A-Wa. Quand 3 sœurs israéliennes cartonnent dans le monde arabe

Article du Point. En arabe, A-Wa (prononcez « Aïwa ») veut dire oui. Comme oui, au message d’unité qu’elles véhiculent dans le monde arabe.

Issues d’une famille juive yéménite exfiltrée en Israël en 1949, les sœurs Haim (Tair, Liron et Tagel) ont grandi dans une maison construite en plein désert, à Shaharut, à la frontière israélo-jordanienne, par leur père architecte écolo et leur mère thérapeute holistique.

Avec leurs grands-parents, elles chantent des piyyout, des poèmes liturgiques en hébreu et en araméen.

Aux cérémonies de henné, elles apprennent aussi les chants traditionnels arabes des femmes yéménites illettrées, « des textes directs, simples et impertinents, créés dans l’instant, de manière intuitive, un peu comme le rap ».

En 2010, devenues musicienne, architecte et graphiste, elles retournent vivre chez leurs parents et créent leurs premières chansons, qu’elles postent sur YouTube.

Sorti en 2016, leur premier titre, « Habib Galbi », est tout de suite devenu un tube dans le monde arabe.

Si elles ont percé dans le monde arabe, c’est aussi parce qu’au départ elles ont laissé planer le doute sur leurs origines.

« Notre village ressemble au Yémen et, en voyant notre vidéo, les gens pensaient que nous venions de là. Puis ils ont réalisé qu’on est arabes juives israéliennes yéménites, mais ils ont continué à écouter notre musique. Depuis, nous recevons souvent des messages de Yéménites qui sont fiers que nous diffusions leur culture, même si nous sommes juives », s’enthousiasment-elles.

Trois ans plus tard, elles sortent un deuxième album inspiré par leur arrière-grand-mère, Rachel.

« Le titre de l’album « Bayti fi rasi » traite du statut des réfugiés qui repartent de zéro dans un nouveau pays, à travers ses yeux à elle.

A 30, 33 et 36 ans, elles vivent toutes à Tel-Aviv et sont attristées par le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions, qui encourage les artistes à ne pas se produire en Israël.

« Le boycott n’est jamais une solution. On punit une population et des artistes qui n’ont rien à voir avec les décisions du gouvernement. »

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