Des « gilets jaunes » à Rochefort le 24 novembre 2018 (Xavier Leoty/AFP)

« Les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet », a réagi le « gilet jaune » Benjamin Cauchy.

Insuffisantes, trop tardives, sans améliorations… Les concessions du Premier ministre n’ont pas suffi à combler les attentes des « gilets jaunes ».

Ce mardi, Edouard Philippe a confirmé un moratoire de six mois sur la hausse de la taxe carbone, sur l’essence, le fioul et le diesel ; la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l’essence et l’alignement sur la fiscalité des particuliers de la fiscalité du gazole des entrepreneurs non routiers.

Des mesures demandées depuis le début du mouvement des « gilets jaunes »

« Ce n’est pas ce qu’on attendait » 

Si Benjamin Cauchy, une des figures du mouvement, a salué une « première étape » avec le moratoire, il estime toutefois que c’est insuffisant : « Les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet »,

a-t-il déclaré à l’AFP, en réclamant des « états généraux de la fiscalité », « une nouvelle répartition des richesses en France » et l’instauration de « référendums réguliers sur les grands enjeux sociétaux ».

« Ce n’est pas du tout ce qu’on attendait », a regretté auprès de l’AFP Éric Drouet, l’un des membres historiques les plus connus des « gilets jaunes », appelant à une « revalorisation du Smic et au retour de l’ISF ».

« On demande à ce que notre pouvoir d’achat puisse augmenter », explique de son côté Lionel Cucchi sur BFMTV.

Ce « gilet jaune » des Bouches-du-Rhône « appelle également à l’apaisement parce que [le gouvernement] commence à nous écouter, mais il faut réellement agir. […] On attend des mesures plus concrètes, c’est-à-dire une baisse des fiscalités, une augmentation de salaire. »

Des « mesurettes »

« Le pouvoir essaie de nous endormir », juge de son côté Lionel Rambeaux, un soudeur de 41 ans, « gilet jaune » sur un barrage au Mans.

« Six mois, c’est rien. Ils font ça pour qu’on lève le camp et rentre chez nous mais on ne va pas bouger. On veut la démission de Macron et tout son gouvernement. »

 

« Ce sont des mesurettes. On attendait autre chose que des mesures symboliques pour faire baisser d’un palier la colère », soupire à ses côtés Marc Beaulaton, 59 ans, retraité d’EDF.

En attendant des concessions plus poussées, les « gilets jaunes » insatisfaits comptent bien poursuivre leur action.

« Les actions vont continuer. Globalement rien ne change », assure Laure, la chargée de communication de Yellow Friday Revolution, un groupe de « gilets jaunes » de la région bordelaise, à l’AFP.

« Ce ne sont que des annonces pour calmer la situation.  Il n’y a aucune mesure d’amélioration. Ce ne sont que des suspensions de mesures qui auraient encore aggravé notre situation.

 

Son groupe, affirme-t-elle, est décidé à manifester à nouveau à Bordeaux samedi et a entrepris des démarches pour se joindre à la Marche pour le climat prévue le même jour.

Un blocage levé à Brest

Les concession du Premier ministre ont toutefois satisfait quelques manifestants.

Les indépendants des travaux publics qui bloquaient depuis sept jours le dépôt pétrolier de Brest ont décidé de lever le blocage du site. « On s’en va », a déclaré l’un des organisateurs du mouvement joint par l’AFP.

On juge satisfaisant le moratoire de six mois, en sachant bien que si on n’a pas ce qu’on veut, on reviendra. Ils savent de quoi on est capables.

Le blocage du dépôt pétrolier de Lorient, dans le Morbihan, est quant à lui maintenu jusqu’à nouvel ordre.

AFP

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