Lundi 2 février, le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia a fait escale à Rennes, pour y rencontrer cette communauté de province, parmi toutes celles qu’il visite, depuis son élection du 22 juin 2014. 

Homme de terrain et aumônier militaire, on est tenté de le comparer à un général, voire, au « petit caporal » (surnom donné par les « Grognards » à Bonaparte) en campagne, passant de bivouac en bivouac, au crépuscule, à la veille de la bataille sous le soleil d’Austerlitz. 

Ont frappé ceux qui l’ont approché, tout au long de la journée, l’à-propos, la concision et l’efficacité de ses réponses -l’humour en prime- , sur tous les sujets qui rendent la vie des petites collectivités juives (et au-delà) plus difficile que dans les grands centres urbains de présence ancienne et instituée. 

 

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La journée était aussi ouverte à tous les secteurs de la vie politique, civile et religieuse, à travers des rencontres avec les autorités locales et régionales. Le débat de fond, en soirée, s’est animé aux quatre vents, autour de « l’accueil de l’étranger ».

Ce thème ne peut que résonner (étrangement), du fait des évènements récents qui lui donnent un éclairage tout-à-fait particulier : comment réparer, retisser la relation, alors qu’on est confronté à une idéologie fondée sur la négation de toute altérité? D’autant qu’actuellement l’abord de ce sujet n’est, réellement, possible qu’avec tempérance et sous bonne garde de l’armée et des forces de sécurité. Ce que les journalistes présents n’ont pas manqué de noter.

Le Judaïsme, de tous temps, lors des grandes controverses de la jurisprudence talmudique, a cherché et procuré des réponses à qui conserve des yeux d’enfant indispensables à poser les questions et provoquer la rencontre.  Car ce n’est pas l’évènement (du 11 janvier 2015, par exemple) qui recrée du lien, mais l’attitude qu’on adopte et le sens qu’on lui donne dans la durée. 

Ce n’est pas, non plus, la première fois que le peuple juif se trouve mis au pilori par des multinationales concurrentes cherchant à lui subtiliser une bénédiction, ou par une inquisition, un régime racial ou parti unique. C’est, sans doute, ce génie de l’issue à une situation, a priori, impossible, difficilement supportable, en tout cas unique, que le Judaïsme français devra, à nouveau, mobiliser. 

Car au-delà, il n’y a pas simplement la situation sécuritaire globale, très préoccupante, qui pose problème, mais un ensemble de facteurs relatifs à la désaffection, au départ des jeunes vers les grands centres ou au choix de l’Aliya réfléchie, qui génèrent un climat caractérisé par le manque. Cela touche tout le territoire de juridiction du Grand Rabbin et il lui faut aller partout prendre le pouls des groupes qui restent, réinventer la direction à suivre, en leur sein comme vis-à-vis de l’environnement.

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En équilibre sur l’échelle de Jacob

Il ne sert, sans doute, à rien de comparer l’action de tel haut dignitaire du Consistoire central avec l’un de ses prédécesseurs, tant les styles, les formations, les parcours, les époques, surtout, conservent, chaque fois, toute leur singularité. Pourtant, il semble clair que l’un des modèles d’inspiration du Grand Rabbin Haïm Korsia est celui sur qui il a écrit un livre et une réflexion sur la citoyenneté en état d’urgence et d’exception  : 

Haïm Korsia (préf. Jacques Chirac), Etre juif et Français : Jacob Kaplan, le rabbin de la république, Paris, Prive,‎ 2006.

 

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Le Grand Rabbin Jacob Kaplan

Le Rav Jacob Kaplan, devenu Grand Rabbin de France par intérim, en janvier 1944, n’a eu de cesse, au cours de la période la plus éprouvante, de trouver des solutions pour sauver tous ceux qui l’entouraient. Plus tard, à partir des années 1950, comme Grand Rabbin de Paris, puis Grand Rabbin de France, à partir de 1955, le voilà qui règle l’Affaire Finally (provoque, pourrait-on suggérer, Vatican II, dans l’esprit d’un autre Juif, à l’ONU, René Cassin, co-promulgateur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme), rebâtit, pas à pas, la communauté juive de France décimée,  puis organise l’accueil de tous ceux des Juifs, qu’on a appelé les « rapatriés d’Algérie » et autres protectorats, en pleine révolution Nord-Sud : la décolonisation. 

