La France n’en a pas fini avec l’antisémitisme
« Sale juif » : ils sont nombreux à subir cette violence au quotidien.
C’est une goutte.
Le 11 juin à Paris, Elie M., 12 ans, a dit à ses parents qu’il faudrait changer de nom : au collège on l’avait traité de « sale juif ».
Le 30 avril à Marseille, deux jeunes garçons ont été interpellés dans la rue :
« Nous, on est pour la Palestine, on n’aime pas les juifs, on va tous vous tuer, on va tous vous exterminer, sales juifs que vous êtes. »
Puis ils se sont fait casser la gueule.
Le 8 juin à Sarcelles, un adolescent a été insulté par trois jeunes :
« Ferme ta gueule, sale juif. » Il s’est défendu ; l’un d’eux l’a tenu au cou pendant que les deux autres le frappaient.
Ça ne fait pas de bruit, une goutte, on ne l’entend que si on tend l’oreille.
Le 26 mars à Paris, un enfant de 11 ans portant tsitsits, ces franges traditionnelles, a pris des coups de poing au visage à quelques mètres de son école.
« Sale juif « , a dit son agresseur.
Le même jour à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, en rentrant de la synagogue, un rabbin a été insulté par une bande de gamins de 12 ans environ.
Ils lui ont jeté des pierres.
Quatre jours plus tôt, Mohamed Merah avait été abattu par la police à l’issue d’une équipée sanglante dans laquelle il avait tué sept personnes dont trois enfants juifs et un rabbin dans une école confessionnelle.
Chaque fois c’est pareil : on pense que l’horreur d’un crime éteindra les mauvais instincts.
Mais l’émotion, pour être générale, n’est jamais unanime.
Au contraire.
Le djihadiste toulousain est devenu un genre de héros pour une petite minorité.
Des tags à sa gloire, un peu partout, ont fleuri.
Lors de la minute de silence imposée dans toutes les écoles en hommage aux victimes de l’école Ozar Hatorah, de nombreux incidents ont été répertoriés.
A Caussade, dans le Tarn-et-Garonne, une collégienne a dit :
« Pour les juifs, je m’en fiche, mais s’il y a des Arabes, on peut le faire.
J’aime pas les juifs, c’est comme ça.
» Convoqués, ses parents l’ont soutenue : « Vous ne faites rien pour les Palestiniens. »
A Marseille, une famille a été prise à partie par un doctorant en physique de 24 ans.
Fils d’une universitaire et d’un ingénieur, il voulait « parler de la Palestine » avec le père de famille et lui a cassé la mâchoire.
« J’ai vu à sa tête qu’il était sioniste », a expliqué à ses juges celui pour qui Mohamed Merah était un « résistant ».
Il a été condamné à un an ferme.
Une goutte dans un océan d’actualité.
Une de plus. On aimerait l’oublier, la laisser tomber puis sécher dans son coin, la dédaigner.
Mais elle revient toujours, avec une régularité de métronome.
La France n’en a pas fini avec l’antisémitisme … »>Article original
Dans l’Obs : "Antisémitisme, ce qu’on ne veut… par LeNouvelObservateur
Isabelle Monnin/Temps Réel Nouvel Obs.com Article original
Professeur d’histoire-géographie à Saint-Denis, Iannis Roder ne se serait jamais attendu à retrouver auprès de ses classes les pires réflexes antisémites.
Dans le cadre du dossier du Nouvel Observateur « Antisémitisme : ce qu’on ne veut pas dire », le Plus publie son témoignage.
Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah.
Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs.
La première fois, c’était en 1998 dans une classe de cinquième.
Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé :
« On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures !
De toute façon, moi j’aime pas les juifs. »
Je suis tombé des nues.
Ce n’était que le début.
Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada.
Je me souviens précisément du 12 septembre 2001.
La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication « complotiste » :
« Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait. »
Pour une minorité, c’était « bien fait pour les Américains et pour les juifs ».
Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam.
En 2002, un garçon m’a expliqué que « Hitler aurait fait un bon musulman ».
Cela fait dix ans que je sais que c’est là, latent chez certains.
Dès qu’on évoque la Shoah ou qu’ils comprennent qu’un des personnages est juif, ça sort.
Par exemple, cette année, Ousmane, 15 ans, alors que je parlais de Léon Blum : « Il est juif, qu’il crève ! »
Comme ça, direct.
Je l’ai envoyé chez le proviseur qui a convoqué sa mère.
Elle a pleuré et décidé de le changer d’établissement.
Plus tard, des copains d’Ousmane m’ont rapporté ses propos :
« Roder, il s’est énervé pour rien, un truc de fou. »
Il ne voyait pas le mal.
Pourquoi nie-t-on cette réalité dramatique ?
En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite.
