Souffrir de cécité volontaire : les vraies causes du djihad
Des dirigeants sérieux comme al-Sisi, Carter et John Kerry ou encore Manuel Valls pensent, de façon erronée, qu’il existerait un lien occulte entre les attentats djihadistes à travers le monde et le problème palestinien. On utilisait, autrefois, le doigt pointé vers les Juifs pour les accuser de tous les malheurs du monde, aujourd’hui on a remplacé cette pratique ancestrale par « Regardez ce que fait Israël et adressez-vous à lui pour lui jeter le blâme ».
A la différence de nombreux dirigeants du monde arabe, le Président d’Egypte n’a pas d’illusions en ce qui concerne l’Islam. Il y a plusieurs mois, al-Sisi a choisi de livrer un vibrant discours sur l’Islam au coeur du plus important institut religieux : l’Université al-Azhar.
Il a fermement certifié qu’il existe un vrai problème dans la direction que prend l’Islam et a appelé sincèrement à une révolution en son sein. Voilà un dirigeant qui, a priori, ne souffre pas d’aveuglement. Et pourtant, le Président égyptien cultive bien un problème dans ce domaine. Al-Sisi a rencontré une délégation du Comité Juif Américain. Selon les rapports faits dans la presse égyptienne, il leur a dit que « résoudre le problème palestinien éliminera l’une des principales raisons de rejoindre les organisations terroristes ».
Le même jour, les djihadistes ont assassiné, entre autres, 44 personnes au Nigéria et 14 autres au Kenya. Dans les 19 premiers jours du Ramadan, 1.899 personnes ont été massacrées par les djihadistes, une moyenne proche de 100 personnes par jour. Aucune d’entre elles n’avaient strictement rien à voir avec le problème palestinien.

Exécutions de Daesh à Palmyre, Syrie
Le vrai problème, c’est que cette thèse concernant une relation intime entre le problème palestinien et le djihad est devenue tellement répandue, au sein des cercles qui se targuent d’être « progressistes » qu’on ne sait plus la réfréner. Jimmy Carter, par exemple, a prétendu, peu de temps après le massacre de Charlie-Hebdo que « l’une de ses origines se trouve dans le problème palestinien ». On avait l’habitude de dire : « Allez voir ce que font les Juifs. Ce sont eux qui méritent qu’on les accuse », aujourd’hui, on a la version post-moderne : « Adressez-vous à Israël pour lui jeter le blâme ».
Cette absurdité nous afflige aussi. Alors que j’écris ces lignes, on entend une conversation à la radio de l’armée (Galeï Tsahal) sur l’arrestation d’enseignants bédouins qui ont été pris en train d’enseigner les dogmes de Daesh. L’essentiel de l’entretien tourne autour de la détresse dont souffrent les Bédouins sous la férule israélienne, ce qui les conduirait, pauvres petites choses, à soutenir le djihad. Quand on entend ce qui est programmé dans les émissions de la radio de l’armée israélienne, qui sommes-nous donc pour juger des mauvaises intentions de Carter?
John Kerry a aussi soulevé ce même genre de propos dans ses prétentions par le passé. Les djihadistes, selon cette théorie idiote, seraient vraiment des sortes de Mère Térésa new look, militant religieusement pour les droits de l’homme. Alors comment se fait-il, bon sang, qu’on n’assiste pas à des attentats terroristes kurdes à travers le monde entier, malgré des dizaines d’années d’oppression turque, syrienne, iranienne, irakienne? Et comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’attentats de la part des pauvres Africains à travers le monde entier, malgré la pauvreté et l’oppression qui prévalent en Afrique, alors que les Africains ne peuvent que rêver et envier la situation des Palestiniens, pas aussi malheureux qu’eux? Et comment se fait-il que de toutes les religions, il n’y ait que l’Islam qui fabrique un terrorisme d’une telle ampleur? Et, de façon plus déterminante, pourquoi donc cette sorte de sens commun qui élude les faits et parvient, à ce point, à illusionner des gens qui sont pourtant censés être des gens sérieux? Et comment se fait-il qu’ils trouvent toujours des excuses pour comprendre et expliquer, et parfois même, justifier le terrorisme?
Tout le monde ne souffre pas d’aveuglement volontaire. Le rédacteur en chef d’Ashraq al-Awsat, Eyad Abu Shakra, a publié un article percutant, à la suite de la vague de terreur du Vendredi Noir, il y a deux semaines. Pour marquer un véritable changement, il n’y a pas l’ombre d’une auto-illusion ou d’un aveuglement dans cet article. Il n’y est pas question de pauvreté, de détresse, d’occupation et pas même un mot sur Israël. Non, il pointe son doigt accusateur cntre les textes du « véritable Islam ». C’est l’unique source du djihad meurtrier, écrit-il courageusement. Et si on veut vraiemrnt arrêter la propagation de cette pandémie, nous ne devons plus nous boucher les yeux devant le problème. Mais quelle chance qu’il n’ait pas prêté l’oreille à ce que disait Carter, ou bien la Radio de l’armée israélienne!
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Dror Ben-Yémini
Adaptation : Marc Brzustowski.
Pour en finir avec cette cécité volontaire, maladie de l’Occident, se reporter au décapant :
http://www.editionsvalensin.fr/#!djihad-acueil/c11ys
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ca fai beaucoup pour une saint fete.
Il ne sert à rien de se lamenter sur les Arabes dits Palestinien qui ne sont qu’un prétexte supplémentaire pour justifier leur haine envers le peuple Juif. Principe inavouable dans les discours diplomatique, tous ces « grands » n’osent dire à la face du monde, leur profond désarroi.
Aujourd’hui et par intérêt géostratégique, l’Egypte d’Al Sissi collabore avec Tsahal. Mais quand sera-il à moyen et/ou long terme ?