique par le retour massif des investisseurs étrangers, l’expansion des activités des géants technologiques et une augmentation significative des entrées de capitaux directs par rapport aux deux années précédentes. De nombreuses entreprises technologiques étrangères ayant déjà réalisé des acquisitions en Israël, notamment des géants comme Intel, Microsoft, Nvidia et Google, y exploitent d’importants centres de recherche et développement.
Les acquisitions et fusions, ainsi que l’intégration des entreprises nouvellement acquises aux activités de ces géants, dynamisent l’activité économique en Israël. Il en résulte des profits qui s’accumulent, sont réinvestis dans l’économie israélienne et s’ajoutent au total des investissements directs étrangers, ou dépenses de profit, comme nous le verrons plus loin, selon le bon vouloir de l’investisseur étranger. Parmi ces investisseurs figurent des entreprises de renom et d’autres moins connues : Nvidia, Palo Alto, Google, Cisco, ServiceNow et notre vieil ami Intel, qui continue d’accroître ses investissements en Israël.
Israël, véritable puissance en matière de cybersécurité, attire des investisseurs du monde entier. La cybersécurité demeure un axe majeur des acquisitions d’entreprises étrangères, notamment en raison de la complexité des enjeux de sécurité mondiaux, de la demande croissante de solutions avancées de protection du cloud et de l’intelligence artificielle, et de l’inquiétude grandissante face aux cyberattaques perpétrées par des agents d’IA incontrôlables, comme on le constate aujourd’hui. Ces acquisitions concernent aussi bien les petites et moyennes entreprises que les technologies de traitement des données, les infrastructures d’intelligence artificielle et l’optimisation du matériel et des logiciels pour les modèles. L’accent est mis sur la rationalisation des processus organisationnels, la gestion de données à grande échelle et les outils d’amélioration de la productivité des développeurs.
Un autre secteur d’intérêt, malgré certaines turbulences, est le marché automobile mondial. Ce secteur a continué d’enregistrer des acquisitions ciblées, notamment dans les domaines des technologies de conduite autonome, des capteurs avancés et du traitement d’images de pointe. Le secteur pharmaceutique, quant à lui, a retrouvé son attrait et continue de susciter l’intérêt des entreprises pharmaceutiques et de dispositifs médicaux, ainsi que des multinationales à la recherche d’innovations israéliennes combinant intelligence artificielle en médecine, dispositifs médicaux mini-invasifs et analyse des données cliniques.
Les investissements étrangers totaux en Israël, y compris les titres et autres investissements autres que les investissements directs, se sont élevés à 23,5 milliards de dollars au deuxième trimestre de l’année, après 3,7 milliards de dollars au premier trimestre de l’année, lorsque la panique s’était emparée du monde et du Moyen-Orient avec la reprise des attaques israéliennes lors du déclenchement de l’opération Roaring Hari le 28 février.
Les entreprises israéliennes ont également relancé leurs investissements directs à l’étranger. Au deuxième trimestre, ces investissements ont atteint environ 4,2 milliards de dollars, après 11,7 milliards au premier trimestre. Les Israéliens ont également investi 19,1 milliards de dollars en valeurs mobilières négociables à l’étranger au deuxième trimestre, contre 14,7 milliards au premier trimestre. Le total des investissements israéliens, tous types confondus (prêts, crédits commerciaux et dépôts à l’étranger), s’est élevé à 26,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre 4,7 milliards au premier trimestre.
3. Comme mentionné précédemment, la force de l’économie israélienne repose principalement sur la haute technologie et la cybersécurité, qui font partie des exportations de haute technologie, de production et de défense – notamment après avoir prouvé les capacités des systèmes israéliens de guerre et de défense, et ce dans le contexte d’une guerre sans fin – non seulement au Moyen-Orient, mais aussi en Russie et en Ukraine.
La vigueur des exportations de services d’Israël se traduit par un excédent (exportations de services moins importations de services dans le commerce international) de 18,7 milliards de dollars au premier semestre de l’année, contre un excédent de 17 milliards de dollars au premier semestre 2025. Grâce aux exportations de défense, on observe également une amélioration dans le secteur du commerce des biens, avec un déficit de 5,9 milliards de dollars au premier semestre de l’année, contre 10,4 milliards de dollars au premier semestre 2025.
Le compte des « revenus primaires » d’Israël – qui comprend les revenus des Israéliens provenant de leurs investissements à l’étranger et les revenus complémentaires tirés d’activités professionnelles à l’étranger, diminués des revenus des résidents étrangers provenant d’investissements en Israël et des revenus tirés d’activités professionnelles en Israël – affichait un déficit de 15,6 milliards de dollars au premier semestre 2026, contre 2,6 milliards de dollars au premier semestre 2025. Ce phénomène s’explique principalement par la comptabilisation des bénéfices par les multinationales en Israël ou le versement de dividendes à leurs actionnaires étrangers, ou encore par l’augmentation des charges d’intérêts sur la dette et les investissements étrangers. De nombreuses multinationales opérant en Israël, ou des entreprises locales devenues internationales et dont les actifs financiers ou patrimoniaux sont partiellement situés à l’étranger, transfèrent leurs bénéfices à l’étranger.
L’augmentation de la rentabilité de certains secteurs d’activité étrangers ou multinationaux se traduit immédiatement par le versement de « revenus primaires » à des non-résidents. Ce phénomène explique en grande partie pourquoi, malgré un excédent commercial israélien important et positif pour les biens et services, notamment les services de haute technologie, l’excédent global de la balance des paiements courants de l’économie s’est réduit. Résultat : le déficit de la balance des paiements courants d’Israël s’élevait à 1,35 milliard de dollars au premier semestre de l’année, contre un excédent de 6,6 milliards de dollars au premier semestre 2025.
En conclusion, nous constatons que les fondements de l’économie israélienne sont très solides sur la scène internationale, comme en témoigne la vigueur du shekel face à la plupart des devises mondiales au cours de l’année écoulée, même après sa dévaluation pendant la fête de Souccot. Cette appréciation a permis une réduction significative du coût des importations en Israël, notamment du pétrole, exprimé en shekels. Sans cette vigueur, le prix de l’essence aurait dépassé 8,27 shekels le litre au 1er octobre.
La vigueur du shekel permet à des millions d’Israéliens de voyager à l’étranger, atténuant ainsi le traumatisme des guerres sur tous les fronts. À tel point que l’aéroport Ben Gourion est quasiment saturé par l’afflux de passagers au départ et à l’arrivée, les parkings sont pleins, les taxis sont rares et l’on craint que les bagages n’arrivent pas avec les passagers. L’aéroport Ben Gourion illustre parfaitement la force de l’économie israélienne.
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