Le déni est ce qui m’a le plus choqué.
Avant, dans les années 80, au moindre soupçon d’antisémitisme, l’indignation était immédiate.
Je me souviens de la manifestation après la profanation du cimetière juif de Carpentras, en 1990, tout le monde était dans la rue.
Là, personne, rien.
On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs.
Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème.
Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas.
Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets.
Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites.
Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois.
Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante.
Du genre : « C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ? »
Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé.
Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait « pas autant pour les enfants palestiniens » ?
Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme.
Désormais, j’ai le sentiment que la communauté scolaire sait, et peut commencer à se demander comment lutter contre ces préjugés.
Que faire contre ce fléau ?
Ces enfants sont les premiers à dire « le racisme c’est pas bien », mais ils ont une vision communautariste de la société.
Pour eux il y a d’un côté les « Français », c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux.
Quand un garçon me dit « les racistes du PSG c’est que des juifs ! », il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids.
Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros.
Ces jeunes sont abreuvés d’images, à la fois surinformés et incapables d’analyser ce qu’ils reçoivent.
Pour ceux qui ont 500 mots de vocabulaire, les théories du complot, les explications simplistes sont rassurantes.
En classe, j’essaye de leur montrer ce qu’il y a derrière les événements.
Quand on commence l’histoire du nazisme, il y a toujours des remarques antisémites au début :
« Hitler a pas fini le boulot, Hitler est mon cousin, les Juifs ont tous les pouvoirs… »
Je les laisse parler, puis je leur explique que le nazisme est une vision raciale du monde, dans laquelle les noirs sont à la limite de l’humanité, et où les Juifs comme les handicapés doivent être éradiqués.
Soudain, ils s’identifient aux victimes, ça disqualifie Hitler.
On peut casser les préjugés chez certains.
Deux jours après l’affaire Merah, un élève m’a dit :
« Vous avez vu ce qu’il a fait celui-là ? Il a tiré dans la tête d’une petite fille.
C’est un nazi en fait, il a cru qu’il tuait son ennemi. »
Je me suis dit qu’il avait compris.
Ça m’a fait plaisir.
Propos recueillis par Isabelle Monnin / Le Plus Nouvel Obs Article original
Les éléments de ce dossier ont été fournis par Saamy Ghozlan du BNVCA.

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Le problème n’a jamais disparu, le nouveau et l’ancien antisémitisme ont toujours fait bon ménage: lors de l’attentat de la rue Médicis, le journal El’alam (LiMonde), a placé un entrefilet dans Proche-Orient, alors que cela avait eu lieu à Paris dans un restaurant universitaire juif. Comme la victime était juive et pas Française, pour eux ça comptait pour du beurre. J’ai cessé de lire le Monde.
J’ai quitté la France en 68 pour faire mon Alyah et y suis revenu en 76, et dans chaque communauté où j’allais, j’entendais tous les actes antisémites dont étaient victimes mes élèves. Plus tard, avec la multiplication des attentats, j’ai entendu tellement d’horreurs et constaté que pour les non-juifs, majoritairement, Liberté, Égalité et Fraternité » était une formule creuse, où l’égalité, c’est que ça leur était vraiment égal…
Je me suis de nouveau exilé, cette fois en Amérique du Nord, mais quelques années plus tard, rentré en France, j’ai pu de nouveau voir où l’on en était. Dans une classe à Saint Étienne une élève de 12 ans m’a repris en cours de français, me disant que « Les Juifs et les Chrétiens sont des menteurs, la Bible et l’Évangile sont postérieurs au Coran », c’était une petite immigrée turque qui se permettait dans l’école de la République de vouloir clouer le bec à cet impudent de prof qui croyait détenir la Vérité. Plus tard, au Lycée la Martinière de Lyon, c’est un élève de 17 ans qui se permettait de me dire que Jérusalem était la capitale de la Palestine. Comme nous étions en 1989, je me suis permis de le corriger, mais je savais que c’était peine perdue. Entre temps, une « amie » catho m’a dit qu’Israël devait disparaître, pour que Jésus puisse revenir…
Je suis rentré en Israël pour élever mes enfants, sans qu’ils aient à justifier de leur droit à exister dans la dignité chaque jour, et sans qu’ils se fassent insulter dans l’indifférence générale, grand bien leur en a fait. Je n’ai jamais regretté, pas même au plus fort de la Guerre du Golfe, ni même pendant la vague d’attentats qui ont deux fois frôlé ma fille qui était à Dizengoff le jour de Pourim et apprenait à 50 mètres du café Apropos. Il vaut mieux vivre debout, en sachant que, comme le disait Brassens, jamais votre trou ne se refermera, que d’être égorgé à petites ou à grandes doses quotidiennement symboliquement ou dans les faits.
