Les Palestiniens lancent une nouvelle tactique de confrontation par le terrorisme « localisé » contre Israël

Palestinian pipe bombs in Jerusalem

Des bombes artisanales palestiniennes découvertes à Jerusalem
Pipe-bombs (1)

 

Trois dates sont à retenir comme les points de repères d’une nouvelle explosion de violence palestinienne armée contre Israël :

Le 30 août, une escouade de l’armée et de la police, en opération de routine visant à intercepter des suspects de terrorisme, était retardée dans le camp de réfugiés de Jénine, en Judée-Samarie/bande cisjordanienne par de féroces gangs armés de pierres, de barres de fer et de bombes incendiaires. Puis le 13 septembre, une voiture israélienne était caillassée à Jérusalem, tuant son conducteur, Alexander Levlovitch, 64 ans. Il rentrait en voiture à la maison, à la veille du Nouvel An juif.

Les Palestiniens continuent à bombarder de pierres les véhicules israéliens et cela fait désormais partie du paysage ordinaire des routes à l’intérieur et hors de Jérusalem,mais cette fois, cela s’est terminé en meurtre.

Le jour suivant, le 14, des gangs de jeunes palestiniens déchaînés se sont heurtés aux gardes de la police israélienne sur le Mont du Temple, pour le contrôle des portes de la Mosquée Al Aqsa. Ils ont employé des pierres, des blocs de béton et des barres de fer amassés à l’intérieur de la mosquée.

Les analystes du contre-terrorisme de Debkafile diagnostiquent ces événements et d’autres qui leur sont liés comme les trois coups d’envoi d’un soulèvement palestinien contre Israël, mais sous un nouveau déguisement. Les forces de sécurité commencent à parler « de terrorisme armé à cibles localisées ».

Leurs principaux traits saillants tiennent à la collaboration en vue d’opérations ad hoc, entre deux groupes palestiniens rivaux ou plus, et à leur nature « localisée ». Elles tendent à démontrer qu’elles sont planifiées par avance pour une zone d’actions spécifiques.

Ces collaborateurs, lors de l’explosion à Jénine, étaient le Hamas et le Jihad Islamique. Pour les attaques du Nouvel An (Rosh Hashana), le Fatah (dont le dirigeant est Mahmoud Abbas) et le Hamas ont su se serrer les coudes et se donner la main.

Ils partagent cinq objectifs :

1. Saboter les célébrations juives des festivités du Nouvel An (Rosh Hashana) à Jérusalem.

2.  Faire monter la pression et augmenter le nombre de heurts palestiniens contre les forces de sécurité israéliennes, grâce à l’usage accru de bombes incendiaires et d’engins explosifs.

3. Instaurer une présence prédominante sur le Mont du Tempe, en le répartissant et le subdivisant entre diverses factions palestiniennes.

4. Interdire l’accès à tout Juif sur le périmètre du Mont du Tempe, qui est révéré comme le lieu saint des Temples Juifs détruits.

5.  Protester contre la décision israélienne de mettre hors la loi les gangs de Muribitun et Muribitah, délégués par des groupes musulmans radicaux pour chasser les Juifs de l’espalanade du Mont du Temple- si nécessaire, par la force.
6.  De mettre en garde le Roi Abdallah du fait que les Palestiniens sont unis contre ses prétentions à restaurer la surveillance et la garde musulmane hachémite surle Mont du Temple et la Mosquée Al Aqsa. Ils perçoivent ce projet du roi dedoubler le nombre de sentinelles postées sur ce lieu saint par l’administration religieuse du Waqf musulman, qui agit sous les ordres de la Jordanie sur le Mont du Temple, comme faisant partie intégrante des efforts du roi pour en prendre le contrôle.

Ces extrémistes palestiniens sont satisfaits d’avoir obtenu, jusqu’ici, plusieurs bénéfices grâce à leur nouvelle stratégie d’agression contre Israël :

a)  Le Fatah et le Hamas travaillent très bien ensemble, au cours de leur première opération commune, après des années de lutte l’un contre l’autre. Leur collaboration défie et sape un peu plus l’influence qui va s’amenuisant du Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas.

b)  Un Israélien a été tué.

