Le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan relevé de ses fonctions par l’Assemblée des États membres
L’Assemblée des 125 États membres de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé vendredi de relever de ses fonctions le procureur général Karim Khan, visé par des allégations d’agression sexuelle contre une membre de son équipe, accusations qu’il rejette, ont indiqué à l’AFP plusieurs sources diplomatiques.
Lors d’un vote à bulletins secrets pendant une réunion exceptionnelle et à huis clos au siège de l’ONU à New York, 82 États membres ont voté pour mettre un terme au mandat du Britannique, ont-elles précisé, alors que 63 voix étaient nécessaires. Selon une de ces sources, seuls 13 États ont voté pour le maintenir à son poste.
En mai 2025, le Britannique avait quitté temporairement ses fonctions en attendant le résultat d’une enquête lancée l’année précédente à la suite d’accusations d’une collaboratrice. Il avait ensuite été suspendu en juin par les 21 membres du Bureau de l’Assemblée.
En poste depuis 2021
Karim Khan, âgé de 56 ans et en poste depuis 2021, a toujours rejeté toutes les accusations. Dans une lettre ouverte publiée cette semaine sur X, ses avocats avaient appelé les États membres à ne pas relever le procureur de ses fonctions, affirmant notamment que les procédures permettant à leur client de se défendre n’avaient pas été respectées.
Ils avaient également mis en garde contre le risque d’envoyer un message pouvant mettre en danger l’indépendance des futurs procureurs, une allusion aux dossiers très médiatiques traités par leur client. Karim Khan avait notamment fait les gros titres en 2024 en obtenant des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. La CPI, dont le siège est à La Haye, avait également délivré des mandats d’arrêt contre des hauts responsables du Hamas palestinien, tués depuis.
Une avocate originaire de Malaisie
L’accusatrice s’est exprimée pour la première fois dans les médias la semaine dernière, lors d’un entretien accordé à CNN. La jeune femme présentée comme une avocate originaire de Malaisie appelée Sarah y décrit « une escalade des tentatives ».
« Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas, c’est que M. Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », a-t-elle déclaré.
CPI « corrompue »
Karim Khan avait notamment fait les gros titres en 2024 en obtenant des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. La CPI avait également délivré des mandats d’arrêt contre des hauts responsables du Hamas palestinien, tués depuis.
En raison du dossier contre les responsables israéliens, Karim Khan a été sanctionné par les États-Unis, tout comme plusieurs magistrats impliqués.
« Karim Khan est un exemple emblématique d’une CPI corrompue et de l’abus de l’autorité qu’elle prétend détenir. C’est une bonne chose qu’il soit parti, mais il n’était qu’un rouage mineur dans cette institution irrémédiablement corrompue, » a commenté sur X Tommy Pigott, porte-parole du département d’État américain.
Gideon Saar, le ministre des Affaires étrangères d’Israël, qui comme les États-Unis n’est pas membre de la CPI, a également salué sur X ce renvoi « longtemps attendu » d’un procureur « corrompu » qui avait réclamé des « mandats d’arrêt scandaleux » contre des responsables israéliens « pour tenter de détourner l’attention ».
« Deux points tout aussi importants méritent d’être soulignés », a noté de son côté Liz Evenson, de l’organisation de défense des droits de humains Human Rights Watch, insistant sur l’importance de la CPI comme « juridiction de dernier ressort ».
« Les gouvernements doivent protéger son indépendance et veiller à ce que son travail se poursuive, dans tous les dossiers, » mais dans le même temps, la CPI doit « assurer un environnement de travail sûr avec des mécanismes crédibles et efficaces pour les employés et d’autres victimes d’abus, y compris violence sexuelle ou harcèlement », a-t-elle ajouté.
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