Le comédien Jean-Pierre Bacri est mort à l’âge de 69 ans
Mis à jour le –  Par France Bleu

 

Jean-Pierre Bacri est mort des suites d’un cancer, a annoncé ce lundi son agent. Le comédien, qui a notamment tourné dans « Didier », « Un air de famille » ou encore « On connaît la chanson », était âgé de 69 ans.

Jean-Pierre Bacri dans "Une femme de ménage", en 2002.
Jean-Pierre Bacri dans « Une femme de ménage », en 2002. © AFP – ETIENNE GEORGE / COLLECTION CHRISTOPHEL

Jean-Pierre Bacri est mort des suites d’un cancer, selon son agent ce lundi. Le comédien était âgé de 69 ans.

Le « grognon » de service du cinéma français

L’acteur, qui a endossé toute sa carrière le costume du grognon de service, anti-héros râleur et blasé, a tourné dans de nombreux classiques du cinéma français, tels que « La Cité de la peur » (Alain Berberian), « Didier » (Alain Chabat), « On connaît la chanson » (Alain Resnais) ou encore « Le Sens de la fête » (Nakache et Toledano).

Bacri-Jaoui, duo de scénaristes maintes fois récompensé

Son duo avec la comédienne et auteure Agnès Jaoui – qui fut par ailleurs sa compagne – aura donné naissance aux célèbres comédies sociales que sont « Cuisine et dépendances » et « Un air de famille ». Deux films récompensés par le César du meilleur scénario en 1994 et 1997. 

Suivront ensuite « Le goût des autres » (2000) et la fameuse scène du cours d’anglais avec Anne Alvaro, « Comme une image » (2004), « Parlez-moi de la pluie » (2008), « Au bout du conte » (2013) et « Place publique » (2018). Ils étaient, à cette occasion, venus raconter la genèse du film dans France Bleu Soir.

Proche collaborateur d’Alain Chabat, il avait participé au script de « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », et s’était chargé de la narration du film.

Quatre César et deux Molières

Jean-Pierre Bacri a été récompensé en 1998 par le César du meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle d’hypocondriaque dans « On connaît la chanson ». Il a par ailleurs reçu quatre fois le César du meilleur scénario original avec Agnès Jaoui (« Smoking/No Smoking », « Un air de famille », « On connaît la chanson » et « Le Goût des autres »), et a été nommé six fois pour le César du meilleur acteur.

Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui en 2004.
Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui en 2004. © AFP – Pascal GUYOT

Au théâtre, il a reçu le Molière de l’auteur en 1992 pour « Cuisine et Dépendances » et le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé en 2017 pour son rôle dans « Les Femmes savantes ».

 

Aucune nostalgie de votre enfance en Algérie ? (entretien 2004)

Surtout pas ! Je ne suis pas copain avec ma jeunesse. J’ai été ravi d’être adulte. Et je n’ai jamais souhaité retourner à Castiglione, où je suis né, à 40 kilomètres d’Alger. Qu’est-ce que j’y retrouverais ? Une rue en pente ? Mon école ? A l’Indépendance, le retour en France, l’installation au Cannet ont été durs. Surtout pour mes parents. On habitait à huit dans un studio, on dormait tête-bêche. Mais les enfants vivent ça différemment, ils jouent, ils s’habituent à tout. Mon père, d’ailleurs, facteur de son métier, m’avait toujours consciencieusement répété qu’il n’y avait aucune différence entre un président de la République et un balayeur. Tout en me bourrant le crâne sur le sens de la responsabilité individuelle, l’esprit de justice, le fait de n’avoir qu’une parole, de ne jamais s’accaparer ce qui ne vous revient pas : une espèce de névrose de la droiture que j’ai gardée.

Agnès Jaoui vous a-t-elle aidé ?

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C’est mon âme sœur. J’ai toujours admiré la pertinence de ses analyses, son honnêteté, son impartialité. Elle m’a beaucoup apporté. Intellectuellement, artistiquement. Je me souviens qu’au moment des répétitions d’Un air de famille elle m’a dit : « Fais attention, tu commentes chacune de tes répliques avec une mimique. Dégraisse. » J’ai d’abord été vexé, mais j’ai fait attention. Elle avait raison. Il faut montrer le moins possible. Etre « présent partout, visible nulle part », comme dit Flaubert. Au cinéma, ceux qui m’émeuvent le plus sont les anonymes si dignes, si contenus dans leur douleur, qu’on voit dans certains documentaires… J’ai horreur des comédiens virtuoses, brillants ; j’ai horreur de l’esprit français à la Guitry. Je n’aime que le peu, le moins. De toute façon, je ne supporte pas de me voir. Sur mes trente-cinq films, il y en a huit que je n’ai jamais vus.

 Image: Jean-Pierre Bacri au festival d’Angoulême en 2017

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