Maintenant les vols vers Ouman seront financés

Le gouvernement israélien a confirmé la mise en place d’un budget exceptionnel destiné à financer les déplacements de milliers de pèlerins orthodoxes vers l’Ukraine à l’occasion de Rosh Hashana. Une enveloppe de 10 millions de shekels, soit environ 2,6 millions d’euros, sera mobilisée afin de couvrir une partie des frais logistiques de ce voyage annuel qui attire près de 50 000 fidèles, principalement des hassidim de Bratslav.

Une décision gouvernementale coordonnée
Lors d’une réunion réunissant plusieurs membres clés de l’exécutif, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président du parti Shas, Arié Derhy, il a été décidé de constituer un « pool budgétaire » rassemblant cinq ministères : Transport, Affaires étrangères, Intérieur, Jérusalem et Tradition. Chacun d’entre eux contribuera à hauteur de 2 millions de shekels pour atteindre le montant total de 10 millions.

Cet argent doit permettre de renforcer les infrastructures d’accueil, financer la sécurité, louer du matériel spécifique et soutenir les dispositifs de transit des voyageurs. Comme les liaisons directes vers l’Ukraine sont interrompues depuis le début de la guerre, la Moldavie est devenue le principal pays de passage. La majorité des pèlerins transitera par cet État voisin avant de rejoindre Ouman, lieu de la sépulture du Rabbi Nahman, figure centrale du mouvement hassidique.

La Moldavie au cœur du dispositif
Une partie du financement devrait être transférée aux autorités moldaves afin d’améliorer l’accueil des pèlerins. Toutefois, ce point soulève des réserves au sein même du gouvernement. Plusieurs participants à la réunion ont exprimé leur étonnement, soulignant qu’il est inhabituel qu’Israël finance directement des infrastructures dans un pays tiers. Un comité de négociation a été chargé de discuter avec Chisinau pour tenter de réduire la somme demandée et d’obtenir un accord final.

La question sensible des réfractaires
Au-delà des enjeux financiers et diplomatiques, l’affaire revêt une dimension hautement politique et militaire. Arié Derhy a insisté sur la nécessité de coordonner le dispositif avec Tsahal et le ministère de la Défense afin de garantir la possibilité, pour certains jeunes en délicatesse avec leurs obligations militaires, de participer au pèlerinage. Selon les estimations, près de 10 000 jeunes hommes soumis à la conscription – dont certains considérés comme déserteurs ou réfractaires – souhaitent se rendre à Ouman pour Rosh Hashana.

Derhy a défendu cette position en précisant qu’il s’agissait d’un déplacement religieux, et non d’un voyage de loisirs. L’argument vise à convaincre les autorités militaires et judiciaires d’assouplir temporairement les restrictions pour ces jeunes. Mais la décision finale revient à la procureure générale Gali Baharav-Miara, qui doit encore se prononcer sur la légalité d’un tel dispositif.

Entre religion, politique et argent public
Ce financement public du pèlerinage soulève des critiques en Israël, où certains dénoncent une utilisation disproportionnée de l’argent des contribuables au profit d’un électorat religieux spécifique. La situation est d’autant plus sensible que le pays traverse une période de tensions économiques et sécuritaires, rendant chaque allocation budgétaire particulièrement scrutée.

Pour ses partisans, la mesure est présentée comme une réponse pragmatique à un besoin logistique, destiné à éviter le chaos et à garantir la sécurité de dizaines de milliers de voyageurs. Pour ses opposants, elle traduit au contraire une forme de clientélisme politique, qui instrumentalise la religion pour obtenir des soutiens électoraux, au détriment de l’intérêt général.

En débloquant 2,6 millions d’euros pour financer un pèlerinage religieux et en envisageant de faciliter le voyage de jeunes réfractaires, le gouvernement israélien confirme son choix de privilégier une frange particulière de la population. Cette décision, qui mêle religion, politique et argent public, illustre une dérive inquiétante : celle d’un exécutif qui pratique le clientélisme au détriment des citoyens israéliens, contraints de payer la facture.

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3 Commentaires
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Pitch2001

Soit , mais n’y a -t il pas d’autres priorités actuellement ? Tels que soins médicaux a nos GUIBORIM blesses , Aides psychologiques , Aide a la réinsertion après leur Milouin….Ces versements vers une population bien distincte ne fait qu’attiser la haine des israéliens les uns contre les autres . Perso, je trouve cette idée de financement pour ce voyage a Ouman très mauvaise et mal orientée .

Joseph

Israël n’est pas une théocratie et n’a pas à financer des pèlerinages religieux, aujourd’hui Ouman, demain Djerbah…etc et qui sait au vu de cela la cour suprême pourrait exiger qu’Israel participe au financement du pèlerinage a La Mecque des israéliens musulmans ou a celui a Lourdes des israéliens chrétiens , au nom de l’égalité entre tous les citoyens.

Joseph

Une bêtise…..