Le chef politique rebelle au Yémen tué dans une frappe, menaces de vengeance
Newly recruited Huthi rebel fighters chant slogans in the Yemeni capital Sanaa on July 16, 2017Mohammed HUWAIS (AFP/File)
Le plus haut responsable politique des rebelles au Yémen a été tué dans une frappe de la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, ont annoncé lundi les rebelles houthis, menaçant de venger sa mort.
Il s’agit d’un coup très dur pour ces insurgés, en guerre contre le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, aidé depuis mars 2015 par une coalition de plusieurs pays commandée par le royaume saoudien, voisin du Yémen.
Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi à Ryad, le 21 janvier 2013FAYEZ NURELDINE (AFP/Archives)
Sur un autre front du conflit, des dizaines de personnes participant à une cérémonie de mariage ont été tuées ou blessées dimanche soir dans des frappes dans le nord-ouest du Yémen, présentées par les rebelles comme une nouvelle bavure de la coalition menée par l’Arabie saoudite.
Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé « une enquête rapide, efficace et transparente » sur cette attaque qu’il a « fermement condamnée ».
Saleh al-Sammad, mort « en martyr »
Le 19 avril, Saleh al-Sammad, chef du Conseil politique suprême de la rébellion, est « tombé en martyr » dans une frappe de cette même coalition sur la province de Hodeida (ouest), ont annoncé les rebelles dans un communiqué diffusé par leur agence de presse Saba.
C’est le plus haut responsable rebelle à être tué depuis le début du conflit.
Son nom figurait sur une liste de 40 responsables houthis dévoilée en novembre 2017 par l’Arabie saoudite qui a mis à prix leur tête avec des récompenses totalisant 440 millions de dollars (360 millions d’euros).
Sammad a été remplacé comme chef du Conseil politique par Mehdi Hussein al-Machat, selon le communiqué.
Des sources gouvernementales yéménites ont confirmé, sous le couvert de l’anonymat, que « Sammad a été tué par une frappe de la coalition jeudi dernier dans le secteur de Brihi », au sud-ouest de la ville de Hodeida, chef-lieu de la province du même nom.
La coalition elle-même n’a pas commenté dans l’immédiat ces informations.
Un combattant yéménite favorable au président Abd Rabbo Mansour Hadi, regarde de la fumée s’élever au loin, dans la province de Marib, le 10 avril 2016NABIL HASSAN (AFP)
Menaces de vengeance
Mais le chef suprême des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a promis de venger la mort de Sammad, dans une déclaration diffusée par la télévision des Houthis, Al-Massirah.
« Ce crime ne restera pas impuni », a-t-il lancé. « Les forces de l’agression, à leur tête l’Amérique et l’Arabie saoudite, doivent assumer les conséquences » de cet acte.
Selon lui, six autres personnes ont péri avec Saleh al-Sammad.
C’est lui qui avait, début avril, proclamé 2018 « l’année balistique par excellence », en allusion aux missiles tirés contre le royaume saoudien par les rebelles.
Depuis novembre, les Houthis ont tiré plusieurs missiles balistiques vers l’Arabie saoudite, qui ont été interceptés par la défense anti-aérienne.
Lundi, les médias d’Etat saoudiens ont annoncé l’interception de deux nouveaux missiles balistiques tirés par les Houthis vers la province de Jizan (sud).
Selon la chaîne Al-Massirah, un missile a visé une installation de l’entreprise pétrolière Aramco. Ryad n’a rien dit à ce sujet.
La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a été lancée pour aider le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi à stopper la progression des Houthis pro-iraniens qui s’étaient emparés de vastes pans du territoire du Yémen, dont la capitale Sanaa.
Trois ans plus tard, le pays est toujours meurtri par les violences, sans aucune solution politique en vue.
Ce conflit a fait près de 10.000 morts et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU.
(Avec agences)
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