Le Secrétaire Général du Hezbollah, Hassan Nasrallah se vante fréquemment que ses 80.000 missiles peuvent atteindre n’importe quel recoin d’Israël. Il se pourrait qu’il doive trouver un compromis avec cet objectif. Ses maîtres de Téhéran évaluent, de toute urgence, les moyens disponibles pour sauverle régime Assad à Damas et stopper l’avancée inexorable de l’Etat Islamique (Daesh) sur Bagdad et les sanctuaires de la ville sainte chiite de Kerbala. Selon des sources du Golfe proches de Debkafile, l’Iran lorgne sur une possible redistribution d’environ 1.000 roquettes de longue portée, dont le Hezbollah dispose dans ses stocks, afin de conjurer ces calamités.
Certains pourraient être tirés à partir de leurs rampes de lancement au Liban, exposant ce pays à des représailles, après la rebuffade essuyée par le Hezbollah, qui exigeait que l’armée libanaise se joigne au combat contre Assad.
L’Iran n’a pas encore approuvé un tel plan, jusqu’à présent. Mais s’il est, effectivement appliqué, les drones d’espionnage iraniens qui opèrent au-dessus des zones de guerre pourraient être mobilisés à alimenter en données sur les cibles des positions et des mouvements de l’Etat Islamique (Daesh) et des rebelles, les équipages du Hezbollah qui servent sur les batteries mobiles de Fajr-5s – d’une portée de 400 à 600 km ; les Zelzal-2s – d’une portée de 500 km ; les Fateh-110s -d’une portée de 800 km; et les Shaheen 2s – qui peuvent atteindre une cible à 800-900 km.
Les discussions sur cette option, à Téhéran, ont pris un nouveau caractère d’urgence, jeudi 28 mai, lorsque le porte-parole de la Maison Blanche John Earnest a déclaré que les Etats-Unis « ne se tiendraient pas pour responsables de la sécurisation de la situation en Irak. Notre stratégie consiste à soutenir les forces de sécurité irakiennes… de les appuyer sur le champ de bataille, grâce à la puissance de feu de la coalition militaire, alors qu’elles mènent le combatcontre Daesh, sur le territoire de leur propre pays ».
Téhéran l’a pris comme une confirmation que les Etats-Unis sont en train de quitter le navire et la scène de la guerre contre l’Etat Islamique (Daesh) en Irak, bien que la décision de l’Administration Obama se conjugue avec le fait de laisser les mains libres au gouvernement de Bagdad de faire tout ce qu’il doit faire pour faire face à ce péril, y compris en faisant appel à n’importe quelle force extérieure pour l’assister dans la défense du pays.
Dans l’arène irakienne, l’Iran a lancé dans la mêlée ses milices supplétives chi’ites, regroupées sous l’appellation du « Comité Populaire de Mobilisation ». Cette armée de fortune est dirigée par Abu Mahdi al-Muhandis, qui s’avère être un Iranien, et non un Irakien et qui travaille sous couverture, en tant que liuetenant principal et adjoint du Commandant des Brigades Al Qods, le Général Qassem Souleimani.
Ce genre de gang est trop louche pour que le Président Barack Obama l’accepte comme méritant le soutien aérien américain. Par conséquent, l’ensemble de la campagne anti-Daesh est retombé sur les épaules de l’Iran. Répugnant à mettre à découvert ses propres forces aériennes et de les exposer au danger de se faire abattre au-dessus de l’Irak, l’Iran réfléchit à l’option de combler les manques grâce à des missiles lourds. Dans l’arène syrienne, Téhéran est sous une pression extrême :
1. Le régime Assad ne peut pas continuer plus longtemps, sous les coups féroces des rebelles du Front al Nusra, fraîchement armés et financés par une assistance massive de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie. Afin de maquiller l’appartenance de ce groupe à Al Qaïda, les Saoudiens ont mis sur pied une nouvelle panoplie appelée « l’Armée de la Conquête ». En quelques jours à peine, elle a été rejointe par 3.000 adeptes d’al Nusra.
2. L’armée syrienne a perdu le moral et le coeur à l’ouvrage face à cet assaut et beaucoup de ses unités préfèrent fuir le champ de bataille plutôt que d’avoir à le combattrre, avec pour conséquence que Bachar al Assad est en train de perdre le territoire pièce par pièce dans tous les secteurs de guerre où ses forces sont engagées. Bientôt, il sera abandonné à lui-même, sans disposer de suffisamment de troupes pour seulement défendre Damas.
3. Bien que les chefs du Hezbollah proclament partout leur détermination à combattre pour Assad en tout point de la Syrie, le fait est que le groupe chiite est trop étiré et dispersé pour faire face à un conflit à grande échelle en Syrie et défendre ses propres bases intérieures au Liban en un suel et même moment.
4. Téhéran prend aussi en considération de signer à la hâte un pacte de défense avec Damas, pour permettre à Assad de faire appel aux troupes iraniennes pour qu’elles viennent à sa rescousse.
5. L’Arabie Saoudite est en train d’isoler les principaux chefs du Hezbollah pour leur appliquer des sanctions. Cette semaine, Riyad a confisqué les avoirs et comptes de Khalil Harb et Muhammad Qabalan dans les banques du Golfe. Téhéran a dû considérer cet acte comme une énorme provocation.
Ces noms n’ont guère plus de signification, au-delà d’un cercle restreint d’initiés dans la région. Cela dit, Harb est le chef d’Etat-Major suprême du Hezbollah, dont le statut paramilitaire est comparable à celui du Commandant des Gardiens de la Révolution iranien, le Général Ali Jaafari, alors que Qabalan est l’officier supérieur des renseignements et des opérations secrètes de l’organisation, reposable de l’orchestration des frappes terroristes du Hezbollah à l’extérieur du Liban.
Les Iraniens ne sont pas prêts à laisser cet affront sans représailles, qui pourraient survenir sous la forme d’attaques de missiles du Hezbollah contre les groupes soutenus par les Saoudiens en Syrie.
DEBKAfile Reportage exclusif 30 mai 2015, 10:34 AM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski
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