L’Âme juive, une histoire complexe (vidéo)

La réfutation la plus classique opposée au raisonnement des agnostiques réside en l’insufflation de l’âme dans l’être humain. Quelle est cette âme, et de quoi se compose-t-elle ? Quelle est la différence entre l’âme humaine et celle d’un animal ?

Le mot animal vient du latin « anima », soit doté d’une âme, ou d’un canal de vie dirons-nous.
Lorsqu’il nous arrive de déplorer la disparition d’une personne peu importe le lien qui nous unissait à lui nous lui souhaitons de se reposer en paix et nous savons plus ou moins clairement que son corps a été enterré mais nous ne savons pas tellement ce qu’il advient de son âme car les seules notions que nous possédons sont assez schématisées: le corps enseveli, l’âme s’envole vers le Paradis ? L’Enfer ? Il y a eu des gens qui sont « revenus » de là-bas soit à cause « d’une erreur de tempo » soit pour d’autres raisons qui nous échappent mais souvent ces personnes-là racontent parfois « le procès » dont elles ont été l’objet, les raisons de leur retour, parfois les conditions de leur retour mais, nous n’en savons pas beaucoup plus.
En revanche, les livres émanant de très grands rabbins Kabalistes du XVIème siècle par exemple s’attardent à donner des détails plus intéressants quant à l’âme dès le moment où elle retourne auprès du Créateur et les moyens que nous possédons d’améliorer leur sort, leur condition.
En hébreu, pour une simple traduction littérale, âme peut se traduire par nefesh, rouah, neshama, selon l’acception dans laquelle on comprend le mot âme. Car, l’âme qui est en nous, revêt plusieurs aspects, même si elle est perçue de différentes façons, et selon cinq niveaux qui sont: nefesh, rouah, neshama, haya et yehida.
Nous allons analyser ces différents stades, pour permettre une meilleure compréhension de l’être humain dont le corps n’est que l’aspect physique et concret de l’être, et l’âme représentant le côté ésotérique et abstrait.

On pourrait comparer l’être humain avec son enveloppe et son âme à une mezouza, (parchemin) glissée dans un étui: lorsqu’on doit acheter une mezouza, on investit pour avoir un beau klaf (parchemin), pour que ce klaf ait été écrit par un sofer yiré shamaïm (craignant D.) ; et puis, on investit encore dans un étui, qui va être une parure pour le parchemin.
En ramenant cette comparaison à l’être humain qui figure l’étui, l’homme va essayer de soigner son corps, son apparence, pour offrir à l’âme un habitacle « précieux », ce qui ne signifie pas qu’il faille être outrancier dans les soins et l’élégance, car l’âme, si elle est belle peut se perfectionner et peut ainsi devenir de plus en plus proche de la perfection ; mais nous devons à notre corps un minimum de soin pour être en bonne santé, en bonne forme, et correctement vêtu ,(de manière décente), pour respecter l’âme qui nous a été confiée à notre naissance.

Quelles sont ces « parties d’âme » qui portent chacune un nom différent ?

NEFESH  C’est là le premier niveau de l’âme. Le nefesh ,נפש est le souffle de vie qui nous est insufflé à la naissance et même à la conception, puisque le fœtus s’agite déjà dès la gestation. Mais le nefesh qui nous anime, nous, êtres humains, n’est pas l’apanage des hommes ; car dans les bêtes aussi, D insuffle une âme (nefesh), qui se distingue de l’âme humaine par une appellation différente : nefesh be’hémite, ou l’âme animale, dont la fonction est de respirer, de vivre en relation avec son corps, et dont les fonctions mentales existent. Mais le nefesh désigne le stade primaire de l’âme, la facette concrète de la vie, de ce nefesh qui envahit le corps pour lui permettre d’exister, et qui rend l’équation suivante possible : corps humain + âme (nefesh) = vie. Le nefesh est cette âme qui va autoriser l’action, comme manger, boire, satisfaire aux fonctions vitales et aux fonctions physiques selon l’acception du Maharal de Prague.

