Les Marranes au Brésil et au Pérou (P. Mamou)

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Un danseur de l’école de samba de Portela se produit pendant la deuxième nuit du Carnaval de Rio au Sambadrome de Rio de Janeiro, Brésil, le 12 février 2018. (AFP/Mauro PIMENTEL)

Le Brésil fut officiellement découvert par le Portugais Cabral assisté de son pilote Juif, le marrane (1) Gaspar de Gama en 1500.  D’autres sources affirment qu’un autre marrane les avait précédé en 1497 Jaro Ramalho.

Il avait accosté les côtes du Brésil fuyant le Portugal cette même année 1497 où le roi Manuel obligea tous les Juifs résidant au Portugal à se convertir au catholicisme. Par Pierre Mamou.

Dés l’installation de l’Inquisition en 1540, de nombreux Marranes Portugais appelés nouveaux chrétiens, réussirent à s’installer au Brésil.

Certains d’entre eux d’abord passés par les îles de Sao-Tomé et du Cap vert au large de l’Afrique et ayant maîtrisé la culture de la canne à sucre,l ‘introduisirent au Brésil.

Bientôt à Bahia et à Pernambouc, une partie importante de l’aristocratie sucrière était composé de marranes.

Mais l’Inquisition s’installa aussi en Amérique du sud. Elle poursuivit impitoyablement les nouveaux chrétiens soupçonnés de judaïser en secret. Les Marranes prospéraient aussi dans l’artisanat le commerce.

Ils étaient également juristes, militaires et même ecclésiastiques.

En somme, ils occupaient des postes importants dans l’administration des nouveaux territoires.

Mais ces obstacles à une vie tranquille cessèrent quand les Hollandais secondés par des Marranes Portugais installés à Amsterdam firent la conquête du nord du Brésil de 1630 à 1654.

Ils autorisèrent les nouveaux chrétiens à revenir ouvertement au judaïsme comme en Hollande.

200 Marranes accueillent à Bahia la Flotte Hollandaise ainsi que Moise Cohen Henriqués, second de la flotte Hollandaise.

Il s’était illustré auparavant dans des attaques de la flotte Espagnole, prenant ainsi une revanche sur les souffrances infligées aux Juifs.

Le retour des Portugais

Toutefois, les Portugais reconquirent le nord du Brésil. Face à de nouvelles persécutions beaucoup de Juifs quittèrent le Brésil pour l’Amérique centrale et les colonies anglaises tolérantes.

Ils partirent aussi pour une ville de l’Amérique du Nord, autre colonie anglaise qui s’appelait la Nouvelle Amsterdam.

Cette ville allait bientôt changer de nom pour devenir New York. C’était au 17ème siècle.

Avec Newport, ces villes allaient devenir les premières communautés juives séfarades d’Amérique du nord.

Ceci, 200 ans avant l’arrivée massive des immigrants ashkénazes au 19ème siècle.

Il faudra attendre aussi le début du 19ème siècle pour voir arriver au Brésil des Juifs marocains d’origine Ibérique s’installer à Pernambouc, Bahia et surtout en Amazonie.

Dés 1810, ils s’installèrent le long du fleuve Amazone en passant par Manaus. Puis, ils remontent jusqu’au Pérou où malgré de multiples difficultés, ils réussissent à s’implanter définitivement, et pour certains, à y faire fortune.

Les juifs Marocains du Pérou

Au Pérou, le groupe Juif est issu d’immigrants Marocains venus du bassin Brésilien d’Amazonie parlant le ladino, l’hébreu et l’hatekia, le dialecte judéo-marocain.

Ils venaient de Fès, Tanger, Tétouan, Casablanca, Salé , Rabat et Marrakech.

Ils travaillent dés la fin du 19ème siècle dans les villes amazoniennes attirés par le boum du caoutchouc.

A l’époque moderne, l’inexistence d’un antisémitisme significatif au Brésil a contribué à l’identification des Juifs comme des Brésiliens très attachés à leur pays qui ont fondé de nombreuses institutions Juives et se sont impliqués dans la vie politique.

Les Evangéliques au Brésil soutiennent fortement, comme aux Etats Unis,  l’Etat d’Israël.

Une étude génétique récente, révèle que 16% de la population blanche d’Amazonie descend de Juifs Marocains qui restent attachés au judaïsme. Ceci est une proportion plus importante qu’à Sao-Paulo, où vivent 60% des 120 000 Juifs Brésiliens actuels.

Par des mariages mixtes contractés par ces descendants de Juifs Marocains avec des Amérindiens et Amérindiennes, Israël a accueilli ces dernières années des « Peaux Rouges » qui ont effectué leur alya !

Pierre Mamou

coolamnews

(1) un marrane, terme signifiant “porc” en espagnol désigne un juif converti de force au christianisme après l’Inquisition qui est suspecté de pratiquer en secret le judaïsme.

2 COMMENTS

  1. “Certains d’entre eux d’abord passés par les îles de Sao-Tomé et du Cap vert au large de l’Afrique et ayant maîtrisé la culture de la canne à sucre,l ‘introduisirent au Brésil.” Vous oubliez un détail important: les Juifs de Sao Tomé étaient 2.000 orphelins dont les parents avaient été suppliciés sur les bûchers de l’Inquisition à Lisbonne en 1510, déportés par les autorités qui pensaient qu’ils ne résisteraient pas au climat, aux travaux d’esclaves et à la conversion. Ils amenaient avec eux le savoir faire des Juifs d’Andalousie, qui cultivaient et transformaient la canne à sucre, technique importée d’Egypte et d’Irak. Les 2/3 ont péri,mais les survivants ont gagné le Brésil en compagnie de leurs compagnons esclaves africains à la 1ère occasion.

  2. Certes… Mais quelle triste fin pour notre Vasco…
    À noter qu’au Brésil, ça se gâte au niveau de la rue. Comme aux USA, ce n’est pas le soutien des Évangélistes qui protège l ‘homme juif qui marche dans la rue et fait ses courses, ou prie.

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