Nous sommes, sûrement, à l’autre bout de ce cycle de reconstruction, dont les ponts nous mènent jusqu’aux années 2000, à l’Intifada 2, aux « Printemps » qui tournent au cauchemar. Depuis, le temps s’est accéléré et les menaces ont redoublé : de Sébastien Selam, dont le meurtre sauvage traîne encore les couloirs des prétoires et la rubrique « faits divers » d’un moment de « folie », à  Ilan Halimi, aux enfants Sandler, leur père Jonathan, Myriam Monsenego, à la tuerie de Bruxelles, … jusqu’à ce que le massacre des 12 de la tribu Charlie-Hebdo – dont les créateurs se seraient bien marré à l’idée d’autant de sabres, de calottes et de goupillons réunis pour plancher sur leur cas – et d’une stagiaire de police de 26 ans n’écarquille les yeux profondément assoupis d’une France, largement indifférente au sort des communautés et des individualités qui les composent… Face à cela, le Grand Rabbin a évoqué le sentiment d’abandon des Juifs de France et comment bouleverser ce paysage moribond. 

Si le commentaire journalistique peut être dythirambique, il ne convient pas, nécessairement, d’entendre ce qui n’est pas dit. Le Grand Rabbin de France n’a pas vocation à dissuader de monter en Eretz Israël, en tant que haut-fonctionnaire d’un « plan anti-Aliyah ». Il doit faire en sorte que si on le choisit, cela soit pour les bonnes raisons, par appel de l’idéal, choix construit. Et non parce que mû par un divorce mal vécu avec les principes bafoués de la République, au premier titre desquels le droit du citoyen, quelle que soit sa confession, à la sécurité, premier besoin élémentaire. 

 

L’Unité jaillit de l’émotion, si elle est bordée par la règle

Reste cette question fondamentale du « vivre-ensemble », ou plus exactement de « l’être-ensemble », qui puisse déboucher sur le sentiment d’appartenance à la nation. Celle-ci vit un éclatement de ses représentations, du rapport aux institutions, à l’autorité, à la règle commune, où il n’y aurait plus qu’un spontanéisme, parfois nihiliste, souvent destructeur et dangereux. Haïm Korsia nous rappelle une autre de ses sources d’inspiration : George Braque. Il nous dit : « J’aime la règle qui corrige l’émotion ». En peu de mots, c’est aussi toute l’histoire de la Loi mosaïque.

Dans une première acception « superficielle », son « One man show » sur « l’accueil de l’étranger », est coloré de truculences. Il faut entendre cette trame qui guide la question de l’altérité, depuis Lo Tiqom veLo-Tissor Ete-Benéy ‘Amakha veAhaveta leRé’era Kamokha Ani Adonaï. « Ne te venge pas, et ne garde pas rancune avec les enfants de ton peuple ; aime ton prochain comme toi ; moi l’Éternel. ». Pour être capable d’ouvrir la main à l’autre, tisser d’autres complémentarités, il faut commencer par trouver l’unité et la complétude au sein du peuple. Vaste chantier.
 
Il y a maintenant, « l’autre » contemporain qui nous taraude, d’autant plus qu’il prend des expressions absolutistes ou/et radicales. On se souvient que, dans son émission du soir, « Les enfants d’Abraham », il officiait de concert avec le Père Alain De La Morandais et l’islamologue Malek Chebel. 
 
Un article de Malek Chebel, aux alentours de 1990, dans Libération (« le rebond »),  fustigeait le monde de l’Islam « rigoriste » contemporain, pour son défaut de place à l’altérité, comme une crispation grandissante, dans le temps, à mesure que l’on s’éloigne de la phase d’apogée (XIVème siècle) de l’Islam. La question reste entière de ce conflit de plein fouet avec la modernité, qui ressurgit à la fin de l’Empire Ottoman, emprunte les voies du fondamentalisme des Frères Musulmans, dont la doctrine se radicalise, jusqu’à produire les monstruosités qu’incarnent le Hamas, Al Qaïda et aujourd’hui, le Califat Islamique d’al Baghdadi. 
 
