La fin d’une certitude immobilière

Le chiffre frappe par son ampleur et son caractère inédit : plus de 82 000 appartements neufs restent aujourd’hui invendus en Israël. Ce stock représente l’équivalent de près de deux ans et demi de demande sur le marché résidentiel. Justement la durée d’une guerre longue éprouvante, dont Israël sort vainqueur. Dans un pays où l’immobilier a longtemps été perçu comme un placement sûr, presque intouchable, le constat marque une rupture profonde. Pour la première fois depuis longtemps, le secteur vacille sans qu’une guerre ou une crise sanitaire ne puisse servir d’explication directe.

Le marché immobilier repose traditionnellement sur une certitude : celle de la continuité de la demande et de l’accès au crédit. Or, en 2025, cette mécanique s’est grippée. Les taux d’intérêt élevés pèsent lourdement sur les acheteurs comme sur les promoteurs, réduisant la capacité d’emprunt et ralentissant les décisions d’achat. Résultat : les ventes plongent et la confiance s’effrite.

Les chiffres récents confirment cette tendance. Sur les trois derniers mois, environ 8 000 appartements neufs ont été vendus. Mais près de 40 % de ces transactions relèvent de programmes publics de logements à prix réduit. Sur le marché libre, seuls quelque 5 000 logements ont trouvé preneur. Un niveau historiquement bas, comparable aux périodes les plus difficiles, comme les conflits armés ou la pandémie, mais sans perspective claire de rebond à court terme.

Le paradoxe est que la construction, elle, ne s’arrête pas. Au cours des douze derniers mois, les travaux de près de 81 000 logements ont été lancés, soit une hausse de plus de 30 % sur un an. En septembre dernier, environ 203 000 appartements étaient en chantier à travers le pays. Pour les promoteurs, interrompre les projets reviendrait à acter immédiatement des pertes considérables. Continuer à bâtir devient alors une stratégie de survie, fondée sur l’espoir d’une reprise future.

Cette fuite en avant se heurte toutefois à une autre réalité : la baisse des prix. Après huit mois consécutifs de recul, les prix de l’immobilier ont diminué d’environ 2,6 %, avec un rythme annuel proche de 4 %. Dans un marché habitué à une progression quasi mécanique, ce retournement agit comme un choc silencieux. À Tel Aviv, notamment dans les projets de rénovation urbaine, des remises significatives apparaissent déjà. Et cette dynamique ne devrait pas rester cantonnée à la métropole.

Pour les petites et moyennes entreprises du secteur, la situation devient critique. La baisse des prix ne compense en rien l’explosion des coûts. L’indice des coûts de construction a progressé d’environ 5 % l’an dernier, un chiffre que de nombreux professionnels estiment inférieur à la réalité. La pénurie de main-d’œuvre, aggravée par la situation sécuritaire, a entraîné un recours accru à une main-d’œuvre étrangère plus coûteuse. À cela s’ajoutent la hausse des matières premières et les perturbations liées aux échanges internationaux, notamment avec la Turquie.

La réglementation accentue encore la pression. Les promoteurs ne peuvent répercuter qu’une partie limitée de la hausse des coûts sur les acheteurs, laissant le reste à leur charge. Ce qui était autrefois une marge entrepreneuriale s’est transformé en gouffre financier, mettant en péril la viabilité de nombreux projets.

Ceux qui ont traversé la crise financière de 2008 ou résisté aux années de Covid-19 le reconnaissent : la situation actuelle est différente. Il n’existe plus de levier rapide ni de solution miracle. Le marché impose désormais sa loi, brutale et comptable. Dans ce nouveau paysage, même le béton, symbole de solidité, ne garantit plus la stabilité.

Ce tableau noir, reste tout de même à mettre en perspective. Le Shekel s’est renforcé, ce qui rend l’achat plus honéreux pour les nouveau immigrés ou les nons résidents. De plus un autre facteur risque fort de relancer le secteur, celui d’une alyia assez forte, venue du monde entier.

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Jacques

La hausse de l’immobilier a été soutenue par l’argent au noir déposé dans les banques israéliennes soit 42 milliards de dollars ce qui fait que les gens achetés à n’importe quel prix quand j’achète un appartement placé Trocadéro à paris 5.000 euros le m2 on me demander 13.000 euros le m2 à Tel Aviv dans un coin perdu et avec arrogance
Aujourd’hui il n’y a plus de noir vous devez justifier aux impôts pourquoi vous avez donné 1000 euros à. Votre fille et je ne parle même pas de la situation à venir avec l’intelligence artificielle
Alors l’état israélien a intérêt à commencer que vas de cette héritage d’appartements
Comme en Espagne ou le gouvernement a hérité de 1 million d’appartements et remboursé à la banque santander 70 milliards d’euros
Bon courage

Trublion

Ça coûte pas 5000 euros le m2 à la place du Trocadéro à Paris.

BOCCARA

Comment s’y retrouver la dedans ?
Un jour on lit qu’acheter un bien en Israël est démentiellement cher et beaucoup d’israéliens ne peuvent en acheter ou bien sont très mal logés et clairement ce sont les promoteurs qui se goinfrent et maintenant on nous explique que tout va mal parceque les prix baissent et que les entrepreneurs sont menacés .
Les prix baissent ? Que les citoyens en profitent !
Même chose pour la nourriture : on nous assène que une partie de la population ne mange pas à sa faim et on fait appel à des dons alors que ce qui frappe quand on va en Israël avec le KKL par exemple c’est le gaspillage effroyable de nourriture partout ,la consommation dingue de bouffe partout et tout le temps et l’obésité généralisée qui touche une grande partie de la population y compris les rabbins les politiciens et les haut gradés de Tsahal .30 pour cent de la nourriture part à la poubelle !
Pire qu’aux USA !
Qu’est ce que les autorités font pour arrêter ce scandale ?
L’état ne fait rien le KKL ne fait rien .
Le système des buffets tout compris , à gogo ,sans limite financière all included amène les clients à remplir leurs assiettes à ras bord et une grande partie de tout ça finit dans les poubelles parfois même sous nos yeux dans la salle ( vécu au kiboutz Kfar Blum)
Ça n’est pourtant pas compliqué et la solution a été trouvée dans beaucoup de kiboutzim menacés de faillite ; on paye ce qu’on met dans son assiette .pas de forfait pas de all included pas de pseudo gratuité.
Il n’y a que les soldats et les soldats de tsahal dans les unités combattantes qui sont à l’abri de l’obésité .

Nicole

Exact – j’ai vu ça moi aussi dans ma famille
Mon papy était très surpris de ma « gestion des restes » j’étais hallucinée de tout ce que ma cousine achetait et jetait.