Daech annonce la mort de son chef.

L’Irakien Abou Hassan al-Hashimi al-Qurashi a été tué « en combattant les ennemis de Dieu ». Un nouveau « calife des musulmans » a aussitôt été nommé pour le remplacer à la tête de l’État islamique.

Le groupe djihadiste État islamique (EI), qui avait instauré un régime de terreur en Irak et en Syrie avant d’être défait, a annoncé mercredi 30 novembre la mort de son chef, tué au combat et la nomination d’un successeur. Dans un message audio, le porte-parole du groupe a annoncé qu’Abou Hassan al-Hachimi al-Qourachi, un Irakien, avait été tué « en combattant les ennemis de Dieu », sans autre précision sur le lieu, la date ou les circonstances de sa mort.

Le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a précisé qu’Abou Hassan al-Hachimi al-Qourachi avait été tué à la mi-octobre dans la province de Daraa, dans le sud de la Syrie, par l’Armée syrienne libre, un ensemble de groupes qualifiés de rebelles par Washington. La province de Daraa est majoritairement contrôlée par les forces gouvernementales syriennes et des rebelles qui ont conclu des accords avec le régime. À la mi-octobre, Damas avait annoncé avoir déclenché une opération commune contre l’EI avec des combattants locaux dans le sud de cette province.

« Nouveau coup à l’organisation terroriste »

« Nous saluons l’annonce selon laquelle un autre chef de l’EI ne foule plus le sol de la Terre », a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, John Kirby. « Ce décès porte un nouveau coup à l’organisation terroriste. Il ne saurait toutefois conduire à minimiser la menace persistante que celle-ci pose en Irak et en Syrie, ainsi que dans de nombreuses autres régions du globe », a quant à lui réagi le ministère français des Affaires étrangères.

Le porte-parole a ajouté qu’un nouveau « calife des musulmans », Abou Al-Hussein al-Husseini al-Qourachi, avait été nommé. Il s’agit du quatrième chef de l’organisation djihadiste, les trois précédents ayant été tués.

Il n’a pas donné non plus d’indication sur le nouveau chef du groupe, qui porte le même nom de famille que son prédécesseur. Al-Qourachi se réfère à la tribu du prophète Mahomet, dont le « calife » autoproclamé doit être un descendant. Selon le porte-parole, le nouveau « calife » compte parmi les « anciens moudjahidines » (combattants de la foi) du groupe.

Milliers de prisonniers

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 en Irak et en Syrie, et la conquête de vastes territoires, l’EI a vu son « califat » autoproclamé être renversé sous le coup d’offensives successives dans ces deux pays, respectivement en 2017 et 2019. Mais malgré la perte de ses fiefs en Syrie et en Irak, le groupe continue de revendiquer des attaques dans ces deux pays à travers des cellules dormantes. L’organisation a également étendu son influence dans d’autres régions du monde, comme dans la zone du Sahel, au Nigeria, au Yémen ou en Afghanistan, où elle revendique régulièrement des attentats.

Des milliers de djihadistes présumés capturés lors de la défaite du groupe sont détenus en Irak et en Syrie. Le groupe djihadiste avait instauré un régime de terreur dans les régions sous son contrôle en Syrie et en Irak, imposant une stricte application de la loi islamique et se livrant à de nombreuses exactions dont certaines étaient mises en scène dans des vidéos insoutenables, devenues une arme de propagande. Il avait persécuté les minorités, dont les Yazidis en Irak, l’ONU l’accusant de « génocide » à leur égard.

AFP

 

 

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