NON, Le probleme est au niveau de la classe politique francaise qui soutient les Palestinians et sont pro-arabes.
Cette position ouvre tacitement la porte a l’antisemitisme CLAIR & SIMPLE
Les carences du système éducatif français : il y a danger pour notre société et notre civilisation
Je confirme par ma propre expérience que ce témoignage et l’analyse qui l’accompagne sont exacts et pertinents.Egalement professeur d’histoire-géographie dans l’Académie de Créteil (Val de Marne) j’ai constaté et ce dès 1998 (la coïncidence est confondante) des faits semblables, relativement similaires.J’en ai été secoué comme on dit.Je suis même tombé des nues pour être tout à fait franc.
Les choses se compliquent un peu lorsque j’ai également dû constater que la direction d’un établissement scolaire où j’ai enseigné abondait dans le sens des élèves-voyous proférant insultes,propos antisémites,menaces (y compris de mort)ou tout du moins ne faisait RIEN pour freiner leur frénésie raciste.Il est difficile d’en dire davantage.Ce qui est certain c’est que les élèves n’étaient pas sanctionnés.Si bien que les incidents se répétaient et pouvaient,en réalité (ce que j’ai réalisé ensuite),dégénérer.Ensuite mon cas est devenu « médical » puisque je suis entré en dépression.Mon corps a parlé à la place de mon inconscient.
Je témoigne également car si mon expérience remonte maintenant à quelques années n’ayant pas repris de service dans l’Education Nationale,j’ai eu le temps d’analyser en profondeur des incidents qui ont quand même bouleversé ma vie.L’antisémitisme en France est un phénomène assez marginal même s’il semble avoir pris de l’ampleur depuis quelques années.Sur un millier d’élèves dont j’ai eu la charge je dirais qu’une trentaine étaient des racistes obsessionnels (c’est-à-dire adhérant pleinement aux préjugés grotesques dont ils faisaient état)au point de sombrer déjà dans une forme de pathologie antisémite.C’est beaucoup et peu à la fois.Je veux dire par là que si la lutte contre les préjugés racistes-en particulier l’antisémitisme-était vraiment une priorité éducative je pense que nous en viendrions à bout assez aisément.Je le pense raisonnablement.La question n’est pas tout à fait anecdotique car il faut savoir que des enseignements (particulièrement ceux qui ont trait à la deuxième guerre mondiale) sont perturbés par les interventions intempestives et imbéciles d’activistes que l’on pourrait qualifier d’extrème-droite tant ils rappellent certains fascistes ou nazis d’il y a quelques décennies.Les savoirs académiques sont attaqués frontalement par certains et certaines qui s’illustrent par une ignorance crasse ainsi qu’une bêtise décomplexée.C’est donc l’école de la République qui est également perdante dans cette affaire.Tous les élèves pâtissent de ces inacceptables agressions contre l’école,les professeurs et les savoirs académiques.
Reste donc le problème le plus délicat.L’Education Nationale repose aujourd’hui sur le principe de l’autonomie des établissements.Or il y a des chefs d’établissement (peu nombreux mais c’est un fait incontestable voire de notoriété publique)qui ne sont pas favorables aux principes démocratiques,laïcs,éclairés et humanistes de notre République.Ces quelques responsables administratifs ont une vision très communautariste et communautarisée de la société française et leur « sensibilité » politique est plus proche de l’extrème-droite antisémite que de l’humanisme d’Emile Zola.Par ailleurs il faut ajouter que ces mêmes cadres de la fonction publique bénéficient généralement d’appui dans les Rectorats si bien que toute politique éducative visant à faire reculer les préjugés que nous dénonçons ici même serait en partie vouée à l’échec.Après avoir longuement réfléchi à ces questions ici soulevées je suis parvenu à la conclusion suivante.Tant que le système éducatif éduque le danger reste circonscrit.Or le système éducatif français éduque de moins en moins si bien que le danger est désormais réel
Excellent rapport de la situation de l’antisémitisme en milieu scolaire et encore très au-dessous de la vérité vraie.
Les collèges, en particulier, sont représentatifs de ce haut niveau de l’ignorance. Des professeurs dégoutés, une majorité d’élèves aux fréquentations néfastes, des parents quasi analphabètes et enfin {{aucun cadre disciplinaire}} pour freiner leurs délires malsains.
Toutes les conditions sont requises pour fabriquer de la racaille qui au nom de la Palestine ({qu’ils ne savent pas situer sur une carte} ..), vomit sa haine au delà de la loi.
Rien n’arrête la lâcheté des imbéciles et comme disait Frédéric Dard, {on reconnait vite les cons car ils osent tout.}
Une éducation surveillée et sanctionnée serait, à mon humble avis, le remède efficace à ces monstruosités.