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La vitamine D, une piste pour se prémunir des formes graves de Covid-19

ESSAIS ET ÉTUDES – Le Royaume-Uni s’apprête à distribuer de la vitamine D à plus de 2 millions de Britanniques susceptibles de développer une forme sévère du Covid-19 tandis que la Norvège cherche 70.000 volontaires pour tester son efficacité à travers l’huile de foie de morue. Que disent les données ?

16 nov. 18:55 - Audrey LE GUELLEC

Aux nombreux bienfaits déjà connus de la vitamine D, pourra-t-on bientôt ajouter des vertus protectrices contre le Covid-19 ? Un faisceau de données tend à conforter cette possibilité bien que l’OMS ne préconise pas, pour l’heure, cette pro-hormone comme traitement contre l’épidémie faute d’études probantes suffisantes.

Après l’Écosse, le Royaume-Uni s’apprête en effet à distribuer gratuitement de la vitamine D à deux millions de personnes âgées et vulnérables dans l’espoir de les prémunir d’une forme sévère de Covid-19.

D’après le Daily Telegraph, qui cite le secrétaire d’État à la Santé et à la Protection sociale britannique, le déploiement est en préparation et pourrait débuter en décembre. Il y a quelques jours, ce sont des chercheurs de l’université Queen Mary à Londres qui lançaient, eux, un essai clinique destiné justement à évaluer l’effet de la vitamine D sur le système immunitaire contre le virus. Les patients déficients recrutés devraient prendre quotidiennement, et ce durant six mois, des doses supérieures aux suppléments ordinaires.

De leur côté, des chercheurs norvégiens viennent également de lancer un appel à 70.000 volontaires. Objectif ? Tester cette fois l’efficacité de la vitamine D à travers l’huile de foie de morue qui en contient naturellement. Cette vaste étude clinique découle de précédents travaux remontant à mars dernier dans le cadre desquels 15.000 Norvégiens, dont 2000 testés positifs, avaient détaillé leurs habitudes de vie. Il en était ressorti que les consommateurs réguliers d’huile de foie de morue étaient moins touchés par le Covid-19 et, lorsqu’ils étaient infectés, développaient moins souvent une forme grave.

Des travaux français

Alors que le rôle de la vitamine D sur la maladie interroge depuis le printemps, des Français s’y sont intéressés. Dès le mois de mars, la docteure Emmanuelle Faucon de Toulon soulevait ainsi la question dont se sont emparés Jean-Marc Sabatier (directeur de recherche au CNRS de Marseille) et Cédric Annweiler (chef du service gériatrie au CHU d’Angers) par la suite.

À ce jour, ces derniers comptent d’ailleurs une dizaine d’articles publiés sur le sujet à leur actif, rappelle France 3 Paca. Ils y ont notamment mis en évidence l’importance de la vitamine D pour l’immunité dite « innée », considérée comme le premier barrage face à une infection. Jean-Marc Sabatier insiste en outre sur le rôle de « régulateur » joué par la vitamine D qui « appuie sur le frein du système rénine-angiotensine lorsqu’il s’emballe à cause du virus », et « contrebalance l’effet délétère du virus ».

À titre d’illustration, selon l’Académie de médecine de France, 41% de la population française souffre d’une carence en vitamine D en hiver.

… mais aussi américains et espagnols

Une étude espagnole publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism a récemment conforté les vertus de la vitamine D contre le Covid-19. Dans le détail, sur 50 patients ayant reçu le supplément, un seul a été transféré en soins intensifs et aucun décès n’a été déploré. Sur les 26 patients n’ayant pas reçu ce traitement, la moitié a été dirigée en soins intensifs.

En mai dernier, une étude américaine avait également montré comment des patients atteints du Covid-19 et en manque de vitamine D ont deux fois plus de risques de développer une forme sévère de la maladie que les autres. Une thèse qu’est venue appuyer à son tour l’Académie nationale de médecine. « Elle joue un rôle dans la régulation et la suppression de la réponse inflammatoire cytokinique à l’origine du syndrome de détresse respiratoire aigu qui caractérise les formes sévères et souvent létales de Covid-19 », détaillait-elle dans un communiqué. Enfin, une analyse statistique des données recueillies auprès d’hôpitaux du monde entier a conclu que la vitamine D permettait de réduire de 15% le nombre de cas graves chez les patients infectés par le virus.

Ou trouve-t-on de la vitamine D ?

Si l’efficacité de cette hormone face au virus n’est pas avérée à ce jour, sa consommation n’en demeure pas moins recommandée en période hivernale. Une simple prise de sang peut permettre d’attester de l’état de carence et les cas échéant, une prescription d’ampoules de vitamine D peut permettre d’y pallier.

Pour rappel, la vitamine D existe sous deux formes principales : D2 et D3. On la trouve ainsi dans plusieurs aliments d’origine animale (D3) comme l’huile de foie de morue et les poissons gras (hareng, saumon, thon, hareng, anchois). Mais également dans le beurre, la margarine, les œufs, les abats et des végétaux (D2), à plus faible dose, tels que des levures, des champignons ou encore des céréales.

En période estivale, la vitamine D est synthétisée dans le corps humain grâce à l’effet du soleil, le rayonnement UVB étant source de vitamine D3.

 

https://www.lci.fr/population/covid-19-la-vitamine-d-une-piste-serieuse-pour-se-premunir-des-formes-graves-2170266.html

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