Trois bagarreurs nommés par Donald Trump à la Sécurité Nationale

Top left, clockwise, Mike Pompeo, Michael Flynn, Donald Trump, and Jeff Sessions (Pompeo photo: Win McNamee/Getty Images; Flynn photo: Alex Wong/Getty Images; Trump photo: Chip Somodevilla/Getty Images; Sessions photo: Jeff Swensen/Getty Images)

En haut à gauche,dans le sens des aiguilles d’une montre : Mike Pompeo, Michael Flynn, Donald Trump et Jeff Sessions (Pompeo photo: Win McNamee/Getty Images; Flynn photo: Alex Wong/Getty Images; Trump photo: Chip Somodevilla/Getty Images; Sessions photo: Jeff Swensen/Getty Images)

WASHINGTON (JTA) — Les hommes du Président : des passés controversés marqués par des déclarations incendiaires et une loyauté féroce envers Donald Trump.

A en juger par les effets d’annonce qui circulent depuis vendredi, la Maison Blanche et le Cabinet ressemblera plus à ce que souhaite Stephen Bannon, plutôt que Reince Priebus.

Ceux-ci sont, respectivement, le conseiller stratégique principal de Trump et son chef d’Etat-Major prévu.

Les personnalités annoncées : le Républicain Mike Pompeo, représentant de l’Arkansas, à la CIA ; le Sénateur Jeff Sessions, Républicain de l’Alabama, comme Procureur Général (Ministre de la Justice) et le Général Mike Flynn en tant que Conseiller à la Sécurité Nationale – sont plus étroitement identifiés avec le populisme de « centre-droit rebelle » de Bannon qu’ils ne le sont avec la réputation de Priebus d’aller piano-doucement pour aller loin-sano (plus « modéré »).

Bannon était le PDG de Breitbart News, un site internet férocement conservateur connu pour sa vision sombre de l’immigration, contre un gouvernement fort, opposé au consensus sur le changement climatique, et en colère contre les médias « libéraux ». Bannon s’en est servi comme tribune, exposant son programme pour la promotion de la vision de l’alt-right, qui comprend, parmi ses disciples, des franges réputées (par leurs détracteurs démocrates) antisémites, nationalistes blancs, misogynes et homophobes, ainsi que d’autres radicaux, même s’ils rejettent de telles opinions outrancières. On sait que sa nomination a provoqué la consternation de certaines associations juives en pointe, même si elles n’ont pu lui attribuer de propos afférents (ADL).

Priebus, par contre, cet habitant du Middle-West, qui dirige la Commission Nationale Républicaine, est un pur produit de l’Establishment et il s’entend très bien avec le spectre Républicain classique. Il est même connu comme un bonimenteur (schmoozer en Yiddish) impénitent, bavardant pas mal avec ses homologues de la Commission Nationale des Démocrates.

Les annonces de vendredi peuvent constituer un premier indicateur de la Bannonisation de la Présidence de Trump.

Mais encore, on peut relever des signaux attestant que l’approche personnelle et agressive de Trump, au cours de la campagne, pourrait être transposée et se poursuivre durant sa Présidence : Sessions faisait partie d’une première liste restreinte, jusqu’à ce que le New York Times (l’organe de propagande officielle des Clinton) diffuse un article jeudi 17 novembre, sur les propos racistes qu’il aurait tenu par le passé.

Quelle a été la réaction de Trump? En moins d’une heure, son équipe de transition a diffusé un rare communiqué, disant que Trump était « incroyablement impressionné » et, ensuite, vendredi, on a publié la nouvelle que Sessions était bien assuré d’obtenir le poste en tant que Premier Magistrat.

Cette nomination pourrait bien être un signal de la prédilection de Trump à coller directement à ses critiques pour répliquer du tac-au-tac, particulièrement dans les médias, ou à récompenser la fidélité de ses partisans de la première heure.

Voici quelques remarques préliminaires sur la carrière des nominés, en examinant leurs orientations d’un point de vue juif et pro-israélien.

Mike Pompeo, Directeur de la CIA

Rep. Mike Pompeo (R-KS) holding a press conference at the U.S. Capitol, in Washington, D.C., March 1, 2012 (Win McNamee/Getty Images)

Rep. Mike Pompeo tenant une conférence au Capitol à Washington, D.C., 1er Mars, 2012. (Win McNamee/Getty Images)

Pompéo a exprimé des points de vue tranchés au sabre sur la façon de gérer les affaires avec l’Iran – mais il est aussi l’unique choix fait par Trump vendredi, qui se soit attiré un ronronnement amical de la part de l’establishment, même de la part des Démocrates.

 » Bien que nous ayons eu notre part d’échanges et de fortes divergences entre nous, je reconnais que c’est quelqu’un qui a la volonté d’écouter et de s’engager, qui sont deux qualités majeures au poste de Directeur de la CIA », a déclaré sur Twitter le Représentant au Congrès Adam Schiff, Démocrate de Californie, un Député juif qui est le premier membre de son propre parti à la Commission des Représentants du Congrès sur le Renseignement, où Pompéo a aussi joué un rôle important.