Pour engager le dialogue, il faut être, au moins, deux, sous les auspices du Ciel, établir la relation sur la reconnaissance de l’autre.  La controverse est très riche avec les intellectuels arabes ou/et musulmans dotés d’esprit critique (des hommes de la trempe du regretté Abdelwhahab Medeb) et de capacité d’autocritique, ou certaines minorités à vocation nationale, avec lesquels la concession appartient pleinement à l’ordre du possible et du souhaitable, parce que la limite est une notion acquise. Régulièrement, ces autodidactes de la modernité ou ces traditionnalistes atypiques ne font pas de quartier aux dérives et incitations du Texte, seules retenues par les « radicaux ».
 
Comment se sortir du chaos qui poind? On peut rester, par exemple, circonspect sur l’appel louable du Maréchal-Président El-Sissi de « réformer » l’Islam par une suite de décrets d’Etat, qu’a évoqué le Grand Rabbin à la fin de son allocution. Il répondait à ce moment,  à une question sur l’action de l’Egypte dans le Sinaï, qui construit un mur et abat des maisons -« à l’image d’Israël » et de sa « maudite » barrière de sécurité-, face au Hamas et aux Jihadistes de l’Ansar Bayt al Maqdis, branche égyptienne du Califat Islamique. L’homme d’Etat a l’immense mérite d’ériger des digues et de participer d’une commune humanité dans la guerre anti-terroriste.
 
 
Actuellement, même la jeunesse égyptienne n’écoute l’Université al-Azhar que le coeur sceptique, la considérant « vendue » au régime, jouant le rôle de « comité de censure ». Il y a donc un déplacement, un glissement, vers la « marge » prétendue « authentique », donc salafiste… (Cycle à effet pervers). Ainsi, des chapelets d’Etats (semi-) faillis sont confrontés à des situations insurrectionnelles sur des portions entières de leur territoire dont les leviers de commande échappent, en tout ou partie, au central.
 
Au-delà des volontés oeucuméniques, qui font appel à la part de spiritualité en l’homme et à l’émotion partagée, on est en droit de s’interroger sur les sources, l’organisation et l’autorité politique  d’un « Islam de France », ainsi que sur sa légitimité aux yeux de « l’Islam » tout court… ou des Islams. C’est encore un rêve qu’il puisse devenir un interlocuteur reconnu par les siens, donc valable pour les autres, et tienne solidement les rênes de ses marges radicalisées. Alors pourrait-on envisager une France, et pourquoi pas, à une échelle plus vaste encore, un Moyen-Orient à nouveau apaisés, travaillant de concert à la production de richesses et d’intelligence… C’est, certes, la voie du très long chemin. Les institutions veillent à établir un plan de sortie de crise, et nous ne faisons que découvrir tout ce qui obture les sources de l’altérité.
 
Le Judaïsme français n’a pas de leçons à donner, son histoire et ses itinéraires lui sont propres, mais, en revanche, certainement encore bien des questions à poser.
 
Par Marc Brzustowski.

 

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« Heureux comme un juif en France »…

 

Le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, espère que l’unité manifestée lors de la « marche incroyable du 11 janvier », incitera les juifs tentés par le départ en Israël à rester en France.

Entretien

Haïm Korsia,
Grand rabbin de France, depuis juin 2014.

A-t-on tiré tous les enseignements des attentats de Paris ?

On a compris que nous devions être unis. C’est la grande leçon de cette marche incroyable du 11 janvier. Face à la haine et à la violence, on a tenu bon et on s’est retrouvé debout. Le peuple des silencieux et des indifférents s’est reconstruit. Il faut le tenir sur le long terme. Tenir sur notre capacité à croire en ce rêve qui s’appelle la France. Les enseignements, il faut les tirer tous les jours, dans les gestes de la vie. Enfin, il faut se réjouir de voir la mobilisation incroyable des forces de l’ordre. Et de voir poindre les décisions au sein de l’Éducation nationale, avec le retour d’une forme de fermeté qui doit élever les citoyens.

 

Le 27 janvier, le chef de l’État a annoncé un plan contre le racisme et l’antisémitisme. De nature à vous rassurer ?

