Nouvelles Forces de Sécurité des Frontières kurdo-arabes rercrutées par la coalition pro-américaine

La perte de confiance entre Trump et Poutine fait capoter les zones de désescalade aux frontières de la Syrie avec Israël et la Jordanie

La décision de Washington de maintenir les bases américaines dans le Nord de la Syrie, sécurisées par une nouvelle force locale formée de 30.000 hommes, vient de s’attirer une menace retentissante de la part de Moscou. Le Colonel-Général Vladimir Shamanov,président de la Commission de Défense de la Douma (parlement russe), a déclaré : « Les pratiques des Etats-unis, qui dirigent une coalition internationale supposée combattre Daesh, contredisent les intérêts russes en Syrie. La Russie travaillera en coopération avec ses partenaires pour prendre les mesures nécessaires afin d’établir la stabilité en Syrie », transmet l’agence de presse Novosti en retranscrivant ses propos de mardi 16 janvier.

Lundi, le Ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov a affirmé : « Il y a des criantes qu’ils (les Etats-Unis) poursuivent une politique visant à découper la Syrie en plusieurs tronçons (enclaves) ». Le même jour, une délégation de chefs rebelles syriens est arrivée à Washington pour tenter de persuader les Américains de restaurer l’aide qui leur était fournie avec les accords de déconfliction avec la Russie.

L’administration américaine a suspendu ce programme d’aide il y a sept mois, immédiatement après que les Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine se soient parlé lors du sommet du G20 à Munich en juillet 2017. C’est là qu’ils se sont mis d’accord pour établir une série de zones de désescalade en Syrie, afin de mettre progressivement un terme au conflit, avec une attention spéciale portée sur les régions frontalières avec Israël et la Jordanie.

Cependant, quand ces dernières semaines, Trump a découvert que les Russes ouvraient la voie à l’Iran pour que les Mollahs puissent approfondir leur présence en Syrie, il a perdu confiance en son accord passé avec Poutine. Les rebelles syriens ont alors senti une opportunité à portée de main de tenter une réanimation de l’aide américaine en armement. Une délégation de l’armée libre syrienne s’est, conformément à ce plan, rendue en avion à Washington cette semaine et a ouvertement sollicité la CIA pour qu’elle relance ses anciens programmes d’entraînement et d’aide logistique.

On peut supposer que les chefs de l’ALS ont pu recevoir certains signes de l’administration Trump que leur voyage en valait la peine. Ils peuvent aussi avoir interprété que, si Washington prévoit de monter une nouvelle armée kurdo-arabe dans le Nord de la Syrie et la Vallée de l’Euphrate, dominée par les YPG kurdes, il leur devenait également accessible de reconstruire l’Armée Syrienne Libre sur d’autres fronts, en particulier contre l’armée du régime Assad, et ses alliés des milices iraniennes et du Hezbollah.

En un mot, la situation est très éloignée des allégations de Poutine sur la base aérienne de Hmeimim près de Latakia, le 11 décembre 2017, prétendant alors que la guerre se terminait par une victoire russe et sans laide de personne. Au lieu d’être terminée, la guerre vient de passer à une nouvelle phase.

En faisant une nouvelle allusion aux plans américains de formation d’une armée des frontières dans le Nord de la Syrie et en lisière de l’Irak, Lavrov a déclaré lundi : « Ce que cela signifie c’est que de vastes bandes de territoires le long des frontières de la Turquie et de l’Irak jusqu’à l’Est du fleuve Euphrate se retrouveraient de facto isolés (du reste du territoire syrien) ». Il s’en est plaint : « Il n’y a rien dans les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui puisse confirmer ce point, pas plus que cela ne se trouverait dans nos accords préalables, aussi attendons-nous des clarifications de la part des Etats-Unis ».

Mais l’administration Trump est actuellement occupée à traduire ses décisions en actions sur le terrain en Syrie et n’a pas de temps disponible pour alimenter les querelles diplomatiques. Les zones de désescalade mises au point par les deux dirigeants il y a sept mois se dissipent, sous la pression conjuguée des mouvements irano-russes, les réactions américaines pour les contrer et les nouvelles menaces russes, voulant profiter de la coalition pro-américaine sans la moindre contrepartie, en installant les Iraniens en Syrie. Il revient à présent à Israël de s’adapter à cette nouvelle réalité qui se manifeste par l’absence de sécurité sur les zones frontalières syriennes, dont le Golan et la région de Dera’a.

 

Fading Trump-Putin trust derails de-escalation zones on Syria’s borders with Israel, Jordan

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