“J’avais 15 ans. Vivre, survivre, revivre” d’Elie Buzyn (vidéo)

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Rescapé d’Auschwitz devenu chirurgien, Élie Buzyn, père de la ministre, témoigne

« Ajouter ma propre contribution aux traces écrites déjà existantes sur notre calvaire m’est finalement apparu comme un nécessaire devoir de mémoire envers les suppliciés de toutes origines. »

À 89 ans, Élie Buzyn a choisi de faire le récit de sa vie dans un ouvrage intitulé « J’avais 15 ans. Vivre, survivre, revivre », paru ce 10 avril aux éditions Alisio.

 

 

Le père d’Agnès Buzyn, actuelle ministre de la Santé, raconte l’horreur de la déportation depuis le ghetto de Lodz (Pologne), l’assassinat de ses parents et de son frère, puis la marche de la mort du camp d’Auschwitz à Buchenwald alors qu’il a seulement 15 ans.

Le « chirurgien des pauvres »

« Ce sont mes expériences pendant la guerre, qui ont guidé, défini ma pratique et mon éthique »,confie celui qui deviendra chirurgien orthopédique, après avoir rejoint en France son oncle, lui-même médecin.

Dans un entretien à « Libération », Agnès Buzyn a d’ailleurs évoqué son père, racontant qu’« il adorait son métier, avait le goût de soulager les malades.

Enfant, le jeudi, il m’arrivait de l’accompagner au bloc. D’ordinaire, on allait au cinéma, mais parfois il devait opérer. C’était à la clinique Saint-Marcel, je l’aidais, je lui servais d’aide ».

Tout au long de sa carrière, le praticien s’engagera auprès des plus fragiles, des personnes âgés, des malades psychiatriques…

« J’ai très vite été surnommé “le chirurgien des pauvres”, ce qui, je dois l’avouer, n’était pas pour me déplaire », écrit Élie Buzyn.

Cet engagement pour les autres l’amènera souvent à exercer de manière atypique.

En 1967, il soigne une femme témoin de Jéhovah qui refuse toute transfusion sanguine durant l’opération.

Le chirurgien fera tout son possible pour accéder à sa demande, en mémoire d’un médecin allemand, témoin de Jéhovah qui lui avait sauvé la vie à Auschwitz.

Le métier chevillé au corps

Plus tard, il prendra en charge une consultation de chirurgie au centre hospitalier psychiatrique de Villejuif, où il réalise des opérations en ambulatoire, sans anesthésie générale.

Il occupera ce poste pendant 30 ans, malgré des hésitations lorsqu’il lui fut proposé.

« Je me suis rappelé que dès 1940, les nazis s’étaient employés à exterminer les pensionnaires des hôpitaux psychiatriques. [… ] J’ai accepté la proposition », explique le père d’Agnès Buzyn.

Il ne renoncera jamais vraiment à son métier. Après la retraite, il s’engage comme chirurgien bénévole dans des missions humanitaires en Afrique où il est confronté à un contexte de pénurie qui l’amène à « revenir à des pratiques anciennes au temps où il n’y avait ni matériel ni d’autres choix ».

« L’humanité, Élie Buzyn la porte avec force et exemplarité », écrit en hommage son beau-frère, Jacques Wrobel, lui-même anesthésiste-réanimateur.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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