Les députés français face à la réalité de la Judée-Samarie

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Le 12 février 2015, une délégation d’israéliens originaire de l’implantation de Naplouse (en Cisjordanie) a rencontré des députés français, de droite comme de gauche, pour expliquer en quoi, le boycott des produits israéliens en provenance des implantations juives de Cisjordanie, pénalise les israéliens et les palestiniens et porte atteinte à la communauté d’intérêts qui existe entre eux.
 
Yossi Dagan, vice-président du Conseil régional de Naplouse, a ainsi proposé d’envoyer devant le Parlement français, une délégation composée d’israéliens et de palestiniens travaillant dans la zone industrielle de Barkane en Cisjordanie, pour qu’il se convainque de la parfaite entente entre les juifs et les palestiniens qui y vivent, et qu’il réalise en quoi le boycott des produits israéliens provoquerait la perte de milliers d’emplois chez les palestiniens (tout comme cela s’est produit lorsque les juifs ont quitté la bande de Gaza).
 
De même, la délégation du Conseil régional de Naplouse a rencontré des membres du parquet en vue de constituer un groupe de pression au sein du parlement français (quand bien même le terme de « lobby » ou de « groupe de pression » a une connotation péjorative en ce qu’il sous-tend l’existence d’un rapport de force au sein de l’Assemblée pour faire passer des textes de lois). Ce groupe pourrait ainsi entamer un travail pédagogique pour expliquer le mode de vie des juifs et palestiniens qui vivent ensemble en Cisjordanie, illustrer l’absurdité du boycott des produits israéliens fabriqués en Cisjordanie et l’interdire.
 
En effet, tout comme l’a rappelé François Pupponi, Vice Président du Parlement qui a accueilli la délégation, il n’existe pas de groupe qui représente et qui défende les intérêts israéliens au sein du parlement français, notamment depuis la reconnaissance par la France de la Palestine en décembre 2014. Pour François Pupponi, la présence d’un « lobby pro israélien » au sein du Parlement assurerait la promotion de la version israélienne dans les médias français (qui présentent mensongèrement les israéliens comme étant des colons suffisants, usurpateurs, et qui spolient les terres palestiniennes).
 
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Il serait alors opposé un pendant aux associations pro palestiniennes en France qui s’opposent à toute réconciliation entre juifs et palestiniens, qui cultivent la haine à l’égard des juifs, et qui affirment que les palestiniens ne trouveront pas de salut tant que les juifs n’auront pas été chassés de Cisjordanie (dans un premier temps, et d’Israël dans un second).
 
Bien évidemment, Meyer Habib, député de la 8° circonscription des français établis hors de France, a rappelé que les français ne connaissaient pas la réalité sur le terrain et a même suggéré d’emmener des parlementaires français dans les implantations situées à proximité de Naplouse, pour qu’ils se rendent compte de l’harmonie qui règne entre palestiniens et israéliens. Pour lui, « c’est le seul moyen de prouver au monde (en général) et aux français (en particulier) qu’il existe un vouloir vivre collectif entre les juifs et les palestiniens ».
 
En Israël, cet avis est également partagé par Gerson Mika, Président du Conseil de l’implantation de Naplouse, qui considère également que l’Etat d’Israël n’investit pas assez dans la communication médiatique en laissant le champ libre aux palestiniens.
 
Résultat : l’Europe est plus sensible aux discours palestiniens qui accusent Israël d’occuper la Palestine (sic), alors que dans les unités agricoles de Cisjordanie, israéliens et palestiniens vivent en bonne intelligence, et recueillent ensemble les fruits de leur travail commun.
 
Ce devoir de communication est d’autant plus urgent que l’Union Européenne risque de prendre des décisions pénalisant les implantations juives, en cas d’élection, le 17 mars 2015, d’un candidat qui serait partisan d’un renforcement des implantations juives en Cisjordanie. Par ailleurs, Benjamin Netannyahou a invité les juifs de France à venir s’établir en Israël, où ils seront plus en sécurité, eu égard à la résurgence de l’antisémitisme et des actes violents et meurtriers commis contre les juifs.  
 