Le président de la République et le Premier ministre ont tenu des paroles très fortes : « La France, sans les Juifs, ce n’est pas la France. » Mais vous savez, on oublie vite les assassinats de Mohamed Merah à Toulouse, il y a trois ans, et du jeune Ilan Halimi, il y a neuf ans. Quand des juifs sont tués et qu’on n’a pas le sentiment que ça bouscule la société, on retombe dans la société décrite dans la Bible par Caïn, qui dit : « Je ne suis pas le gardien de mon frère. » Mais le 11 janvier, quatre millions de personnes sont sorties dans la rue en disant : nous serons les gardiens de nos frères.

 

De quoi décourager les Français juifs de partir pour Israël ?

Il faut l’espérer. Car si le départ est dû à un choix personnel, dicté par des raisons spirituelles ou philosophiques, c’est respectable. Mais si ce départ est causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société, alors là, il n’est pas acceptable. L’enjeu pour nous est de faire en sorte que l’on soit, comme par le passé, « heureux comme un juif en France ». Un pays capable de se déchirer pour Dreyfus est un pays dans lequel il faut vivre.

 

Que retenir du 70 anniversaire de la libération des camps ?

Soixante-dix ans après, le combat contre la barbarie n’est jamais fini. On a encore besoin d’entendre des témoins. Je suis bouleversé de voir des anciens déportés se réancrer dans la vie, ne jamais se laisser abattre. C’est une grande leçon !

Recueilli par Éric CHOPIN.

Article issu de l’édition de Rennes Nord du mercredi 4 février 2015

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18 Commentaires
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Éric

Le grand rabbin de france est un salarié de la france, il défend son employeur comme il le peut, ne soyons pas dupe, il est scandaleux, grave, irresponsable et suicidaire de ne pas réveiller les juifs de france, il en porte une responsabilité aggravante du fait de son poste et de la confiance que lui témoignent certain juifs, un représentants de la religion juive qui va a l’encontre des plus grands rabanimes du monde juste pour défendre son employeur, ça veut dire qu’il est juste un petit homme comme les autres, informez vous autrement.

William

Il est très facile de critiquer le grand rabbin de France en ne s’appuyant que sur des dires. On a facilement tendance à oublier que ce dernier occupe une fonction POLITIQUE !!
Vous pensez ne pas être en sécurité ?? Eh bien attendez que le grand rabbin de France en appel publiquement au départ des Juifs de ce pays et vous pourriez presque en devenir nostalgique de l’antisémitisme Islamique !!!

Réveillez-vous un peu !!

babyfingers

Mais si ce départ est causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société, alors là, il n’est pas acceptable.

PAS ACCEPTABLE ?

Pas acceptable par QUI ? Par vous ? Le gouvernement ? Les journalistes qui criminalisent les Juifs de vouloir faire leur Alya ?!

Et vous comptez faire quoi au fait, leur envoyer les flics, peut-être ?

Que je sache, les Juifs ne sont pas des enfants et encore moins les vôtres ! S’ils décident de partir pour quelque raison que ce soit, ils n’ont AUCUN COMPTE à vous rendre là-dessus et encore moins au gouvernement.

Moi, je suis parti exactement pour ça : « ce départ ÉTAIT causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société ».

Vous voulez que je vous rappelle pourquoi ? Les synagogues brûlées, les Juifs attaqués dans l’indifférence générale, en particulier celles de Jospin et Vaillant. Nous étions les SEULS à manifester de République à la Bastille, tout le monde s’en foutait.

J’ai décidé qu’il était inacceptable de devenir un citoyen de seconde zone, qui n’a le droit que de la fermer (la fameuse « paranoia » juive) et d’être la cible qui arrange tout le monde, j’ai fait mon Alya. Et malgré mon amour de la France – ou plutôt de la France dans laquelle j’ai grandi et qui n’existe plus – pas un seul instant je ne l’ai regretté.

Finalement, Shmuel Trigano a raison : les institutions juives, au lieu d’être les porte-paroles de la communauté auprès du Gouvernement, sont devenus les porte-paroles du Gouvernement auprès de la communauté. Raison de plus pour se barrer, comme si on en avait besoin.

Ah ouais, au fait, Dreyfus, ça fait un bail. Entretemps, il y a eu Vichy, puisqu’on en est à évoquer les bons souvenirs.

