Le Sud-Coréen Kim Jong-yang élu président d’Interpol

Le Sud-Coréen Kim Jong-yang élu président d'Interpol

Moscou déplore de fortes pressions sur le scrutin. La candidature du général de police russe, Alexandre Prokoptchouk, a suscité une levée de boucliers dans plusieurs pays.

Le Sud-Coréen en assurait l’intérim depuis la mystérieuse disparition début octobre de son ancien patron, Meng Hongwei, accusé de corruption et écroué en Chine. Réunis en assemblée générale depuis dimanche à Dubaï, les délégués d’Interpol ont élu Kim Jong-yang à la tête de l’organisation. Le Sud-Coréen ne partait pourtant pas favori du scrutin. Mais les inquiétudes soulevées par la candidature du général russe, Alexandre Prokoptchouk, ont eu raison de ce dernier. Bien que le poste de président soit plus honorifique qu’opérationnel, ses détracteurs craignaient que l’organisation internationale ne devienne un outil aux mains du Kremlin pour lutter contre ses opposants politiques si le Russe venait à être élu.

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Peu après son élection, le nouveau président d’Interpol a estimé que le «monde fait aujourd’hui face à des changements sans précédents qui représentent d’énormes défis à la sécurité et sûreté publiques. Nous avons besoin d’une vision claire: nous devons construire un pont vers l’avenir». Kim Jong-yang devra terminer le mandat de quatre ans que son prédécesseur devait achever en 2020 mais le véritable patron d’Interpol est dans les faits son secrétaire général, l’Allemand Jürgen Stock, dont le mandat s’achève l’année prochaine. L’Argentin Néstor R. Roncaglia a pour sa part été élu vice-président pour les Amériques, pour trois ans, a par ailleurs fait savoir l’organisation.

«Un chef intègre»

Moscou a fait part de sa déception. «C’est dommage, bien sûr, que notre candidat ne l’ait pas emporté. Mais d’un autre côté, si on regarde de manière impartiale les déclarations d’une série de pays la veille du vote, il est évident qu’il y a eu de fortes pressions», dénonce le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. À la veille du scrutin, la candidature sud-coréenne avait reçu le soutien du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo: «Nous encourageons toutes les nations et organisations faisant partie d’Interpol et respectant l’État de droit à choisir un chef intègre. Nous pensons que ce sera le cas de Kim Jong-yang.» L’Ukraine et la Lituanie avaient même menacé de se retirer d’Interpol en cas d’élection du général russe.

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Plusieurs opposants russes avaient également exprimé leur inquiétude. L’ennemi numéro un du Kremlin, Alexeï Navalny, affirmait sur Twitter que son équipe avait «souffert d’abus d’Interpol à cause de persécutions politiques par la Russie. Je ne pense pas qu’un président russe aidera à réduire ces violations.» «Je crains sérieusement que si Alexandre Prokoptchouk est élu président d’Interpol, alors, sur ordre du Kremlin, il sera prêt à faire absolument n’importe quoi», confirmait Mikhaïl Khodorkovski. L’oligarque devenu opposant en exil et le financier britannique William Browder, ex-patron du juriste Sergueï Magnitski mort dans une prison russe en 2009, ont d’ailleurs annoncé mardi leur intention d’enclencher une procédure pour faire «suspendre» la Russie d’Interpol.

(Avec agences)

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Élie de Paris

Meng a fini comme Kasoghi, façon cervelas.
Qui s’en est soucié ?