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CNN a cité l’ancien directeur de la CIA Mike Hayden, un détracteur de premier plan de Trump au cours de la campagne, disant qu’il trouve très « encourageant » que Pompéo fasse partie des probables heureux élus au cours de ces cooptations.

Pompéo, qui plus est, a été l’un des principaux détracteurs de l’accord avec l’Iran de l’an dernier, qui a négocié la levée des sanctions, ce qui le met sur la même ligne que la plupart des membres de centre-droit du Congrès, favorables à la position israélienne. C’est un soutien fiable d’Israël et en novembre dernier (2015), il a fait l’éloge du Premier Ministre Binyamin Netanyahu, après leur rencontre lors d’une tournée en Israël.

Ce Républicain du Kansas a soutenu le vote du Congrès cette semaine sur une extension de 10 ans des sanctions contre l’Iran, qui sont actuellement sous veto présidentiel d’Obama, qui défend bec et ongles son accord avec les Ayatollahs.

« Maintenir les sanctions contre les programmes d’armement de l’Iran fait partie intégrante de l’attention portée à la sécurité des Américains » a déclaré Pompeo dans un communiqué. « Ré-autoriser les interdictions existantes pour une durée supplémentaire de dix ans au moins permettra au Président élu Donald Trump et au Congrès d’avoir un terrain solide à partir duquel poursuivre une action supplémentaire contre la République Islamiste d’Iran ».

L’Iran fait voir rouge Pompéo. Le proverbe qui a cours parmi les détracteurs de l’accord iranien est que renforcer les sanctions est le meilleur moyen d’éviter une guerre. En 2014, Pompéo avait déclaré aux reporters que la guerre pouvait aussi être le bon chemin à suivre.

« Selon une évaluation non-classifiée, il faudrait environ 2000 sorties aériennes pour détruire complètement la capacité nucléaire iranienne. Cela ne représente pas une mission insurmontable pour les forces de la coalition », l’a t-on cité sur ABC Radio.

Pompéo, ancien officier de l’Armée et Républicain du Tea Party, divergeait des autres Républicains enquêtant sur les attaques de 2012 contre le consulat américain à Benghazi, en Libye, qui ont fini par blanchir  Hillary Clinton, alors Secrétaire d’Etat et plus tard candidate Démocrate à la Présidence, de toute culpabilité. Il s’est aussi opposé aux efforts visant à répondre au changement climatique.

Jeff Sessions, Procureur Général

Alabama Senator Jeff Sessions pledging his commitment to Donald Trump at a rally at Ambridge Area Senior High School in Abridge, Penn., Oct. 10, 2016. (Jeff Swensen/Getty Images)

Sen. Jeff Sessions de l’Alabama proclamant son engagement envers Donald Trump lors d’un rassemblement à Abridge, Pa., le10 Oct. 2016. (Jeff Swensen/Getty Images)

Avant de devenir Sénateur, Sessions était Avocat américain dans l’Alabama et il escomptait devenir Juge Fédéral. Le Président Donald Reagan l’avait nommé au Tribunal Régional du District. Ses auditions litigieuses de confirmation avaient fait les gros titres à l’époque, bien qu’avec les années, l’événement ait été obscurci par des luttes plus âpres pour l’obtention de postes à la Cour Suprême des Etats-Unis.

Des allégations d’alliance de Sessions avec des  racistes et suprématistes blancs, alors qu’il était procureur, ont menacé sa nomination. Le témoignage qui a fait le plus de dégâts à sa réputation d’impartialité, et que Sessions n’a pas démenti, remonte à l’époque de 1981, quand un collègue, Gerald Hebert avait partagé avec lui, avec stupéfaction, le fait qu’un Juge avait réprimandé un avocat de la défense Blanc en déclarant comme un « déshonneur pour sa race » d’avoir pris la défense de clients Noirs.

Sessions avait répliqué, selon Hebert, dans des compte-rendus parus dans de multiples publications  : » Eh bien, peut-être qu’il l’est (« une honte pour sa race »). Cela a pu contribuer à saborder les espoirs de Sessions pour l’obtention du précieux sésame.

Sessions a été le premier Sénateur à approuvé la candidature de Trump et il est devenu un de ses conseillers les plus proches. Le Centre Juridique sur la Pauvreté dans le Sud, qui travaille étroitement avec des groupes Juifs contre les Préjugés, désigne cette intimité de Sessions avec le Président élu une « véritable tragédie ». Sessions s’est vigoureusement opposé à la Loi contre les Crimes de Haine, qui étendait l’ampleur de la capacité fédérale à poursuivre des crimes motivés par la haine ethnique ou/et raciale- un projet de loi fortement soutenu par les groupes libéraux juifs de défense de droits civiques.

Le Gen. Mike Flynn, Conseiller à la Sécurité Nationale

Lt. Gen. Michael Flynn in Washington, D.C, Feb. 4, 2014. (Alex Wong/Getty Images)

Le Lt. Gen. Michael Flynn à Washington, D.C, 4 février 2014. (Alex Wong/Getty Images)

Flynn, le chef des Renseignements Militaires limogé par le Président Barack Obama, à cause d’allégations disant que l’Agence était en plein désarroi sous sa présidence, est l’un des suppléants de Trump les plus incendiaires.