ROUAH  Le souffle, mais aussi l’esprit : « Rouah HaShem », le souffle de D., mais aussi l’Esprit ; c’est-à-dire que ce souffle de vie va aussi permettre à notre esprit de fonctionner et de dominer notre corps et ses instincts, et laisser l’intellect sublimer ces derniers, et favoriser la réflexion qui va placer l’homme au-dessus des autres animaux incapables de pensée pour réfléchir. La parole véhicule la pensée. Fonctions émotionnelles également et pas seulement physiques.
NESHAMA  Vient de la racine נשם, respirer. Le souffle va prendre le volume qui lui est imparti dans le corps pour respirer et vivre, car sans air il n’y a pas de vie possible. Ce niveau intermédiaire élève l’âme vers les sommets désormais accessibles de la réflexion, entraînant une prise de conscience, et donc un libre-arbitre qui va diriger l’être humain, vers un choix (le bon ou le mauvais), ce qui va l’aider à façonner sa personnalité. La neshama trouve sa place dans les sphères supérieures et donc, dans l’esprit et l’intellect. Il s’agit de l’essence spirituelle.
HAYA  Haya est l’avant-dernier niveau avant le summum. Lors de la création de l’homme, la Torah enseigne que le Créateur a insufflé un souffle de vie dans les narines de l’homme qui est devenu une âme vivante : nefesh haya. Il appartient à l’homme de capter ce souffle pour qu’il lui serve de gouvernail, et qu’il sache diriger ses pas au cours de sa vie, qu’il sache diriger sa volonté dans les sentiers qu’HaShem a voulu pour l’être humain, pour son bien, son bonheur, son succès et, surtout savoir s’engager vis-à-vis de D…..
YEHIDA  Littéralement ce mot signifie : unité. C’est-à-dire que l’homme en cultivant son âme, en faisant aller son âme selon ses inclinaisons, façonne sa personnalité et son âme selon des critères qu’il a choisis. De cette façon, il réussit à créer un personnage auquel personne ne ressemblera, car cette yéhida sera composée de milliers de facettes qui parviennent de nombreuses origines, goûts….. Si D. donne au départ le même souffle de vie, il sera libre à chacun de le cultiver ou de le laisser en l’état, de devenir un être exceptionnel ou quelqu’un d’ordinaire ne sortant pas des rangs. La yéhida qui réside en nous est ce qui nous rend exceptionnel.

