Sefrioui: la bonne mesure pour la bête

Abdelhakim Sefrioui (à droite), arrêté par des gendarmes antiémeute après une manifestation non autorisée pour soutenir la Palestine, le 29 décembre 2012 à Paris.

Abdelhakim Sefrioui (à droite), arrêté par des gendarmes antiémeute après une manifestation non autorisée pour soutenir la « Palestine » (c’est-à-dire le terrorisme du Hamas), le 29 décembre 2012 à Paris. © Miguel Medina, AFP

Par Gilles Falavigna

« Car le sort des fils de l’homme et celui de la bête sont pour eux un même sort ; comme meurt l’un, ainsi meurt l’autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle  car tout est vanité. »

קהלת Qohelet (Ecclésiaste 3 :19)

L’ambassade du Maroc dément tout lien avec l’Islamiste Sefrioui, tenu pour co-responsable de l’attentat contre Samuel Paty, contre la France et contre ses Valeurs.

Certes, Sefrioui est franco-marocain. Mais pourquoi ce démenti ? Sur la scène internationale, le Maroc représente, au-delà des spécificités qui font de l’ancien empire chérifien un royaume dirigé par l’Amir al mouminine, le prince des croyants, un interlocuteur correct. S’il y a un lien de naissance, Sefrioui n’a pas agi pour le Maroc.

A-t-on fait le tour du personnage Sefrioui ?

Les informations sortent. Il n’y avait pas à chercher très loin. Le journal L’Express avait indiqué les liens entre Sefrioui et le PJD, parti islamiste de la coalition gouvernementale marocaine, information parue en 2010.

Sefrioui représente implicitement le PJD en France. En fait, l’information est publique. C’est une question d’individu. Ce parti accrédite son représentant et il en est responsable. Si le Maroc devait en être tenu responsable, il n’en serait pas coupable. C’est le résultat des choix démocratiques.

Dieudonné aux journées de l’UOIF en 2006, accompagné de Sefrioui.

Déjà, en 2005, Sefrioui était venu soutenir son ami Dieudonné…

Le Ministre français de la Justice, Dupont-Moretti, relève que l’immense majorité des Musulmans ne sont pas islamistes. C’est enfoncer une porte ouverte bien que ce jugement de valeur mériterait d’être caractérisé. Selon toutes les études, 25% des Musulmans sont radicaux. C’est un problème mais ce n’est pas le problème. La spécificité musulmane est multiple. Il y a en premier lieu les fondements juridiques de fardh ayin et de fardh kiffaya, obligations collectives et obligations individuelles pour les croyants. Le pèlerinage est une obligation individuelle. Le Jihad est une obligation collective. L’individu en est dispensé si un autre s’en charge. Samuel Paty a été décapité par un terroriste et le nom de ce dernier importe peu. Les autres Musulmans sont donc dispensés de ce Jihad et n’ont même pas à révéler qu’ils pourraient le faire.

L’Islam est comme l’histoire du colibri. Chacun doit faire à sa mesure. Cela s’inscrit dans le concept de nation de l’Islam.

Ensuite, il ne faut pas s’y tromper. Les révolutions n’ont jamais été le fait de majorités mais le fait des minorités. Une seconde spécificité de l’Islam est l’extrême violence de leur minorité dont la vocation est de guider la majorité.

Cette question rapportée à Sefrioui met en évidence l’importance d’y prêter attention.

Abdelhakim Sefrioui  est membre des Frères Musulmans. Ils ne portent ni barbe ni djellaba. Ils sont en France et veulent paraître Français. Ils parleront d’un Islam de France. Ils désignent la langue arabe comme une langue de France. Ils ne manifestent pas avec le drapeau marocain ou algérien mais en montrant leur passeport français.

 

Séfrioui agit aussi avec le Parti des Musulmans de France (PMF), lors de la manifestation du 31 décembre 2008 contre l’opération Plomb durci menée dans les territoires palestiniens.Le PMF, dont l’objectif affiché était de « libérer les Musulmans de France » de l’influence du parti socialiste jugé « sionisé », a été fondé en 1997 par Mohamed Ennacer Latrèche, qui s’est fait connaitre en 2003 en se rendant en Irak accompagné du leader du groupuscule néonazi belge Nation, ainsi que quelques nationalistes-révolutionnaires français

Leur rôle est politique. Sefrioui est le fondateur du collectif Cheikh Yassine. Ce mouvement pro-Hamas, avant d’être pro-palestinien, est antisémite.