Rappelons donc la situation en Droit international : la Palestine a été reconnue sans affectation territoriale spécifique, par la  France : le 2 décembre 2014 par l’Assemblée nationale, et le 11 décembre 2014 par le sénat. Or, l’erreur commune consiste à penser que c’est l’intégralité de la Cisjordanie (sous souveraineté jordanienne jusqu’au 31 juillet 1988) qui est passée sous contrôle palestinien alors que tel n’est pas le cas.
 
En 1993, la Cisjordanie a été divisée en 3 zones, lors des accords d’Oslo. Il y a tout d’abord la zone A, sous contrôle exclusif civil et militaire de l’Autorité palestinienne, qui comprend les grandes villes palestiniennes (Jenine, Tulkarem, Naplouse, Qalqilya, Ramallah, Bethléem et Jéricho) et qui représente 2% des territoires de Cisjordanie.
 
Il y a ensuite la zone B qui comprend les villages palestiniens et quelques portions de territoires sur une surface de 26 % de la Cisjordanie, sur laquelle palestiniens et israéliens exercent des prérogatives partagées.
 
Il y a enfin la zone C, sur laquelle Israël exerce un contrôle exclusif et qui correspond à 72 % de la Cisjordanie (avec des implantations juives, des installations militaires, la vallée du Jourdain…). Or, le partage définitif de cette zone doit s’opérer dans le cadre de l’accord final qui tarde à venir, compte tenu du refus palestinien de discuter d’un éventuel partage de la Cisjordanie. Pour Mahmud Abbas, toute la zone C de Cisjordanie doit passer sous contrôle palestinien et plus aucun juif ne doit s’y trouver.
 
Or, l’inconvénient pour les palestiniens résulte de ce que, d’une part, les accords d’Oslo prévoyaient de trouver un accord définitif sur cette zone avec un partage des terres, et, d’autre part, qu’Israël exerce le contrôle exclusif (soit sur presque les trois quarts de la Cisjordanie) et qu’il continue d’y encourager le peuplement.
 
Il est donc temps de rétablir la vérité : palestiniens et israéliens ont toujours travaillé ensemble. Avant le déclenchement de l’Intifada en décembre 1987, il y avait des commerces juifs à côté des commerces arabes dans les villes de Jéricho, Bethléem, Hébron…Il faut donc encourager la pérennisation de cette entente et interdire le boycott des produits israéliens en provenance de Cisjordanie dont les rentrées profitent tout autant aux israéliens qu’aux palestiniens.
 
Certes, Mahmoud Abbas est piégé entre d’une part, son souhait d’être l’homme providentiel qui apportera la solution entre israéliens  et les palestiniens (d’autant que la raison commande de vivre en bonne intelligence), et, d’autre part, la doctrine historique de l’Olp (dont il est le Président) et qui prône l’éviction par la force des juifs (de Palestine), tout comme les islamistes du Hamas qui s’y essayent sur un fondement religieux. Le président de l’Autorité Palestinienne devra donc tout d’abord, faire abroger les Chartes de l’OLP et du Hamas, une bonne fois pour toute.
 
En avril 2015, des parlementaires français doivent se rendre dans l’implantation de Naplouse. Ils comprendront alors en quoi l’histoire ne se construit pas sur des fantasmes haineux mais bien sur la réalité des relations amicales entre les peuples.
 
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
 

1 COMMENT

  1. C’est comme même assez incroyable de constater qu’il faille aller vers de tels démarches pour que ces députés puissent se rendre compte de la réalité des choses. Au passage, Israël devrait envoyer en stage de dé-débilisation certain de ses députés travaillistes afin qu’ils viennent constater l’étendu des dégâts dans nos banlieues françaises. On n’est plus très loin des bon et vieux voyages scolaires pédagogiques.

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