Après les spectacles annulés de Barbara Butch, Amir…

Après Barbara Butch, dont le spectacle a été interrompu à Grenoble en raison des manifestations violentes organisées par LFI, le maire PS de Marseille, a préféré annuler un récital du chanteur Amir.
La lâcheté est le meilleur allié de la censure exigée par les vociférateur antisémites. Elle se fait parfois discrète, pour éviter tout risque d’incident, certains organisateurs de manifestations culturelles ne programment pas les artistes problématiques, sionistes ou supposés tels, bêtes noires de LFI qui distribue les brevets d’antifascisme.
Selon les sondages, une grande majorité de Français exprime son hostilité à la censure et plus encore aux manifestations agressives.
Cependant cette hostilité ne se retrouve pas chez les sympathisants LFI et chez les 18-24 ans.
L’indépendance de la culture vis à vis de la politique semble donc être une vieillerie, jadis partagée, du ministre gaulliste André Malraux aux communistes Louis Aragon et Jack Ralite… Pis. On ne discute plus du sens des œuvres mais des opinons exprimées par les auteurs.
Comme s’il fallait se priver de la lecture de Balzac, en raison de son penchant monarchiste, et, pour les mêmes rasions, de celle de Victor Hugo, avant sa conversion républicaine.
On éviterait également Flaubert, ce réac, et par voie de conséquence, George Sand, devenue sa grande amie.
La censure n’aurait pas de limite. Il faudrait être communiste pour aimer la poésie d’Eluard et celle d’Aragon, mais en ce cas, on se priverait de celle de Saint-John Perse et du théâtre de Paul Claudel.
Je date, je le sais bien, d’un temps où Antoine Vitez jouait Aragon et Claudel. Où la fête de l’Huma invitait le « sioniste » Léonard Cohen et même le réac Johnny Hallyday…

Un temps où le musée d’art moderne, créé par un décret d’André Malraux, rassembla les œuvres du XXème siècle, sans se préoccuper des engagements de artistes.
Il y aurait aujourd’hui des pétitions pour dénoncer les sionistes Chagall, Lipchitz ou même les liens de Jean Arp avec Marcel Jancu, qui s’installa en Israël…
En musique, ce serait un jeu de massacre. On ne permettrait pas à Ivry Gitlis de s’exprimer, car il animait des master class en Israël…
Et il faudrait débusquer les « sionistes », cachés sous un nombre incalculable de chansons, s’agissant des auteurs, des compositeurs, sans parler des grands découvreurs de talents que furent Jacques Canetti ou Mireille…
Aujourd’hui, un parti politique prétend imposer des critères politiques à la culture, quand ce ne sont pas des lois ethniques.
LFI s’oppose à l’essence même de l’art et de la culture, qui réside dans sa diversité et son universalisme.
La censure violente et l’intimidation appuyée sur la lâcheté de certains programmateurs ne sont pas des effets secondaires des passions politiques.
Et il ne s’agit pas seulement de l’antisémitisme ! L’indépendance des artistes, la liberté de création et d’expression sont menacés.

par Guy Konopnick, journaliste et romancier français
JForum.fr

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