En 2006, il est membre du bureau de campagne de Dieudonné M’bala m‘blabla pour l’élection présidentielle sur la liste du Parti antisioniste.

En 2009, il invite Dieudonné et Soral au congrès de l’UOIF pour les élections européennes.

Sefrioui n’a eu de cesse d’agir en antisémite pour déterminant. Il n’est Musulman que pour favoriser son antisémitisme.

Selon le journal Atlas info, Sefrioui est en relation avec Khalid Mechaal, dirigeant du Hamas. Quelle est la nature de la relation ? Elle est naturelle. Il est notoire que Dieudonné M’bala était en lien avec les dirigeants iraniens et avec Mechaal. Sefrioui est en lien avec Dieudonné. Ils font partie d’une même communauté antisémite.

Le fait principal à retenir est le rôle d’influence au sein de la communauté marocaine et plus largement musulmane de Sefrioui. Et si ce n’est lui, c’est donc son frère, conformément aux obligations fardh kiffaya de l’Islam.

Il reste à espérer que la riposte au meurtre de Samuel Paty ne s’arrête pas aux personnes mais bien aux fonctions.

Il y a un malentendu à lever au sujet du terrorisme. Samuel Huntington de la Rand Corporation cadrait que le terrorisme faisait partie des moyens de guerre. Il s’agit d’une arme du plus faible dans un conflit asymétrique pour affaiblir le moral de l’ennemi.

L’attentat terroriste du Bataclan avait choisi ses cibles au hasard. C’est une règle de terroriser par le vecteur du hasard. La terreur est de pouvoir frapper tout le monde, y compris les innocents. Le terrorisme dépasse le cadre de la terreur au même titre que l’Islamisme dépasse le cadre de l’Islam.

La fonction du terrorisme n’est pas de punir. Pour Samuel Paty, il s’agit d’une fatwa, selon le ministre de l’intérieur. Il s’agit d’un acte de « politique intérieure » selon le mode opératoire des Frères Musulmans. Il s’agit d’une punition conforme au droit islamique. Lorsque Sefrioui désignait Samuel Paty par le qualificatif de voyou, il postulait de la primauté de la Charia sur le droit français. Il postule de la primauté et donc de la supériorité du Musulman sur l’infidèle, y compris sur le territoire français. Lorsqu’une tête est exhibée, c’est adressé à la foule pour la soumettre.

Devons-nous prendre en considération les nuances de terreur ? Il y a l’ignominie de l’acte. Mais il faut connaître l’ennemi pour le vaincre.

Un article de Valeurs Actuelles cite Emmanuel Macron en privé, qui parlerait d’un combat à mort. Le Président est-il l’homme de la situation ? N’est-il pas trop tard ? Nous sommes Samuel Paty, bien sûr. Mais nous devons être les combattants, cette minorité agissante qui œuvre pour les nôtres quand il est question de guerre à mort. Il faut que la bête meure. C’est bonne mesure : œil pour œil et dent pour dent.

Le 31 mai 2010, lors du rassemblement de protestation contre le raid israélien contre la flottille pour Gaza du Mavi Marmara, Sefrioui prend la parole.

Par ©Gilles Falavigna 

co-auteur (entre autres, de)

 

1 COMMENTAIRE

  1. Heureusement il y a 2 Frances, celle des villes avec leurs bobos de gauche qui ont vote pour les pastèques ( vert dehors et rouge dedans) aux dernières municipales, qui sont pro-palestiniens et qui excusent les racailles de banlieues puisque le problème est social et non pas culturel… et celle des campagnes beaucoup plus réaliste et qui n’est pas loin de la rupture avec cette république bananière incapable de protéger ses citoyens et qui conduit le pays a la faillite avec toujours plus d’impôts et de taxes et moins de droits pour les autochtones que pour les nouveaux venus.

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