« La neutralité du net » est un concept encore inconnu du grand public. Plus pour très longtemps car, depuis la décision du régulateur des communications américaines (FCC) du 26 février 2015, il est interdit aux fournisseurs d’accès de bloquer arbitrairement des contenus légaux, de ralentir ou d’accélérer les flux de données sans justification ou de prioriser certains contenus transitant par leur réseau moyennant paiement.
Les opérateurs qui détiennent les réseaux physiques des telecoms voulaient que les « gros » utilisateurs du réseau (les diffuseurs de vidéo comme Youtube ou de films comme Netflix) paient plus que les petits pour avoir une plus grosse vitesse.
Aux États Unis, les ménages se branchent sur le net au travers des opérateurs du câble. Ces derniers ont souvent un monopole local, et pour les liaisons haut-débit par exemple, 55 % des Américains n’ont pas la possibilité de faire un choix. Du coup, les prix sont souvent le double de ceux pratiqués en Europe.
Cette décision du FCC est une bonne nouvelle pour les utilisateurs du net, mais surtout un retour sur investissement pour les partisans de la pro-neutralité et en particulier Google, qui avait financé la dernière campagne d’Obama. Grâce à ce dernier, ce puissant lobby a gagné le droit d’être encore plus riche en continuant à prendre une part croissante de la bande-passante sans s’acquitter du prix, comme pour ses impôts en France d’ailleurs.
Plus inquiétant, cette histoire prend un virage monumental vers un contrôle gouvernemental d’internet. En effet, en novembre dernier, Obama annonçait son intention de faire de l’accès à internet un « service public » au même titre que l’accès à l’eau ou à l’électricité et pressait le FCC d’adopter « les règles les plus strictes possible ». Et de conférer aux opérateurs le statut de transporteurs publics alors qu’ils jouissaient jusqu’ici du statut de « service d’information ».
Ce reclassement en « transporteur public » pour « bien d’utilité publique » est certainement une manœuvre habile du gouvernement dont les internautes américains devront se méfier à l’avenir.
Le concept de la neutralité du net sonne bien à l’oreille avec son coté égalitariste, certes louable, mais il faut garder à l’esprit que l’État qui met en place cette idée ne s’est jamais autant ingéré dans la vie privée, ne s’est jamais autant montré contre nos libertés, et n’a jamais montré autant de collusion avec les puissances financières, et le tout pour notre prétendu intérêt ! Y aurait-il anguille sous roche ?
Reste à attendre maintenant la position française, ainsi que la future législation européenne à ce sujet.
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