La honte, cette interview.

babyfingers

Bonjour Marc,

Vous travaillez pour le GRF ? Je pose la question parce que vous avez l’air sacrément au courant de ce qu’il voulait dire, au lieu de LIRE simplement ce qu’il dit :

Il dit:

Il faut l’espérer [qu’ils soient découragés de partir]. Car si le départ est dû à un choix personnel, dicté par des raisons spirituelles ou philosophiques, c’est respectable. Mais si ce départ est causé par le sentiment de ne plus être en harmonie avec la société, alors là, il n’est pas acceptable. L’enjeu pour nous est de faire en sorte que l’on soit, comme par le passé, « heureux comme un juif en France ». Un pays capable de se déchirer pour Dreyfus est un pays dans lequel il faut vivre.

Vous dites:

Et évidemment qu’il ne s’agit pas, du tout, de dire : « Ne partez pas! », comme le laisse entendre le journaliste qui est payé à entendre des choses qui ne sont pas évoquées

Si le journaliste a déformé ses propos au point de lui faire dire exactement le contraire de ce qu’il a dit, alors il doit opposer un démenti. Car qui ne dit mot consent. Il n’y a ici aucun procès d’intention de ma part : je sais lire, c’est tout. Si ce qui a été écrit n’est pas ce qu’il a dit, qu’il s’exprime.

D’autant plus que plusieurs autres propos viennent directement démentir votre interprétation:

« L’enjeu POUR NOUS » : ça ne peut pas être un enjeu pour lui, mais pour le gouvernement. Lui, il n’est pas chargé de la sécurité des Juifs en France.

Quant au rappel sur Dreyfus, il est ridicule ; le passé d’une Nation est complexe : il y a des hauts et des bas, comme je le rappelais (et non pour comparer la situation actuelle à celle de Vichy, comme vous faites semblant de le croire).

ce n’est pas son rôle de freiner une « Aliyah de choix » (comme on dit à l’Agence juive), mais de veiller à ce qu’elle ne se transforme pas en Aliyah sous contrainte et dans la peur

Encore une fois, LUI ne peut et ne DOIT PAS veiller sur cela : c’est le rôle de la République. C’est la République qui doit faire en sorte que les Juifs n’aient plus peur (et ils ont peur depuis 15 ans), pas au GRF.

C’est quand même étrange que tant dans ses propos que dans les vôtres, il y ait une confusion récurrente entre le rôle qu’il doit tenir et celui de la République.

De plus, il faudrait finir par m’expliquer comment et pourquoi une expatriation (quelle qu’elle soit) devrait s’opérer pour certaines raisons et pas d’autres : comme procès d’intention, on ne fait pas mieux. Dois-je vous rappeler la désertion forcée des enfants juifs de l’école publique, dont personne ne parle ?

qu’on le sache, l’adaptation n’est jamais simple et il n’est pas bon d’envoyer des gens qui reviendraient 1 an plus tard la queue entre les jambes » : la Yérida est aussi une réalité moindre, mais elle existe.

Où, dans mon message, m’avez-vous encourager l’Alya ? J’ai juste parlé de mon cas. Pour moi, les Juifs font ce qu’ils veulent, pour les raisons qu’ils veulent, restent et partent où ils veulent : ils n’ont aucun compte à rendre à qui que ce soit. Y compris Shmuel Trigano, dont la pertinence des propos (je remarque que vous ne répondez pas sur le fond) sur ce que sont devenues les institutions juives n’a rien à voir avec le lieu où il vit : moi-même, qui vit en Israël, je peux me rendre compte qu’il a raison.

Enfin votre dernier paragraphe (mis à part le procès d’intention absurde sur Vichy) soulève la VRAIE question : la sécurité POUR TOUS.

Merah, les frère Kouachi, Coulibaly – yimakh shemam – étaient tous – avant de tuer – des criminels multi-récidivistes et n’avaient rien à faire dehors : dans un pays où l’instance judiciaire fonctionne, ils auraient écopé de plusieurs années de prison ferme pour tous leurs méfaits. En France, on les relâche.

Une société qui transforme ses juges en assistantes sociales est une société qui choisit la loi de la jungle contre l’état de droit.

Les Juifs – qui ne sont pas plus cons que les autres Français – le constatent tous les jours, et sachant qu’ils sont des cibles privilégiées (c’est-à-dire les premières), qui peut les blâmer de vouloir partir pour des raisons de sécurité ? C’est la meilleure.

babyfingers

Maintenant, autre procès non seulement d’intention, mais de dépendance par le salaire : vous supputez : « vous travaillez pour le GRF »? Donc, toute personne qui tâche de restituer ce qu’il a entendu « travaille pour le GRF », et donc touche sa dîme ? Des émoluments, des honoraires, voire « un pot de vin »? Non?

