Les percées réalisées, depuis le coup d’Etat des Houtis pro-iraniens, qui ont renversé le gouvernement yéménite à Sanaa, ont été orchestrées à partir de Téhéran et Washington. Les renseignements américains et la mise en place d’un partage de la logistique américano-iranienne ont aidé les Houtis à atteindre leurs buts, qui sont encore confinés, pour l’instant, à certaines régions du centre du Yémen et de toute sa partie Nord.
Vendredi 6 février, les rebelles ont dissout le Parlement et pris le pouvoir dans ce pays de 24 millions d’habitants. Ils ont offert le pouvoir à un Conseil révolutionnaire. Le Président Abed Rabbo Mansour Hadi et son cabinet, contraints à démissionner, le mois dernier, sont en maison d’arrêt.
Les sources saoudiennes des renseignements proches de Debkafile révèlent que la personnalité dominante à l’origine de ce soulèvement n’est autre qu’Ali Abdullah Saleh, Président du Yémen, de 1990 jusqu’à son éviction en 2012.
Membre de la branche Zaydi de l’Islam chi’ite, tout comme les Houtis, il les a menés au pouvoir avec le même enthousiasme qu’il a combattu leur propre insurrection au cours de ses années à la tête du pays. En ralliant ses partisans au sein de l’armée, des services de renseignement et de la sécurité, il a permis aux rebelles de s’emparer de ces départements du gouvernement et de prendre le contrôle du régime Hadi en ne se voyant opposer qu’une résistance résiduelle.
Ils se sont également avérés en mesure de réquisitionner l’équivalent d’une valeur de 400 millions de $ de matériel et de munitions américaines.
Les Houtis se désignent secrètement comme « l’Ansar Allah » et ils ont adopté les slogans de « mort à l’Amérique, mort à Israël » qu’on entend habituellement dans les défilés et manifestations parrainés par le gouvernement, dans les villes et les squares du Téhéran révolutionnaire.
En plein milieu de la tourmente politique à Sanaa, les Etats-Unis ont repris dimanche les frappes aériennes de drones contre l’AQPA (Al Qaïda).
Les six pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe, dirigés par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, d’obédience sunnite, ont diffusé un communiqué, samedi 7 février, appelant le Conseil de Sécurité de l’ONU à « mettre un terme à ce coup d’Etat, qui constitue une escalade inacceptable, dans toutes les circonstances ».
Le jeu tactique irano-américain est la conséquence du fait que différentes régions du Yémen sont tombées sous l’emprise de deux forces radicales anti-américaines : les Houtis soutenus par Téhéran et Al Qaïda de la Péninsule Arabique (AQPA).
Le nouveau Roi d’Arabie Saoudite Salman débute son règne, alors que le royaume est pris en étau par cette double-menace, de la part de son voisin du Sud, le Yémen – dominé par un pion iranien et une branche hyperactive d’Al Qaïda (qui clame sa responsabilité dans les massacres de Charlie-Hedbo en France).
Revendication, par AQPA, du massacre de Charlie-Hebdo, alors que Coulibaly, à l’HyperCacher s’affirmait membre ou/et envoyé de l’Etat Islamique.
Il y a dix jours, lorsque le Président américain Barack Obama s’est rendu en visite à Riyad,le monarque saoudien a exprimé ses inquiétudes au sujet de cette situation alarmante en développement au Yémen. Cependant, Obama ne lui a répliqué que de façon évasive, par des remarques générales.
A Washington, les porte-parole de l’Administration ont tenté, samedi, de verser encore de l’huile sur le feu du trouble provoqué par le soutien américain aux grandes manoeuvres iraniennes à Sanaa et le retour d’Abdullah Saleh sur la scène yéménite.
« Nous acceptons de parler à tout le monde », a déclaré un responsable américain, expliquant que les Etats-Unis sont prêts à s’adresser à n’importe quelle faction yéménite désireuse de combattre Al Qaïda.
Ses collègues ont vainement essayé de minimiser l’importance jouée par la main de Téhéran dans le coup d’Etat Houti. « Les Houtis obtiennent un soutien de la part de l’Iran, mais ils ne sont pas contrôlés par l’Iran », s’est cru autorisé à affirmer un autre responsable à Washington.
Nos sources militaires révèlent que le Yémen n’est pas le seul tremplin stratégique des réalisations conjointes américano-iraniennes, sur le plan des renseignements et des forces armées. Le second acte s’accélère en Irak.
L’Arabie Saoudite, les Emirats du Golfe, la Jordanie et Israël, en conséquence, observent cette coopération américano-iranienne en pleine évolution, dans la lutte contre diverses appartenances à Al Qaïda dans la région, avec de mauvais pressentiments profonds, de peur que ce ne soit simplement qu’une façade masquant le fait que l’Administration Obama ait complètement épousé les ambitions régionales de Téhéran.
Il est difficile, pur ces gouvernements, de cacher leur état d’esprit, alors qu’ils soupèsent quelle est la menace la plus aiguë contre leur sécurité nationale : l’accord nucléaire américano-iranien, en train de prendre forme, ou le mano-en-la mano de Washington et Téhéran, au Yémen et en Irak.
DEBKAfile Analyse Exclusive 8 février 2015, 7:55 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski.
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