Lors de la convention républicaine de juillet, lorsque Trump et d’autres parmi ses suppléants, comme le Gouverneur Chris Christie du New Jersey et l’ancien Maire de New York Rudy Giuliani, ont réclamé à l’auditoire jusque-là tranquille, que Clinton soit envoyée en prison, Flynn les y a encouragés. Signalant l’influence que Flynn peut avoir sur Trump, en moins de quelques semaines, Trump a inversé le cours des priorités, exigeant lui aussi que Clinton aille en prison si lui-même était élu (A la suite de son élection, Trump a complètement changé son fusil d’épaule, si’l n’a pas complètement démenti cette promesse)

Flynn partage également le mépris de Trump pour la nuance dans la critique à boulet rouge du « militantisme » musulman. A la grande différence de la majorité des Républicains, qui ont tendance à différencier les « Islamistes » ou les « djihadistes radicaux », ou d’autres variantes de l’islam spécifiquement radical, Flynn prend entièrement pour cible la globalité de cette confession.

La phobie des Musulmans est un sentiment rationnel« , a t-il dit dans un Tweet en février, qui a fait le tour des réseaux sociaux.

De façon plus directement troublante polur les Juifs, en juillet, Flynn a retweeté un message relié à un récit d’article sur CNN, dans lequel la campagne Clinton accusait la Russie d’avoir dérobé tous les e-mails ou presque de la Commission Nationale Démocrate.

Le commentaire de Flynn inscrit dans le renvoi du message était incendiaire, mais loin d’être atypique : « La machine Démocratique corrompue fera et dira tout pour l’empêcher : #JamaisHillary au pouvoir. C’est un strict mininum.”

Mais ce qu’il y avait de choquant est que le tweeteur de qui Flynn approuvait la réplique du message , »Saint Bibiana », portant l’avatar d’un soldat confédéré, ne faisait pas qu’accuser les Démocrates : « C’est l’URSS qu’il faut accuser! » disait Saint Bibiana. « Plus à présent, les Juifs! Plus à présent [vous ne dominerez l’Amérique-] ».

Flynn a supprimé son tweet et présenté des excuses.

Lors de débriefings de sécurité avec Trump, Flynn a mis en garde des responsables des renseignements qui avaient accusé la Russie de commettre des cyberattaques. Flynn a été payé pour des conférences à Moscou et il a participé à un dîner officiel avec le Président russe Vladimir Poutine. La proximité d’un conseiller à la sécurité nationale avec un régime qui s’est allié à l’Iran dans une alliance militaire avec le régime Assad en Syrie, peut certainement déranger plus d’un au sein de l’appareil de sécurité israélien.

« Le Président élu serait mieux servi par quelqu’un doté d’un scepticisme sain quant aux intentions ultimes de la Russie » a déclaré Schiff dans un communiqué

La société privée de consulting en renseignements de Flynn a aussi travaillé avec des clients turcs dont un proche d’Erdogan. Flynn a affirmé qu’il se désinvestirait de sa société personnelle s’il entrait au service du gouvernement.

Les secrétaires d’Etat

Toute une rangée de noms ont été mentionnés pour être désignés aux postes de l’Administration Trump. Tous les Secrétaires d’Etat préssentis font singulièrement partie des éléments les plus fermement pro-israéliens de cette colonne – pas de flirts pro-russes comme on avait cru bon d’en avertir le public – et tous ont de l’expérience en tant que membres de gouvernements et ils peuvent se vanter d’une bonne aura en tant qu’Américains à l’étranger, une vision qui s’aligne bien avec l’appareil Républicain. Ils comprennent Giuliani, ancien porte-parole du Congrès, Newt Gingrich, l’ancien Ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton -qui fait peur aux Russes en tant que symbole du retour des « NéoConservateurs » aux affaires – le Candidat républicain aux Présidentielles de 2012, Mitt Romney et la gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, fille d’immigrés Sikhs du Penjab –preuve qu’on peut être d’origine immigrée, réussir dans un Etat du sud et faire partie des VIP pressentis pour prêter main forte à Trump-.

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Si l’un de ces noms semble sortir du droit chemin, cependant et qu’il s’attire des scoops emplis de dérision, de la part de l’appareil du Parti et de la classe des experts – peu seront surpris s’il, ou si elle, est le premier/la première à obtenir l’adoubement de Trump.

Comme Trump l’a déclaré en tant que candidat outsider :  » J’ai bien l’intention de le faire à ma manière ».

Par Ron Kampeas 

Adaptation : Marc Brzustowski

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1 Commentaire
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Aleth

Quelles sont les sources des informations sur les personnalités ? On a l’impression qu’elles sont plutôt démocrates (l’essentiel de la presse) et donc tout sauf fiables. Méfiez-vous quand les démocrates disent du bien de vous ! A contrario, se faire critiquer par cette presse est un signe d’intégrité. Plus il y a de critiques, plus on est sur la bonne voie !