Tsahal a inculpé des soldats pour leur comportement à Gaza
Le chef du corps de l’avocat militaire en chef de l’armée israélienne , le général Itay Offir, a annoncé publiquement pour la première fois que plusieurs soldats de l’armée israélienne ont été inculpés pour des actes criminels commis dans les territoires palestiniens. Selon ses déclarations, environ cinq inculpations ont été déposées, dont deux pour vol auprès de Palestiniens et trois pour des violences physiques à leur encontre. Cette révélation intervient après que l’armée avait déjà indiqué en octobre avoir sanctionné des dizaines de soldats pour leur comportement à Gaza.
Par ailleurs, le général Offir a précisé que 12 soldats avaient été condamnés pour des actes criminels en Cisjordanie, principalement pour des violences exercées sur des détenus lors de leur arrestation ou pendant leur transfert vers des cellules. Ces condamnations concernent aussi bien des agressions contre des Palestiniens que contre des étrangers, y compris des journalistes et des diplomates.
L’armée israélienne a également mis en place de nouvelles mesures pour lutter contre la violence extrémiste au sein de ses rangs, telles que l’interdiction des cagoules et l’utilisation de bracelets électroniques. Malgré ces efforts, le général Offir a reconnu que la violence n’a pas encore été éradiquée et que le travail reste important pour protéger à la fois les populations juives et palestiniennes en Cisjordanie.
D’autres inculpations sont en cours d’examen, mais restent à un stade préliminaire où les soldats concernés peuvent encore tenter de faire valoir leur défense avant une décision finale. Depuis le début du conflit, l’armée a ouvert environ 150 enquêtes criminelles liées à la guerre, notamment concernant le traitement des prisonniers palestiniens.
L’IDF a également mené plus de 3 000 enquêtes disciplinaires, dont plusieurs dizaines ont été clôturées, bien que la plupart des résultats ne soient pas rendus publics, par crainte d’une utilisation biaisée par des instances judiciaires internationales. En août, un rapport détaillé a été publié sur cinq affaires emblématiques, expliquant les décisions prises, qu’il s’agisse d’inculpations ou de classements sans suite.
Sur le plan opérationnel, le général Offir a rappelé que les directives militaires avaient été établies avant le conflit pour encadrer les attaques, notamment autour des sites sensibles, et que les opérations respectaient les limites du droit international. Il a dénoncé la stratégie de Hamas, qui utilise des lieux civils comme des hôpitaux ou des écoles pour dissimuler des infrastructures militaires, exploitant ainsi les règles du droit humanitaire.
Le réseau souterrain de tunnels de Hamas, long de plus de 500 kilomètres dans une bande de Gaza de 40 kilomètres sur 12, est présenté comme un défi sans précédent dans l’histoire militaire moderne, notamment parce qu’il traverse des zones densément peuplées.
Enfin, le général Offir a réfuté les accusations de génocide portées contre Israël, soulignant que les outils d’analyse utilisés par l’armée, comme le système NAZA qui évalue les dommages collatéraux, visent précisément à minimiser les pertes civiles. Il a insisté sur le fait que ces évaluations sont une pratique courante dans les armées respectueuses du droit international et non une marque d’indifférence.
Cette transparence accrue sur la gestion des comportements déviants au sein de l’armée israélienne intervient dans un contexte de tensions persistantes et d’interrogations internationales sur la conduite des opérations militaires dans les territoires palestiniens.
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