Le journaliste israélien Noah Klieger, le plus ancien correspondant de L’Équipe, est mort jeudi à l’âge de 92 ans. Il était un survivant de la Shoah. Klieger avait été déporté à Auschwitz et avait eu la vie sauve en participant à des combats de boxe.

Dans un entretien accordé à L’Equipe et publié le 8 décembre 2014, Noah Klieger déclarait : «Le sport m’a sauvé la vie».

On est en 1943 et le jeune homme de 16 ans, né à Strasbourg et de confession juive, est déporté à Auschwitz.

Le commandant du camp d’extermination est un passionné de boxe et, pour divertir ses hommes, organise des combats entre déportés.

Sans rien connaître au noble art, Klieger se fait pourtant passer pour un boxeur, arrive à duper les gardes SS et apprend quelques rudiments auprès d’un vrai boxeur. Ça lui permettra de survivre à l’Holocauste.

Les déportés qui composaient l’équipe de boxe étaient en effet mieux traités, recevant notamment une ration supplémentaire de soupe.

A Auschwitz, Noah Klieger fera la connaissance de Victor « Young » Perez, champion du monde des poids mouches en 1931 et mort assassiné en janvier 1945 lors d’une marche de la mort, après l’évacuation du camp.

Noah Klieger survivra à Auschwitz. Quelques années après sa libération, il embarque à destination d’Israël, au moment où l’état hébreu voit le jour. Klieger fera le voyage à bord de l’Exodus, ce bateau qui embarqua clandestinement des Juifs vers la Palestine en 1947 mais qui fut refoulé par les autorités britanniques.

Depuis sa jeunesse, Noah Klieger était un passionné de sport, avec une préférence pour le basket.

En Israël, il deviendra journaliste sportif et le ballon orange aura une place importante dans sa carrière. Il couvrira notamment 29 éditions du Championnat d’Europe, dont celle de 1951 à Paris.

Les matches avaient lieu au Vel’ d’Hiv, là où plus de 13 000 Juifs furent parqués en juillet 1942 avant d’être déportés.

Plongé au coeur de nombreux drames du XXe siècle, Noah Klieger était également aux Jeux Olympiques de Munich en 1972, lorsque 11 sportifs et membres de la délégation israélienne furent assassinés par un commando palestinien.

Une passion pour le basket et un rôle de président du Maccabi Tel-Aviv

Dans sa carrière de journaliste, Klieger fut également correspondant pour le journal L’Equipe. Il occupait cette fonction depuis 1953, ce qui en faisait jusqu’à aujourd’hui le plus vieux correspondant du quotidien français.

En 1957, il avait intégré la rédaction du journal israélien Yediot Aharonot, où il effectua toute sa carrière. Sa passion pour le basket fut telle qu’il présida le Maccabi Tel-Aviv de 1951 à 1968, soit avant que celui-ci ne remporte sa première Coupe d’Europe des clubs champions (en 1977).

Sous sa direction, le mythique club israélien avait atteint la finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs des coupes en 1967 mais s’était incliné face aux Italiens de Varese.

En 2015, Noah Klieger avait été élu au Hall of Fame de la Fédération internationale (FIBA).

Auteur de nombreux ouvrages, il avait publié son autobiographie « Plus d’un tour dans ma vie » en 2014.

Il s’est éteint jeudi à l’âge de 92 ans.

L’Equipe adresse ses plus sincères condoléances à sa famille.

lequipe.fr

 

Décédé à l’âge de 92 ans, Noah Klieger était un immense personnage bien au-delà du basket-ball.

Tout ceux qui l’on côtoyé connaissent leur chance d’avoir pu échanger avec ce polyglotte charmant à l’humour parfois acide.

Noah Klieger fut par ailleurs un contributeur important au développement du basket européen pendant plus d’un demi-siècle.

-Il a assisté à 30 championnats d’Europe, 11 Championnats du monde et 8 Jeux Olympiques.

-Il fut le président du Maccabi Tel-Aviv de 1951 à 1969 et du Maccabi Ramat-Gan de 1970 à 1998.

-Il fut le président de la Commission des médias de la FIBA pendant 25 ans.

-Il a été impliqué dans d’autres activités de la FIBA à partir de 1951.

A sa famille, BasketEurope présente ses sincères condoléances.

basketeurope

Rescapé d’Auschwitz, passager de l’Exodus, soldat de la guerre d’Indépendance d’Israël, puis plus tard journaliste de renom, Noah Klieger, est décédé jeudi matin à l’âge de 92 ans.

Noah Klieger a reçu en cadeau le don de survivre, il s’en tire toujours d’extrême justesse.

Depuis le début, où à l’âge de 16 ans, en 1942, il exige la libération de son père devant un officier SS.

Jusqu’à la fin, où il termine vivant la Marche de la mort, aux côtés de 600 autres prisonniers arrivés à Ravensbrück à bout de forces, alors qu’ils étaient 3 000 au départ du camp de Dora.

Après la Libération, Noah Klieger fera partie de l’équipage de l’Exodus. Il se portera volontaire pour combattre pour l’Indépendance d’Israël.

Après la guerre, il couvre comme journaliste les procès de criminels de guerre nazis en Belgique (dont le procès des dirigeants du camp de concentration belge de Breendonk pour un journal bruxellois en mars 1946), en France et en Allemagne, mais aussi en Israël ceux de Adolf Eichmann et de John Demjanjuk.

Le sport occupera toujours une place à part dans la vie du boxeur amateur d’Auschwitz.

Journaliste sportif pour le quotidien israélien Yediot Aharonot, il sera aussi correspondant de l’Equipe et le premier israélien à couvrir le Tour de France.

Pendant 17 ans, il dirigera la section de basket du célèbre club le Maccabi Tel Aviv.

Yaakov Tanenbaum –

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