Chaque shabbat avant la fête de Pourim,  chacun d’entre nous a le devoir de se rendre à la synagogue pour écouter et entendre de la bouche de celui qui est chargé de la lecture de la Torah quelques versets rapportant l’épisode où est rappelée l’attaque qu’Amalek a perpétrée contre les Hébreux dans le désert (Deutéronome XXV, 17-19).


Pourquoi est-ce si important de se souvenir ?

Le deuxième verset nous l’enseigne : (Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek lors de votre voyage au sortir de l’Egypte) lorsqu’il vous a surpris sur la route en attaquant par derrière ceux qui  traînaient car vous étiez fatigués et à bout de forces et lui ne craignait point D.
Se souvenir et tirer des leçons du passé voici ce qui est important de manière à être fort et préparé devant l’adversité. Ainsi, si tu sais qu’un danger est tapi sur la route, pourras-tu t’armer, te tenir sur la défensive, savoir où te réfugier en cas de besoin……
Les hakhamim ont tiré des leçons de ces versets en analysant la valeur numérique du nom de Amalek = 240 et du mot « doute » ou safek en hébreu = 240 également et en concluant : qu’à chaque fois que le peuple juif entre dans une phase où il met sa foi en doute,  un Amalek surgit.

La mitsva ici est impérative : souviens-toi ! Mais il n’est pas question de pardonner. Uniquement de se souvenir. Ne nous appartient-il pas de pardonner ? Si.
L’être humain n’est que bassarvadam (un être fait de chair et de sang) l’être humain peut donc agir d’une manière inconcevable mais nous avons aussi le devoir de pardonner car nous pouvons tous faire des erreurs.

Pardonner surtout si celui qui a fauté a demandé pardon.
Il y a des règles pour cela : demander pardon, être prompt à demander pardon est faire preuve d’humilité.  Et la halakha limite les efforts de celui qui a à s’excuser ou à demander pardon : il doit demander pardon à celui qu’il a offensé à trois reprises et en général, l’offensé doit pardonner sinon, les hakhamim statuent que l’offenseur est pardonné d’office par le Créateur considérant que l’offenseur s’étant abaissé il ne doit pas s’avilir pour être pardonné et à l’offenser de pardonner de bon cœur sinon, si l’offensé se conduit avec  rigueur vis-à-vis de l’offenseur, il doit s’attendre à ce que le Tribunal Céleste se conduise avec autant de rigueur vis-à-vis de lui.

Oeuvre de Robert Casanova

Pourtant, si l’un comme l’autre (le fauteur et l’offensé) se sont excusé et/ou ont pardonné cela implique de la part des deux protagonistes des efforts : le fauteur n’a pas à rappeler l’objet de la querelle sans quoi, le pardon qu’il a demandé n’est plus recevable.
Ce qui nous conduit à l’oubli car si nous devons nous souvenir nous devons aussi oublier pour ne pas tomber dans la rancune.
Qu’est-ce que la rancune ?

  En hébreu cela se dit : tina ou linetor tina –garder rancune) לנטור טינה. Et ne pas garder rancune est une défense c’est un interdit de la Torah de même qu’il est interdit de haïr quelqu’un, il est interdit de garder rancune mais, par son propre comportement on doit lutter contre notre penchant  pour ne pas se laisser aller à la haine ou à la rancune qui est un sentiment si fort  qu’il peut causer des dommages importants à l’âme de la personne.

Esau enviait son frère Yaacov

Il n’existe pas d’obligation de pardonner mais il est un devoir de ne pas garder rancune ce qui revient à dire que si l’on ne doit pas être rancunier il faut aussi pardonner car sans pardon il est impossible d’avancer.
En demandant pardon à celui que l’on a offensé il faut aussi tirer un trait sur le passé sinon cela ressemble à quelqu’un qui emprunte un sens interdit, s’excuse puis réitère son acte chaque jour si le permis de conduire lui est retiré il n’aura à s’en prendre qu’à lui-même. Et, le fait qu’on nous ait pardonné ne nous permet pas de revenir sur le passé et de ressasser ce qui s’est passé.
Faire teshouva ou faire repentance n’est pas seulement quelque chose qui est réservé aux fautes que nous commettons vis-à-vis de D mais aussi des fautes que nous commettons vis-à-vis de notre prochain à propos duquel le Lévitique énonce : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ou ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse.
Ainsi donc, lorsqu’on nous demande de nous souvenir, on n’exige pas de nous de pardonner.

Mais lorsqu’on demande pardon, il faut que l’autre sache pardonner et lorsqu’on est pardonné, savoir tirer un trait et dans tous les cas de ne pas tenir rancune. De plus, il faut savoir faire régner le shalom entre les êtres car « shalom » est un des noms de D : le mot shalom a une valeur de 376 qui correspond à la valeur numérique du tétragramme combiné au nom de D : Ado-nay.

Et, en tendant la main à l’autre,  nous allons amener la bénédiction divine sur l’humanité mais surtout, en n’oubliant pas, en nous souvenant, nous allons mettre à profit notre expérience de l’Autre et ne pas répéter les erreurs précédentes en empruntant un nouveau parcours.

CERBA

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1 Commentaire
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EPHRAIM

Cet article est une leçon de morale et d’éthique juive concernant les juifs , je ne comprend donc pas ce que fait en en-tête une photo d’un défilé de S A nazis avec tous les fastes du temps de leur apogée . J’espère que l’auteur ne cherche pas à se servir de la morale juive pour insinuer que ses principes doivent mener à pardonner aux nazis ! on ne pardonne pas l’impardonnable ! personne n’a été mandaté par les 6 millions et demi de victimes pour envisager une telle et hideuse aberration !