Les services de sécurité israéliens peuvent, néanmoins affirmer un succès important. Un renseignement solide qui est parvenu au service de sécurité intérieur du Shin Bet a mis en évidence l’adresse d’un appartement dans la Vieille Ville de Jérusalem où étaient assemblées des bombes artisanales. Une descente très bien minutée, le 13 septembre et la saisie de ces bombes improvisées mais meurtrières ont permis de déjouer un désastre majeur et des pertes en masse – probablement même près du Kotel.

Mais dans le travail de renseignement, aucun succès isolé ne peut garantir que tout complot terroriste est avorté dans un proche avenir.

Les stratèges israéliens tout comme leurs homologues à Amman, se creusent les méninges pour trouver des parades et des sanctions efficaces et dissuasives afin d’endiguer la spirale croissante de la violence palestinienne.

Les sources de Debkafile en matière d’anti-terrorisme discernent dans cette nouvelle escalade certaines caractéristiques communes avec les heurts observés dans les pays arabes, au cours de ces récentes années entre des populations et groupes religieux opposés.

Par conséquent, la terreur palestinienne dans et autour de Jérusalem, qui déborde depuis le dernier week-end, va probablement se propager sur d’autres parties du pays, comprenant aussi la Judée etla Samarie, voire chercher à enflammer les communautés arabes d’Israël, en solidarité avec leurs proches palestiniens. Nous pourrions bien être au bord d’une Intifada (un soulèvement) tout prêt à exploser.

Conscient de ce risque,le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a convoqué une réunion d’urgence, mardi soir 15 septembre, à laquelle assistaient le Ministre de la Défense Moshe Ya’alon, le Ministre de la Sécurité publique Gilead Erdan, la Ministre de la Justice Ayelet Shaked, leMinistre des Transports Israël Katz, le Procureur Général et les chefs des différents services de renseignements.

Nos sources restent néanmoins sceptiques sur le fait que cette réunion soit parvenue à produire des mesures pour endiguer la vague montante de ce terrorisme palestinien. Le plan de Netanyahu d’appliquer les règles judiciaires et mesures de maintien de l’ordre conventionnelles, comme la nouvelle législation élevant les peines de prisons minimales des jeteurs de pierre, arrive trop tard. Ces lanceurs de pierres se sont déjà transformés en poseurs de bombes. L’allongement de ces peines de prison a déjà échappé des mains du gouvernement, en tant que moyen efficace et dissuasif contre le terrorisme, quand, le 29 juin, un suspect palestinien a obtenu sa libération de détention administrative en menant une longue grève de la faim. Le gouvernement israélien a cédé à la pression, mettant en lumière les faiblesses de son système légal et judiciaire, dans le cadre des moyens de lutte contre le terrorisme. [NDLR : Mohammed Aalan a été replacé en détention administrative mercredi matin par la police d’Ashkelon]

Ensuite, le 11 août, Netanyahu et Ya’alon ont ordonné aux soldats faisant face à des agressions palestiniennes que, dorénavant, il ne leur était permis que de tirer en l’air, à moins qu’ils ne soient confrontés à une menace imminente mettant leur vie en danger.

Cet ordre a été diffusé pour diminuer le nombre de terroristes tués et les statistiques négatives dans les médias internationaux. Mais sur les théâtres de confrontation, les Palestiniens, qui n’ont plus peur de se faire tuer ni d’être blessés, ont été encouragés à mener une escalade dans leurs agressions et ont pu atteindre ce nouveau seuil dans les affrontements. [NDLR : il semble, selon les effets d’annonce du Premier Ministre, que tous ces protocoles d’auto-défense et d’autorisation de tirs vont être modifiés, à la suite de l’utilisation des bombes incendiaires et pluies de pierres par les Palestiniens. Cet ordre préalable n’aurait donc plus lieu d’être, du fait des tensions et des meurtres actuels de Juifs].

DEBKAfile Analyse Exclusive 15 septembre 2015, 11:38 AM (IDT)

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