L’Égypte avait-elle alerté Netanyahu avant l’attaque du 7 octobre ?
Quelques jours avant l’attaque du Hamas contre Israël, le chef du renseignement égyptien, Abbas Kamel, aurait tenté de joindre directement Benjamin Netanyahu pour l’avertir d’un danger venu de Gaza. Cette révélation relance une question restée ouverte depuis le 7 octobre 2023 : quels signaux étaient parvenus aux dirigeants israéliens, et qu’en ont-ils fait ? Le bureau du Premier ministre conteste qu’un tel échange ait eu lieu.
D’après plusieurs responsables arabes informés du dossier, Le Caire avait exprimé une première inquiétude dès juin 2023, jugeant la situation à Gaza instable. Le message s’était fait plus pressant en septembre. Le 26 de ce mois, Abbas Kamel se serait rendu discrètement en Israël à bord d’un avion lié aux services égyptiens. Il aurait averti des responsables israéliens que le Hamas semblait se préparer à une opération d’ampleur et que le temps manquait pour éviter une escalade. Le même jour, Netanyahu participait à une cérémonie consacrée à la guerre du Kippour, dont la surprise avait marqué durablement les services de renseignement israéliens.
Selon les nouveaux témoignages, l’absence de réaction jugée suffisante par Le Caire aurait conduit Kamel à renouveler son avertissement par téléphone au début d’octobre. Certains récits évoquent un appel à Netanyahu, d’autres à son bureau. Des responsables égyptiens auraient continué à signaler le risque jusqu’à deux jours avant l’offensive. Ces messages décrivaient une menace grandissante, mais ne précisaient ni le jour de l’attaque ni son déroulement : franchissements de la frontière, assauts simultanés contre des localités et des bases, et prises d’otages. Cette limite compte. Une alerte sur une attaque possible ne signifie pas que son scénario était connu à l’avance.
Les avertissements présumés intervenaient dans un climat de tensions à la frontière de Gaza. La fermeture du passage d’Erez avait notamment empêché des milliers de travailleurs palestiniens de se rendre en Israël, tandis que des médiateurs cherchaient à obtenir un apaisement. Kamel aurait proposé des concessions économiques pour réduire la pression. Dans les jours qui ont suivi sa visite, Israël a rouvert le passage et accepté certaines mesures, sans que cela empêche l’attaque du 7 octobre, qui a fait environ 1 200 morts en Israël et conduit à l’enlèvement de 251 personnes.
Le désaccord porte désormais sur la transmission et l’interprétation de ces alertes. Le bureau de Netanyahu affirme que le Premier ministre n’a ni rencontré ni parlé à Kamel dans les mois précédant l’attaque et qu’aucun responsable israélien ne lui a communiqué un tel avertissement. L’Égypte avait, de son côté, démenti avoir annoncé une attaque précise le 7 octobre. Sans examen indépendant des échanges et de leur circulation au sein de l’État israélien, ces témoignages ne permettent pas d’établir qui savait quoi, ni à quel moment.
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