Les cinq volets de la faillite palestinienne

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Le 12 mai 2015, le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a, depuis Tunis, annoncé que la France allait présenter une résolution sur le conflit israélo palestinien à l’Onu. Le point de départ du projet de résolution se focaliserait sur les frontières (jordaniennes et égyptiennes) de 1967 avec des échanges de terres (position classique de la France qui omet les mutations géopolitiques postérieures). Ce projet est le premier des 5 volets de la faillite palestinienne.
 
1° la faillite nationale  
 
Mahmud Abbas a déclaré, dans le palais présidentiel de Carthage : « Il y a des idées chez les Français sur la nécessité de présenter en notre nom une résolution relative à la cause palestinienne au Conseil de sécurité » avant de conclure : « Nous accueillons bien ces efforts mais il y a un comité de pays arabes chargé de cette affaire ». Ces propos témoignent de l’incapacité pour les palestiniens (et pour celui qui est censé les représenter) de mettre en œuvre le droit à l’autodétermination. Si les palestiniens ont besoin de recourir à des tiers pour agir en leur nom, c’est qu’ils ne sont pas en mesure de le faire eux même, tel un peuple sous tutelle.
 
La communauté internationale est bien conscience de cette incapacité, pour les palestiniens, d’exercer leur droit à l’autodétermination mais préfère blâmer Israël en le rendant responsable de la paralysie des pourparlers. Il s’agit pourtant du volet national de la « faillite palestinienne » avec une absence de projet commun et de valeurs communes, qui seraient compatibles avec les valeurs des Nations Unies. Mahmoud Abbas se garde d’ailleurs bien de présenter lui-même, une résolution au nom des palestiniens puisqu’il ne les représente plus, faute de renouvellement de son mandat depuis 6 ans. Il préfère donc laisser l’initiative à d’autres.  
 
2° la faillite idéologique
 
La faillite nationale palestinienne est bien évidemment la conséquence de leur faillite idéologique. Les mouvements « Fatah » et « Hamas » annoncent leur réconciliation depuis des mois mais sont toujours en guerre sur les objectifs idéologiques. Le Fatah multiplie les arrestations de palestiniens proches du Hamas en Cisjordanie (Qalqiliah, Naplouse, Tulkarem et Jenine) et a, le 15 mai 2015, informé le Shin Bet de l’arrestation d’une cellule à Hébron, qui préparait des opérations sur le sol israélien. Ce décalage idéologique conduit d’ailleurs le Hamas, à qualifier les arrestations de des membres du Hamas de « kidnapping ».
 
Les palestiniens rechignent en fait, à admettre la faillite de l’idéologie construite autour du principe de la « libération de la Palestine ». Le mot « Fatah » signifie « Organisation de libération de la Palestine » mais Mahmoud Abbas apporte son concours aux israéliens sur le plan sécuritaire. De même, le mot Hamas signifie  « mouvement de libération de la Palestine » mais l’organisation maintient le statut quo avec Israël. Résultat, l’Etat islamique prend ses marques dans la bande de Gaza et tente à son tour, de reprendre le flambeau de la libération de la Palestine.
 
3° la faillite de l’unité populaire
 
Les leaders palestiniens réclament régulièrement, ce qu’ils appellent le « droit (imaginaire) au retour des réfugiés palestiniens en Israël ». Le but est d’exercer une pression sur Israël et d’entretenir la thèse de l’illégitimité de son implantation.
En réalité, il n’y a aucune unité de la population palestinienne. Les palestiniens installés en Syrie, se sont fait massacrés par les hordes de l’Etat islamique, lors de la prise du contrôle du camp de réfugiés de Yarmouk, dans la banlieue de Damas. Jamais les leaders palestiniens ne sont venus leur porter secours ni ne leur ont demandé de s’établir dans les territoires sous contrôle de l’Autorité palestinienne.
 
Cette faillite de l’unité populaire palestinienne s’est alors illustrée de deux manières différentes : de nombreux palestiniens réclament le droit de revenir s’installer à Damas, non en Palestine. Le cas échéant, ils réclament la possibilité de venir s’établir en Europe (où la douceur de vie est bien plus enviable que celle des villes syriennes ou de la bande de Gaza), ce dont Mahmud Abbas essaie de les dissuader, en vain.
 
4° la faillite d’un territoire non viable
 
Cette dislocation de l’unité palestinienne trouve également sa source dans l’absence de viabilité de la bande de Gaza, autrement dit dans la faillite territoriale palestinienne. Dans les 12 mois à venir, les nappes phréatiques de la bande côtière, actuellement polluée et dangereuse à 97 % seront inutilisables. Le taux de chlorure, qui ne devrait pas dépasser 250 milligrammes par litre d’eau, atteint 1.500 mg/l en raison des infiltrations des eaux de la Méditerranée et de l’utilisation des nitrates dans l’agriculture. Résultat, les maladies de peau, le cancer et la mortalité infantile augmente dans des proportions très inquiétantes.
 
Des ingénieurs palestiniens envisagent donc de recourir aux nanotechnologies pour filtrer l’eau de mer et la transformer en eau potable. Toutefois, personne ne veut financer le projet compte tenu de l’instabilité politique locale. Sa mise en œuvre supposerait des palestiniens de Gaza, qu’ils acceptent de faire la paix avec Israël et qu’il abandonnent leur obsession de libérer la Palestine.
 
5° la faillite sémantique
 
En réalité, la faillite palestinienne était annoncée dans le mot « Falastine », qui désigne, en arabe, le mot « Palestine ». « Falastine » est la combinaison de deux mots arabes : le mot « falas » qui signifie la faillite ou l’échec d’une entreprise, et le mot « tine » dont le sens est celui de la terre argileuse, c’est-à-dire infertile et d’où il ne sortira rien. Ces deux mots sont reliés par un « s » qui est une conjonction de coordination dans la langue arabe. Ainsi, lorsque les palestiniens entendent le mot « falastine », ils entendent « faillite de la terre infertile », soit encore « l’échec d’une terre dont il ne sortira rien ».
 
A titre de comparaison, c’est un peu comme si les israéliens appelait leur pays «  hayeoudim einam ityachvou ba aaretz » ou encore  « les juifs ne s’établiront jamais en terre d’Israël ». Si leur pays portait un nom aussi peu hospitalier, les juifs finiraient, immanquablement par s’interroger sur la nécessite de s’y établir.
 
En d’autres termes, « la faillite de la terre infertile » n’est, en quelque sorte, qu’une programmation sémantique du devenir des palestiniens. Ceux-ci ne pourront se sortir de leur spirale d’échec qu’en abandonnant leur projet de libération de la Palestine, et cette identité palestinienne construite par la Charte terroriste de l’Olp. Lorsque les palestiniens redeviendront ce qu’ils étaient avant 1967, c’est à dire les membres de la grande nation arabe implantée dans la région appelée par les romains « Palestine », il sera possible de leur aménager deux Etats souverains, l’un à Gaza, l’autre autour de Ramalah,  vivant en paix aux cotés d’Israël.
 
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
 

 

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