Seigneur, quelle paranoïa (ainsi que la sortie « trotskyste » o_O) : je n’ai pas un instant pensé à un salaire quelconque, encore moins un pot de vin, j’ai juste dit que vous affirmez sans cesse que vous savez mieux que nous ce que le GRF a véritablement dit et je me suis demandé comment vous pouviez le savoir (vous dites plus loin :  » je démens formellement que quiconque l’ait fait. » – vous étiez présent lors de l’interview ?). Moi je me suis contenté de lire ce qui est écrit.

Ce qui est écrit est une invention ? Soit, qu’il le dise. Parce que, en l »état, sa réponse telle qu’écrite ici est inacceptable et même vous, vous vous en rendez compte.

Quant à votre couplet sur la « collaboration » (!) avec les autorités républicaines, je vous rappelle ceci : tant le CRIF que le GRF ont pour mission – dans des domaines différents – de se faire l’écho auprès des pouvoirs publics de ce qui se passe dans la communauté juive, UN POINT C’EST TOUT. Ils ne sont pas les porte-paroles du gouvernement auprès de cette communauté. Et s’ils le deviennent, ils perdront toute crédibilité, qu’ils en prennent bonne note.

Quant au reste (vous parliez de galimatia, relisez-vous donc), c’est du grand n’importe quoi. Le bordel, ce sont les différents gouvernements depuis 15 ans – si ce n’est depuis 30 – qui l’ont laissé s’installer en France. Et ce sont les Juifs qui ont été les premiers à le payer. Et vu ce que j’entends, c’est pas près de s’améliorer.

Ya basta.

filon

« L’an prochain à Jerusalem », il connait pas le rabbin?

babyfingers

Ce message est horrible : vous croyez que tous les Juifs qui font leur Alya son friqués, et qui plus est sont responsables « des vieux, des handicapés, des isolés » qu’ils « laisseraient tomber » en partant ?

C’est de la démence.

babyfingers

Je remarque que, dans votre première réponse, vous passez sous silence votre cliché abject des « villas sur la tayelet ». « Tous les Juifs sont riches » pour vous aussi ?

De plus, on ne parle pas de solidarité ici : ce que vous avez dit c’est :

« Sinon quoi, on laisse tous les vieux, les handicapés, les isolés, les sans-fric et on s’achète des villas sur la Tayelet?

ce qui veut dire : « Si vous prenez la décision – pour vous et votre famille – de partir, vous laissez tomber les vieux, les handicapés, les isolés qui ne peuvent pas faire de même ».

Ah bon ?

Depuis quand un chef de famille juif, qui décide en toute conscience avec sa femme que leurs enfants n’ont plus d’avenir en France deviendrait-il par magie le remplaçant des médiations qui sont là pour aider « les vieux, les handicapés, les isolés » en France, juste parce qu’il veut partir, et donc devrait renoncer à une décision PERSONNELLE qui ne regarde que lui et sa famille parce qu’il y a des gens qui ne peuvent pas le même choix ? Je répète : c’est de la démence.

Maintenant pour votre deuxième message :

Ici, je n’attaquais pas le GRF mais votre message, qui était horrible. Ne pas confondre.

Quant à la question que vous posez, je vous suggère la chose suivante : murmurez à l’oreille du GRF qu’il serait pas mal qu’il invite les gens du CRIF à dîner (en toute intimité), et qu’il suggère, entre la poire et le fromage, d’organiser du fund-raising pour aider les familles pauvres qui veulent faire leur alya mais ne le peuvent pas faute de moyens.

Ces gens connaissent un tas de monde susceptible de se payer des villas sur la Tayelet, mais qui n’ont justement aucune intention de partir. Qu’ils soient donc un peu solidaires dans les faits des vieux/handicapés/isolés et qu’ils les aident à financer leur cadre.

Je sais ce que ça coûte : j’ai mis trois ans à réunir les fonds nécessaires. Pour vous dire à quel point j’ai les moyens de m’offrir une villa. Pfff.