“Le monde ne se rend pas compte que cet accord est aussi grave que Munich”
Il n’y avait pas un seul verre d’eau sur la table des négociations entre les puissances et l’Iran, à cause du Ramadan. Au-delà de l’anecdote, cela démontre peut-être un état d’esprit qui nous fait mieux comprendre “l’échec des négociations”, selon Israël.
Alors que les négociations entre l’Iran et les six puissances mondiales les rapprochent de la signature d’un accord permanent sur le programme nucléaire de l’Iran, un haut responsable israélien a émis un avertissement sévère, affirmant que l’accord imminent va permettre à l’Iran de continuer à développer des armes nucléaires et à soutenir le terrorisme mondial.
“L’accord est pire que l’accord intérimaire conclu à Lausanne,” déclare le fonctionnaire, “parce que non seulement il ne sape pas l’infrastructure nucléaire existante de l’Iran, mais en plus il permettra de supprimer partiellement les sanctions et donnera à l’Iran la possibilité de continuer à soutenir le terrorisme en Israël et dans le monde entier.”
Israël a l’espoir que le Congrès se battra pour refuser l’accord
Les représentants du gouvernement à Jérusalem ont encore un espoir, même s’il est mince : que le Congrès des États-Unis, qui est censé approuver ou désapprouver l’accord, rejetera l’arrangement problématique et travaillera intensivement pour persuader les législateurs à Washington de le refuser.
Les commentateurs officiels déclarent que l’Iran et les puissances mondiales ont fait des progrès sur les sanctions, mais restent divisées sur des questions telles que le développement des centrifugeuses et les inspections. “Des lignes rouges qui ne seront pas franchies, ont dit les diplomates occidentaux pendant des années, et voilà que dans le nouvel accord, les sanctions seront levées d’ici à six mois, les centrifugeuses seront intactes, et les inspections seront à définir, car c’est un sujet délicat qui n’a été qu’effleuré par les négociateurs,” affirme Israël.
Un système de levée des sanctions bien compliqué
Des diplomates proches des négociations disent qu’il existait une entente de principe sur un mécanisme de sanctions américaines et européennes. Mais les six puissances doivent encore se mettre d’accord sur une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies qui étudierait la possibilité de la levée des sanctions de l’ONU et réfléchirait à un moyen de les ré-imposer en cas de non-respect par l’Iran d’un futur accord.
L’Iran gagne grâce à ses capacités de ruser
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a affirmé que les protagonistes sont plus proches que jamais d’un accord sur le nucléaire. “Nous sommes prêts à conclure un accord équilibré et à ouvrir de nouveaux horizons pour relever les défis communs importants. Nous n’avons jamais été aussi près d’un résultat durable,” a affirmé Zarif.
La tactique iranienne a consisté pendant douze ans à faire une légère concession, puis à montrer par des images chocs à la télévision à quel point le peuple et le pouvoir souffraient de cette concession, à quel point elle pesait sur la vie quotidienne des Iraniens, et de revenir pour négocier, en jetant un œil amusé sur la contrition des occidentaux. “Le monde n’est pas conscient que cet accord est aussi grave que Munich,” déclare pour conclure le haut fonctionnaire israélien.
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