Mardi 19 mai, deux jours après la chute de Ramadi, aux mains de Daesh, qui a infligé un grave revers à Bagdad et à toute la « stratégie » américaine dans la région, 10.000 hommes de troupes – dont plus de la moitié sont Américains – ont achevé un vaste exercice militaire dirigé par les Etats-Unis, en Jordanie (Eager Lion/ »Lion Impatient »), conçu pour mettre au point les tactiques visant à contrer l’Etat Islamique -Daesh. De façon surprenante, a pris part à ces manoeuvres un bombardier lourd B-52 H à capacité nucléaire, qui s’est envolé jusque-là depuis les USA, en traversant l’espace aérien israélien et qui est retourné à sa base sur le sol américain, dès la fin de ces exercices. 

C’était la première fois en 12 ans, depuis l’invasion américaine de l’Irak, qu’un B-52H, qui peut larguer des bombes atomiques et des bombes perceuses de bunker, est apparu dans les cieux du Moyen-Orient pour une mission militaire quelle qu’elle soit. 

A l’Est de la Jordanie, alors que près de 25.000 réfugiés de Ramadi dorment à la belle étoile, les conquérants islamistes ont déjà commencé à faire mouvement vers leur prochaine cible, la base aérienne d’Habbaniyah, à environ 70 kms à l’ouest de Bagdad. Sa chute couperait la capitale Bagdad du nord et de l’est de l’Irak et la placerait sous un siège maintenu en trois directions : le nord, l’est et l’ouest. 

La plupart de ses membres arabes s’est retirée de la coalition dirigée par les Etats-Unis afin de combattre les terroristes islamistes en Irak et en Syrie. Cela a laissé la force aérienne américaine porter presque seule le fardeau de la campagne aérienne. Sa moyenne de 19 frappes aériennes par jour est bien trop faible pour avoir le moindre impact réel sur la dynamique de combat de Daesh. Cela n’arrêtera certainement pas les longues colonnes de combattants islamistes vêtus de noir qui grouillent autour de Ramadi, venus de toutes les directions, à bord de centaines de tanks, de véhicules de transport de troupes et de minivans armés de lourdes mitrailleuses et qui ont pris le contrôle de la capitale de la province la plus étendue d’Irak, l’Anbar.

Les sources occidentales des renseignements dans la région de Ramadi diffusent des rapports particulièrement troublants et inquiétants, attestant de milliers de combattants lourdement armés de Daesh, jaillissant apparement de nulle part pour se lancer sur la ville, alors que personne ne se serait avéré capable de détecter d’où ils arrivaient et qu’aucune action aérienne n’a été entreprise pour les disperser et clairsemer leurs rangs avant qu’ils ne pénètrent dans la ville. 

Après la cuisante défaite de Ramadi, le prochain test régional pour l’Administration Obama -étalant son incompétence- survient d’un navire-cargo iranien, accompagné par deux autres navires de guerre, qui se dirige actuellement en direction du port yéménite d’Hodeida, sur la Mer rouge et qui prévoit d’y accoster le jeudi 21 mai. Selon Téhéran, ce navire transporte 2.500 tonnes « d’aide humanitaire » (pour « cargaison d’armes ») et des centaines de passagers qui débarqueront comme personnel d’aide médicale du Croissant Rouge. 

Les flottes saoudienne, américaine et égyptienne imposent un blocus maritime et aérien autour du Yémen pour empêcher l’Iran de fournir des armes neuves aux rebelles houtis. Les renseignements saoudiens et régionaux sont, en fait, persuadés que ces « personnels paramédicaux » sont des officiers et des instructeurs des Gardiens de la Révolution déguisés, envoyés sur place pour renforcer et restructurer les rangs de la révolte houtie. 

Washington, Riyad et le Caire ont tous promis de stopper la flottille iranienne avant qu’elle n’entre dans le port du Yémen et affirmé que ses navires seraient contraints de subir les inspections suffisantes à s’assurer qu’aucune arme illicte ne se trouve à bord et de confirmer l’identité des passagers. 

Téhéran, pour sa part, a menacé de traiter toute inspection de cette nature comme un « acte de guerre » (ce qui suffirait à faire la preuve que cette tentative en relève bien). Le Commandant-adjoint des Gardiens de la Révolution, le Général Masoud Jazayeri l’a exprimé pleinement en disant : « Je vous déclare de façon très claire que la patience de l’Iran a des limites. Si le navire d’aide iranien se voit empêché d’atteindre le Yémen, alors, aussi bien les Américains que les Saoudiens doivent s’attendre à de vives réactions de notre part ». 

Les analystes de Debkafile doutent fortement que le porte-avions USS Theodore Roosevelt et sa force de frappe, qui a surveillé tous les mouvements de la flottille iranienne, recevra l’ordre d’intervenir contre les navires de l’Iran avant qu’ils n’atteignent le port yéménite. Car ce n’est pas « le bon moment » pour le Président Barack Obama d’énerver les Iraniens, alors qu’il a un besoin drastique de milices chiites irakiennes contrôlées par l’Iran pour tenter de faire face à Daesh, en se mettant en travers du chemin de ses colonnes blindées prêtes à foncer sur Bagdad. 

Sans l’appui américain, il est encore difficile d’envisager que les navires de guerre saoudiens et égyptiens s’engagent directement dans une confrontation avec la force navale iranienne et qu’ils prennent le risque d’une conflagration militaire majeure (ou guerre régionale directe). 

Par conséquent, tout comme le B-52H est venu et est reparti, en faisant de la figuration, soit sans mener la moindre action pour entraver la route de l’Etat Islamique qui se rapproche dangereusement de Bagdad, le  Roosevelt ne va probablement pas chercher à arrêter les navires de guerre iraniens avant qu’ils n’atteignent le Yémen. 

debka.com

Adaptation : Marc Brzustowski.

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