Offensive russe : des hélicoptères et des “volontaires” au sol ©

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Poussée russe en Syrie avec des hélicoptères et des “volontaires”

 

 Après le crash de l’avion de ligne russe abattu au-dessus du Sinaï, le 31 octobre, Moscou a décidé de prendre la position de meneur de l’offensive contre l’Etat Islamique (Daesh) et d’autres groupes islamistes ou rebelles en Syrie. Les forces aériennes russes ont transféré un grand nombre d’hélicoptères d’assaut à l’extérieur de leur enclave dans la province de Latakia vers deux bases aériennes syriennes à l’Est d’Homs sur les lignes de front contre Daesh (et d’autres), selon les sources militaires de Debkafile. Depuis les bases T4 (à Tiyas) et de Shayrat, le Commandement russe dirigera directement la bataille contre l’Etat Islamique à Homs, une ville d’un million d’habitants et le foyer qui verrouille le Centre-Est de la Syrie. Mais alors que les Russes passent des frappes aériennes à longue portée à l’offensive au sol contre Daesh, ils savent aussi que leurs hélicoptères de combat sont désormais exposés à l’éventualité d’être abattus par des missiles sol-air.

Homs est tombé sous la menace directe, le 1er novembre, lorsque les forces de Daesh ont conquis le village de Mahin au sud de la ville, faisant des coupes sèches parmi les gardiens de la révolution iranienne, l’armée syrienne et le Hezbollah qui se tenaient sur son chemin et en leur infligeant de lourdes pertes. Le contrôle de Mahin a ouvert la voie à Daesh et à d’autres rebelles syriens pour atteindre les faubourgs d’Homs et prendre le contrôle de l’autoroute stratégique M5 reliant la ville à Damas. Un autre groupe d’hélicoptères de combat russes est actuellement déployé à l’aéroport militaire d’Hama afin de bloquer l’offensive que Daesh et le Front al Nusra se préparent à lancer dans le nord de la province d’Idlib. Là encore les forces djihadistes ont réalisé des avancées, enfonçant les lignes syro-iraniennes et du Hezbollah. Le 5 novembre, elles ont arraché la ville stratégique de Morek des mains de l’armée syrienne en déroute, qui commande l’accès aux routes allant du nord au centre de la Syrie.

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Selon des rapports des renseignements provenant du sud de la Russie et de la Péninsule de Crimée, d’autres unités d’hélicoptères de combat russes ont reçu l’ordre de se tenir prêtes à partir vers la Syrie. Moscou se prépare, de toute évidence, à prendre le poids des tâches lourdes de la guerre des mains des Iraniens, des Syriens et du Hezbollah, afin de stopper de nouvelles avancées de Daesh. Bien plus d’hélicoptères seront nécessaires pour soutenir cette offensive, si elle doit aller de l’avant sur tous les fronts.

D’autres sources des renseignements révèlent que des unités de “volontaires” russes sont en train d’être organisées en vue de leur départ en Syrie, à partir du sud de la Russie et de l’Est de l’Ukraine, qui seront détachées des forces de combat aux côtés des séparatistes pro-russes. Leur arrivée en Syrie élargirait l’intervention militaire russe dans le conflit syrien et marquerait aussi sa première participation dans les combats terrestres, contredisant les premiers engagements pris parle Président Vladimir Poutine contre le fait d’envoyer des “bottes” russes au sol en Syrie.

Alors qu’il intensifie la guerre contre Daesh, le Kremlin pousse aussi de l’avant son plan en vue d’une solution “politique” à la crise en Syrie, qui devrait être débattu lors de la conférence multinationale à venir à Vienne.

Mardi 10 novembre, un certain nombre de médias occidentaux ont affirmé “révéler” les grandes lignes de ce plan, bien que ce plan en sept points ait été publié en exclusivité par l’hebdomadaire 684 de Debka le 30 octobre, sous le titre :

Révélations : Le Plan de Paix Russe pour la Syrie

1.La Russie et Washington mettront sur pied une “liste de cibles” concertée de tous les groupes qui sont opposés à une résolution politique du conflit. Ils devraient être attaqués conjointement par les forces des Etats-Unis et de la Russie. La proposition ne va pas jusqu’à définir le caractère d’un mécanisme bilatéral afin de déterminer qui figure sur cette “liste de cibles” légitimes.

Moscou aurait réellement préféré que les forces aériennes de la coalition dirigée par les Etats-Unis et celle relevant du commandement russe ne réservent pas uniquement leurs attaques à Daesh, mais qu’elles les étendent aussi aux groupes rebelles syriens, quels qu’ils soient. La Russie aurait alors pu réfuter les allégations américaines et de l’OTAN qui affirment qu’il n’y a qu’une frappe aérienne russe sur dix qui est dirigée contre des cibles de Daesh, alors que la vaste majorité est orientée contre les groupes rebelles syriens.

Comme le révèle Debkafile, l’administration Obama n’a pas rejeté a priori l’idée d’une collaboration des forces aériennes américano-russes en Syrie et en Irak, mais requiert des clarifications supplémentaires de la part de Moscou.

2. Moscou propose un cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts de guerre entre les rebelles et l’armée syrienne. Cette proposition ne dit pas si elle doit aussi s’appliquer aux forces étrangères combattant dans le pays, telles que le corps des gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah, les milices pro-iraniennes et les Russes eux-mêmes.

3. Dès que le cessez-le-feu prendrait effet, toutes les parties et organisations impliquées dans la guerre seront conviées à un grand dialogue national. Cette conférence sous forme de table ronde aura trois principaux objectifs :

A. La libération de tous les prisonniers et otages détenus par des divers camps.

B. La préparation d’élections parlementaires et présidentielles assortie d’une amnistie générale pour tous les prisonniers politiques.

C. L’instauration d’un nouveau gouvernement engagé à mettre en place des réformes constitutionnelles concertées, centré sur le transfert des pouvoirs présidentiels d’Assad vers un premier ministre désigné.

En d’autres termes, Assad ne sera pas contraint de démisssionner d’entrée de jeu en tant que Président, mais devra renoncer à ses pouvoirs présidentiels, y compris le contrôle de l’armée et des services de renseignements.

On peut supposer que Poutine a présenté cette clause devant le tyran syrien à Moscou comme un diktat qu’il n’avait pas d’autre choix que d’accepter.

4. Le président russe offre des garanties personnelles qu’Assad n’aura pas l’autorisation de se présenter à la Présidence pour les élections à venir, mais il a en revanche accepté la condition soumise par le dictateur syrien que des membres de sa famille et de la caste gouvernante puissent être éligibles à cet élection.

5. Tous les groupes et milices rebelles qui prendront part au plan russe à instaurer seront absorbés dans l’armée syrienne et d’autres services de sécurité et se placeront directement sous leurs ordres.

6. Les gouvernements et autres organismes parallèles extérieurs à la Syrie devront entreprendre de stopper les livraisons d’armes à toutes les forces combattantes. Cette condition ne s’applique pas seulement aux Etats-Unis et à l’Arabie Saoudite, en ce qui concerne les groupes rebelles, mais aussi à la Russie et à l’Iran en tant que parrains de l’armée syrienne.

7.  La Russie continuera de maintenir la présence de sa force militaire en Syrie comme ceinture de sécurité en vue de la pleine instauration de l’accord, en comptant sur une approbation du conseil de sécurité de l’ONU légitimant cette présence.

Debkafile, Reportage Exclusif. Mercredi 11 novembre 2015.

Adaptation : Marc Brzustowski

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