La Ménorah, une lumière qui monte vers le ciel

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Il nous est ordonné d’apporter de l’huile pour « faire monter une lumière toujours » sur la Menorah du Sanctuaire (Lévitique 24, 2). Comme si Dieu avait besoin de notre lumière – et de l’huile qui la soutient et la porte – pour éclairer son Sanctuaire.

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Il nous est ordonné d’apporter de l’huile pour « faire monter une lumière toujours » sur la Menorah du Sanctuaire (Lévitique 24, 2). Comme si Dieu avait besoin de notre lumière – et de l’huile qui la soutient et la porte – pour éclairer son Sanctuaire. A-t-il besoin de nos lumières ?

Cette lumière – qui est le symbole de toute lumière – est particulière : ce n’est pas une lumière qui descendrait du ciel, du monde des idées, pour éclairer le monde de la génialité de notre intellect et de son universalité englobante et glorieuse. Non. C’est une lumière qu’il faut faire monter à partir de la matérialité d’une huile bien travaillée et qui doit s’alimenter de cette huile pour monter et élever avec elle ce qui la porte sans perdre contact avec lui. C’est à partir de la concrétude du réel que l’intelligence peut s’élever et prendre son envol, sans jamais oublier ce qui la rattache à cette concrétude et en soutient l’élan.

Mais cette lumière ne vit pas pour elle-même : elle fait face à la table des « pains à visage » (Exode 35, 13), pour l’éclairer. Ces pains étaient présentés devant la Transcendance pendant une semaine, puis ils étaient consommés par les prêtres. Comme si le travail de l’étude et de l’intelligence n’avait pas sa fin en lui-même, mais devait viser au souci de la faim des autres et à la prise en compte de leurs besoins matériels – qui sont mes besoins spirituels, comme disait Lévinas en citant le Talmud. L’étude et le travail de l’intelligence qu’elle suppose, enracinés dans la concrétude de la corporéité qui les suscite, ne visent donc pas à faire échapper l’homme au réel et à ses responsabilités, mais au contraire, elles le poussent à éclairer le réel d’une autre manière, à l’élever à un autre niveau de perception où les besoins des autres deviennent mes préoccupations spirituelles incessantes, le lieu même du culte rendu à Dieu comme témoignage de sa présence dans l’histoire.

Mais il y a belle lurette que le Temple est détruit, et qui parvient encore aujourd’hui à s’élever à un tel degré d’humanité et de témoignage face à la Transcendance ?

Yedidiah Robberechts

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