L’être doté d’une essence unique, singulière, ne formera qu’un avec HaShem, et, il devra sublimer ses instincts en unissant ses facultés spirituelles avec le divin.
Ainsi, du degré le plus simple, l’homme se voit offrir tout un éventail de possibilités pour l’action dans l’environnement immédiat jusqu’aux niveaux les plus élevés, en effectuant un mélange et une élévation de l’âme depuis l’action jusqu’à la réflexion. Se faisant, la créature humaine s’élève au-dessus du règne animal par ce pan exceptionnel mis à sa disposition pour se différencier du règne animal, en s’efforçant de s’élever vers les sphères supérieures pour atteindre l’âme divine.
Le Shabbat, l’être reçoit une âme supplémentaire, ou neshama yétéra, qui s’envolera à la fin de ce jour de repos exceptionnel. Cette âme supplémentaire se reçoit en trois fois le vendredi soir et en 3 fois également le shabbat matin ; ainsi la portion de NEFESH se présente à nous, lorsque en chantant « LEKHA DODI », nous nous tournons pour accueillir la Reine Shabbat (shabbat HaMalka) en prononçant l’invitation « boy kala, boy kala », viens ô fiancée ! En nous inclinant, alors que nous sommes debout pour le kadish d’avant la prière du soir « barekhou eth HaShem… » Nous accueillons notre part supplémentaire de ROUAH ; puis en chantant « Hashkivénou », lorsqu’on arrive à « Oufross âlénou… », nous recevons notre part de NESHAMA yitéra (âme supplémentaire). Ame divinePendant la prière de shaharith du shabbat matin, après avoir récité les nombreux cantiques, et que nous entamons, alors, la lecture de Nishmat kol hay (l’âme de chaque être vivant) nous nous trouvons en l’instant précis où se présente la part de Nefesh du shabbat ; puis, le Rouah arrivera avec le début de la Amida (longue prière comportant 18 bénédictions les jours de semaine, mais seulement 7. Nous recevons donc ainsi la part de Neshama yétéra, lors de la répétition de la âmida par l’officiant.
En respirant les parfums des plantes présentées lors de la havdala (cérémonie marquant la fin du shabbat), nous ressentons un petit vague à l’âme à cause de cette séparation, de ce supplément d’âme reçue en ce jour.
Lorsque se présentent à nous des occasions de faire de bons actes (« de bonnes actions ») ou lorsque nous accomplissons des commandements qui nous sont impartis, l’être humain accumule « des bons points », si nous étudions, nous en accumulons d’autres et ce, tout au long de la vie.
Les « pirké avoth » ou maximes des pères sont des maximes pleines de sagesse conseillent de faire « teshouva » c’est-à-dire de « rectifier le tir » dans notre façon d’agir car, dès que l’être exprime sa volonté de se repentir, tout lui est pardonné même s’il ne l’a fait qu’un jour avant le dernier jour de sa vie !!!
Lorsque l’être humain décède ceux qui lui sont proches l’accompagnent à sa dernière demeure mais ce qui l’accompagne jusque devant le Trône Céleste ce sont ses « acquis » soit :ce qu’il a accompli dans sa vie ou ses études, ses bonnes actions, sa conduite et, ceux qui lui sont proches peuvent lui acquérir d’autres mérites, en faisant des bénédictions sur la nourriture en son nom par exemple ou, en dédiant à leur nom des livres : prières/Torah/Tehilim ou un sefer Torah ou quelque chose qui restera dans une synagogue (ce ne sont que des exemples bien entendu).
En principe, lorsque l’âme du défunt est « jugée » il y a comme dans un procès ordinaire, un accusateur et un pour la défense, et il peut y avoir des recours.
Ce qui est certain c’est qu’il est toujours bon pour quelqu’un de prier pour le repos de l’âme d’un défunt, ce qui procure à celui qui « agit » le bénéfice d’une mitsva « gratuite » car il n’en attend, en principe pas de bénéfice il le fait par bonté.
Le délai du deuil en raison de l’importance du degré de parenté existant entre le défunt et celui qui portera le deuil la durée d’observance est variable : ainsi les parents qui ne pourront jamais être remplacés la durée du deuil est de 12 mois (ou 13 en année bissextile). En fait c’est 11 mois pendant lesquels sera récité le kaddish à chaque office puis il y a une interruption d’un mois et on refait un kaddish qui clôture l’année de deuil. Pour un conjoint, un frère/sœur, un enfant, la durée n’est que de 30 jours pour la raison bien simple c’est qu’on ne leur doit pas la vie comme on le doit aux parents. Ce qui est certain (j’ai eu à le vérifier malheureusement), c’est que le deuil se fait ainsi tout doucement mais sûrement.
La récitation du kadish, ou au moins d’une ashkaba et l’allumage de bougies au nom du défunt peuvent « aider » et éviter certaines périodes de « flottement » qui pourraient être décrétées.
Ceci nous permet de comprendre pourquoi lors des célébrations du 9 av et/ou de Yom Kippour nous sommes soumis à 5 interdits tels que ceux-ci (dans l’ordre des niveaux de l’âme : boire et manger (nefesh), s’oindre de crèmes/lotions/parfums (rouah), se laver/se baigner (neshama), porter des chaussures –en cuir- ( haya), relations intimes (yehida).
En résumé, le nefesh concerne la vie biologique, physique, et psychique, le rouah concerne l’intellect et la spiritualité, la neshama concerne la vitalité, la haya concerne la volonté et le désir, la yehida concerne l’essence de l’âme.
Lorsque nous nous intéressons à l’Autre, lorsque nous témoignons intérêt et affection/amour à l’Autre nous procurons au Nefesh tant de réconfort que nous nous en retrouvons renforcés dans nos sentiments et nos actes.
Aimons notre prochain comme nous-mêmes nous en ressortirons plus forts et plus unis.

Caroline Elishéva REBOUH

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2 Commentaires
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Max

Dans cette lecture on comprend qu’on parle seulement du juif quand on parle de kadich ou des prières journalières. Qu’advient il des croyants qui ont une vie saine de d’autres croyances ou religions ? Leurs âmes ne peuvent être que reconnues comme saines et appartenant a tout êtres humain saint. J’aurai aimé lire la description de l’âme humaine ou les différences, s’ils y en a. Mais merci pour cette lecture

Nicole

Je suis juive mais ce que dit cet article je ne le partage pas entièrement

D’abord concernant les animaux – pas de Haya ? Comment expliquez-vous alors QU’À CHAQUE FOIS QUE JE FAIS MON KIDDUSH MES CHATTES VIENNENT ET S’ALLONGENT PES DE MA TABLE DE CHABBAT – et je le dis, cela se passe À C H À Q U E fois !!!

Ensuite, les personnes revenant d’une mort intermittente : en aucun cas elles ont témoigné avoir eu des « procès « – mais elles ont toutes dit la même chose concernant IMANOUEL le mashiah’ ET qu’on leur avait fait défiler leurs actions du temps de leur vie terrestre pour qu’elles constatent PAR ELLES-MEMES…ce qui n’allait pas et ce qui allait…

Au lieu de réfuter ou d’écrire des choses inexactes il faut peut-être qu’on commence à faire notre ménage chez nous déjà…

Surtout si on lit Isaïe 7 – puis chapitre 11versets 10 et 11 et ZACHARIE 14…

Ou là là !!!

Dernière modification le 1 mois il y a par Nicole