Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a ordonné auprès du ministère des Affaires étrangères, une réduction budgétaire d’un million d’euros du financement d’Israël aux Nations Unis, au lendemain du vote de la résolution de l’UNESCO critiquant la souveraineté de l’Etat hébreu sur Jérusalem-Est.

« C’est le prix du harcèlement », a justifié Netanyahou lors du rendez-vous hebdomadaire de son cabinet.

Plus tôt mercredi, l’ambassadeur d’Israël en Suède a été convoqué « pour réprimande » par le ministère des Affaires étrangères, après le vote de son pays en faveur de ce texte, ont rapporté des sources diplomatiques

Dans un communiqué publié sur son site internet, le gouvernement suédois s’est félicité des « efforts constructifs de la Palestine et la Jordanie » pour parvenir à ce texte et a motivé son vote en faveur de la résolution par le fait que celle-ci ait pris en compte « les amendements proposés par l’Union européenne ».

Stockhom qualifie ensuite la résolution d' »acceptable ».

Cet incident intervient après que la ministre israélienne de la Culture Miri Regev a dévoilé son intention de demander la fermeture du quartier général des Nations-Unies à Jérusalem dans le quartier d’Armon Hanatziv (Talpiot-Est) en réaction au vote de mardi.

Pour la ministre, l’Etat hébreu est souverain à Jérusalem depuis plus de 50 ans et la capitale d’Israël n’a aucunement besoin « de la présence d’observateurs du genre de l’ONU », faisant référence à l’antenne officielle de l’organisation à Jérusalem-est.

Miri Regev le 21 juin 2015 à Jérusalem
DAN BALILTY (POOL/AFP/Archives)

Attribué en 1967 à l’Unesco, ce bâtiment situé à Armon Hanatziv (Talpiot-Est) a été désigné pour loger les observateurs chargés de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et ses voisins arabes après la Guerre des Six Jours. Il est aujourd’hui sous le contrôle de l’ONUST (organe de l’ONU chargé de la surveillance de la trêve) et de l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

L’Unesco a adopté mardi à une large majorité une résolution rejetant la souveraineté d’Israël sur toute une partie de Jérusalem, le jour des célébrations des 69 ans de l’indépendance de l’Etat hébreu.

Une fois l’adoption prononcée, de nombreux autres responsables politiques israéliens ont immédiatement fustigé le texte, notamment le leader de l’opposition Yitzhak Herzog qui a qualifié la résolution d’antisémite.

« Cette résolution est honteusement antisémite et anti-israélienne. Elle déforme l’histoire du peuple juif et sa connexion indéfectible à sa capitale, Jérusalem », a-t-il dit, ajoutant que cette « décision misérable, sans fondement et agressive, se retrouvera dans la poubelle de l’histoire ».

L’ambassadeur d’Israël à l’Unesco Carmel Shama-Hacohen a de son côté tenté de nuancer la situation en affirmant qu’en dépit de l’adoption de la résolution, les résultats du vote des pays membres sont une « grande réussite diplomatique ».

Le siège de l’Unesco, à Paris, le 31 octobre 2011
AFP

« Le soutien à Israël a presque doublé et s’est répandu en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe de l’Est », a-t-il affirmé.

Shama-Hacohen a rappelé qu’une résolution similaire adoptée à l’Unesco en octobre dernier, n’avait été condamnée que par les États-Unis.

« Voter contre un pays le jour de son indépendance est un nouveau coup bas des pays arabes, mais les résultats sont une [surprise] pour eux », a-t-il expliqué.

Source : I24 News
 

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