Les fêtes de Tichri: joies et nostalgie

Deux témoignages illustrent bien le climat de joies et de nostalgie que suscites les fêtes de Tichri..

Souvenirs de Kippour

Quand nous étions jeunes, dans ma synagogue à Paris, le meilleur moment de l’année c’était la bénédiction des Cohanim de la Neïla.
La cour se remplissait alors de centaines de visages qu’on ne voyait jamais pendant l’année, plein d’entre eux étaient fraîchement arrivé en voiture d’ailleurs, et tout ce beau monde, femmes, enfants, grand-mères, oncles et tantes, se fondait sous les talliths des patriarches pour cinq minutes de rapprochement avec Dieu. D’un seul cœur. D’une seule voix.
Et puis, un jour, le président de la synagogue nous a annoncé qu’on allait « progresser » et arrêter ce balagan. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, dans le respect de la halakha, de la tsniout et des barbes offusquées.
Mais à contre sens de la coutume.
Et la magie de Kippour a disparu, pour moi, avec cette pieuse décision.
Quand Moshe rabbenou, notre maître, a compris que son peuple n’était pas à la hauteur des Tables qu’il ramenait du Ciel, ce sont les Tables qu’il a choisi de briser.
Pas le peuple.
Mais la loi brisée a poursuivi sa route avec nous, en attendant que nous soyons prêts pour elle.
Kippour est terminé. Nous avons été des anges pour une journée. Mais moi, je me souviens encore du Tallith de mon grand père où venait se presser toute la famille, toutes les couleurs, toutes les odeurs, où on se passait de mains en mains ce coing
piqué de clous de girofle, un tallith que prolongeait tous les Tallithot de ses fils et sous lequel, l’espace d’un instant, il n’y avait plus une somme d’individus plus ou moins pêcheurs ou plus ou moins méritants. Juste une tribu, un peuple, heureux et ému.
Ce souvenir toujours me grandit. Mais ce sont mes Tables brisés.
Que jamais les nouvelles n’ont su remplacer.

Bonjour à toutes et tous Hag Sameah Souccot

En cette fête de Souccot (la fameuse fête des cabanes), c’est avec beaucoup de tendresse que je raconte une nouvelle fois cette bonne blague que mon regretté papa ZL se faisait un plaisir de nous raconter chaque année à la table de fêtes de Souccot.
Un voisin très en colère, furieux même, cours au commissariat pour déposer une main courante, contre son voisin, celui ci ayant construit une cabane de bois et roseaux sans autorisation dans le jardin de la copropriété ! Bigre !
Il est reçu par monsieur Marciano Abraham, qui prend soigneusement note de la doléance. Avec énormément de sérieux et précision.
Il promet d’intervenir fermement, et se rend derechef chez le présumé délinquant. Après avoir exposé le motif de sa visite, la décision tant redoutée tombe sans pitié , je vous la livre intégralement pour plus de réalisme, et pour prouver la rigueur de la police : monsieur Lévy, vous avez érigé un bâtiment sur la voie publique, sans permis ni autorisation aucune, par conséquent je vous enjoint de démolir cet ouvrage dans un délai maximum de 8 jours ! Aucun appel ni aménagement possible.!
Huit jours je répète !
Avec une astreinte de une boukha par jour de retard au delà de ce délai !
Ainsi fut tranché sans pitié ce litige entre voisins.

Par L.L
JForum.fr

Une soucca à Jérusalem (Photo : Shutterstock)

 

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