La rafle du Vél’ d’Hiv. Par Annie Cordy

Un bout de notre Histoire s’en est allé hier soir. Annie Cordy a plié son ombrelle, avec la délicatesse qui était la sienne. Annie Cordy avait chanté … La Rafle du Vél d’Hiv.

Histoire et Devoir de Mémoire nous rappelle que, de son vrai nom Léonie Juliana baronne Cooreman, Annie Cordy est une chanteuse, meneuse de revue et actrice belge née le 16 juin 1928 à Laeken à Bruxelles.

Annie Cordy a enregistré plus de 700 chansons, joué dans une dizaine de comédies musicales et d’opérettes, une quarantaine de films, une trentaine de séries et téléfilms, une dizaine de pièces de théâtre, donné près de 10 000 galas. Très énergique et toujours de bonne humeur lors de ses apparitions en public, elle vante les mérites du sourire. Connue pour ses chansons légères et populaires. elle interprète magistralement cette chanson écrite par Gilbert Bécaud sur la rafle du Vel d’Hiv.

Anoblie par le roi des Belges Albert II qui l’a faite baronne en 2004, elle choisit pour devise La passion fait la force.

La Rafle du Vel d’Hiv (16 juillet 1942) a été la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale, essentiellement de Juifs étrangers ou apatrides réfugiés en France. En France, le régime de Vichy mobilise la police française pour participer à l’opération : à Paris, 7 000 policiers et gendarmes raflent les Juifs. Moins de cent personnes, dont aucun enfant, sont revenues. Annie Cordy nous prouve là qu’elle est l’une des plus grandes interprètes de la chanson française.

Le 28 novembre 2013, l’humoriste Dieudonné est condamné en appel à 28 000 euros d’amende pour provocation à la haine raciale pour avoir transformé la chanson interprétée par Annie Cordy “Chaud cacao” en “Shoah nanas”.

Le Blog Last Night in Orient parlait en 2013 de La Rafle du Vel d’Hiv, “une chanson inédite  émouvante de Gilbert Bécaud interprétée par Annie Cordy qui commémore la rafle du Vélodrome d’Hiver (16 juillet 1942), la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale, essentiellement de Juifs étrangers ou apatrides réfugiés en France.

En France, le régime de Vichy mobilise la police française pour participer à l’opération : à Paris, 7 000 policiers et gendarmes raflent les Juifs.

Moins de cent personnes, dont aucun enfant, ont survécu à la déportation.

Quand on lit la haine qui infeste Internet et qui émane de gens qui réfutent la véracité de la Shoah, on espère que cette chanson leur fasse l’effet d’un coup de pied au cul de leurs pensées rétrogrades et moyenâgeuses.

Annie Cordy nous prouve là qu’elle est l’une des plus grandes interprètes de la chanson française.”


(Paroles et musique de Gilbert Bécaud )

La guerre, un petit matin, on cogne à la vitre
Un cri “Debout la putain, fais ta valise et vite !”
Dehors l’aurore de juillet grouillait de flics
Mon Dieu, mon Dieu, ces Français plus pourris que les Fritz
Ils nous ont parqués au Vélodrome
Le soleil crachait sur Israël
Et, dans les gradins, nos étoiles jaunes
Qui faisaient honte au ciel Du Vel d’Hiv

jusqu’aux bus et des bus aux wagons,
Des wagons jusqu’aux camps : Terminus

Et pourtant, moi, la mort, j’en suis revenue
Et comment on s’en sort ?

Je ne sais pas, je ne sais plus
Mais je suis là, je suis là et bien là !

Ah bravo, bravo, j’existe, je persiste à exister
Je suis bonne, je m’abonne ce soir à l’éternité
Donnez-moi des tonnes de sourires d’enfants
Et des hommes taillés dans des volcans

Ah bravo, bravo, et pardon si parfois j’y pense encore
J’ai baisé ces fils de putes et je leur crache au mirador
Ce mâtin du diable, ce chien autrichien :
Je l’emmerde dans son enfer chrétien !

Ah bravo, bravo, je vous jure que je ne vous oublierai pas
De mon étoile jaune là-haut, je veillerai sur vous en bas
Pleurez pas, mes chéris, sur ma terre promise
J’aurai votre amour dans ma valise Du Vel’ d’Hiv’ jusqu’aux bus,

et des bus aux wagons,
Des wagons jusqu’aux camps : Terminus
J’ai fait partie des veinards, de ces sacrés veinards
Qui ont revu leur gare Ah bravo, bravo, tu as beau me tatouer un numéro,
J’ai tiré le bon et crève !
C’est moi qui ai eu ta peau
Je survis aux fanfares, à Lili Marlène
Je suis grasse, j’ai cent ans et je m’aime !

5 Commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout cette chanson écrite par Gilbert Bécaud et chantée pat Annie Cordy.
    C’est une chanson très émouvante.
    Merci.
    Reposez en paix Mme Annie Cordy
    Amen

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