Selon les communiqués officiels émis par le Haut-Commandement de Tsahal, c’est le Commandant de la branche des Gardiens de la Révolution de la Division « palestinienne », Saeed Izadi qui ordchestre les tirs en provenance de Syrie. Les représailles ont été rapides et d’une force inhabituelle, censée servir d’avertissement. La plupart des 14 cibles visées, avec de multiples frappes sur certains bastions, vise à affaiblir l’emprise que détient encore l’armée syrienne sur le chef-lieu de Quneitra, théâtre de l’origine des 4 roquettes tirées hier contre la Haute-Galilée et les Hauteurs du Golan. Le principe retenu est celui d’envoyer le message à la « bonne adresse » postale, chargée de le transmettre aux groupes que le destinataire de l’envoi ne contrôle pas nécessairement, mais en lui rappelant que c’est finalement lui qui est mis en danger. En l’espèce, les Syriens sont censés savoir qui opère dans le secteur qu’ils maîtrisent. En réalité, depuis plusieurs mois, les Iraniens, le Hezbollah et leurs groupes supplétifs agissent de leur propre chef et pas nécessairement dans le seul but de « sauver Assad », mais avec celui d’instaurer un nouveau front, une première ligne d’attaque contre Israël sur le plateau du Golan.
Selon un responsable de haut-rang de la sécurité israélienne, Saeed Izadi, le chef de la Division Palestinienne des Brigades de la Force Al Qods a planifié l’attaque. Officiellement, elle aurait été commise par le Jihad Islamique palestinien, groupe terroriste totalement affilié à l’Iran (à la différence du Hamas), qui opère principalement depuis la Bande de Gaza, mais dont les Quartiers-Généraux se situent à Damas. De son côté, le Jihad Islamique a démenti son implication.
Désigner celui-ci peut avoir plusieurs fonctions : souligner le risque d’un embrasement « délocalisé », qui puisse partir aussi bien de Gaza (à cause de la campagne autour d’un prisonnier gréviste de la faim, en Israël) – et deux batteries Dôme de Fer ont été déployées sur Ashdod et BeerSheva à cette fin hier – que, désormais, du Golan, où les Iraniens regrouperaient leurs forces de nuisance pour entraîner Israël dans la guerre en Syrie. Là encore, la désignation du Jihad Islamique apparaît plus générique, recouvrant d’autres forces locales et permettrait à l’agression iranienne un vernis de « légitimité », au nom de la cause des Palestiniens. On peut nommer d’autres groupes derrière cette appellation non-contrôlée : FPLP-CG, « Libérateurs du Golan » derrière Samir Kuntar, Parti Social-Nationaliste Syrien, tous étant des sous-traitants du Hezbollah, donc de Téhéran.
Tout au long de la guerre civile en Syrie, des obus de mortiers se sont occasionnellement « égarés » en Israël, mais ce n’était pas du tout le cas ce jeudi 20 août, quand quatre roquettes ajustées ont frappé la Haute-Galilée et les Hauteurs du Golan, selon ce responsable israélien.
« Nous comprenons toutr-à-fait que cette attaque était clairement délibérée », a t-il précisé.
Israël tient le gouvernement syrien pour responsable de ces attaques, répliquant par son plus vaste assauit sur le territoire syrien depuis des décennies. Tsahal a tiré des obus d’artillerie et lancé des frappes aériennes contre les forces du Président syrien Bachar al Assad, en frappant 14 positions militaires sur les Hauteurs du Golan, selon le responsable de la Défense.
Ces frappes ont touché des batteries d’artillerie syrienne près de la ville de Quneitra, plusieurs avant-postes de l’armée et des antennes de communication, selon divers sites internet locaux d’actualité.
L’Observatoire syrien des Droits de l’Homme basé à Londres a rapporté qu’un grand nombre de soldats syriens avaient été blessés ou tués. Mais cette mention est contestée par la Télévision officielle du régime (Agence SANA) qui prétend qu’il n’y a eu qu’un seul soldat tué et sept blessés.
Le Ministre de la Défense Moshe Ya’alon a alerté du fait que ces tirs de roquettes n’étaient simplement que « la Bande-Annonce » des futures attaques financées par l’Iran contre Israël. Avec la levée des sanctions dans le cadre de l’accord nucléaire, Téhéran va accroître son soutien à ses supplétifs au Moyen-Orient, maintient-il.
« Grâce aux Forces Al Qods dirigées par le général Qasem Soleimani, ainsi que ses responsables envoyés au Liban et en Syrie, l’Iran tente d’établir un front terroriste depuis le plateau du Golan visant Israël, et c’est pour cette raison qu’il fournit des armes et forme des cellules terroristes sur place », a-t-il affirmé.
« Ce à quoi nous avons assisté hier après-midi n’est que la bande-annonce de ce qui se passera avec un Iran bien plus riche et bien plus meurtrier », a déclaré Ya’alon dans un communiqué.
« C’est totalement dans les intentions que le régime sanguinaire de Téhéran revendique et le monde occidental ne peut pas se contenter de balayer tout ceci sous le tapis » a t-il ajouté.
Nadav Pollak, chercheur à l’Institut Washington et interviewé par le Times of Israel, signale que l’usage de roquettes, plutôt que ld’obus de mortiers, est totalement intentionnelle et signe le forfait.
C’est une façon, pour la force Qods iranienne de dire : « Vous savez déjà que c’est nous, mais les roquettes prouvent que c’était bien le cas ».
‘Et Tsahal répond : Ok, cette fois, vous avez franchi la ligne rouge”
Cela a été la réplique la plus généralisée que Tsahal ait dirigée sur la Syrie, par le passé, ajoute Pollak.
Beaucoup auraient prévu par anticipation que ce soit le Hezbollah, l’un des groupes dominants dans la région du nord, et disposant des liens les plus solides avec l’Iran, qui se trouve derrière ce genre d’attaques, précise t-il.
Au cours des derniers mois, cependant, il y a eu une escalade des hostilités entre Tsahal et le Hezbollah. Si le Hezbollah avait commis cette agression, dit Pollak, les représailles israéliennes auraient été encore plus dures.
« L’utilisation d’un groupe comme le Djihad Islamique est une tentative pour prendre une idstance vis-à-vis du Hezbollah, selon Pollak.
Le Djihad Islamique est considéré comme encore plus radical que le Hamas et l’Iran lui apporte, du coup, un soutien financier encore plus conséquent.
« La relation entre le JIP, la Syrie et les Force al Qods est vraiement solide ».
En dépit des menaces du Djihad Islamique d’une attaque contre Israël à cause du cas de Mohamed Allaan, que le groupe terroriste et Israël définissent comme un membre du Djihad Islamique, et qui est en grève de la faim dans une prison israélienne depuis 65 jours jeudi, les responsables de la défense israélienne démentent la moindre relation entre cet état de chauffe en Syrie et son dossier particulier.
Cette attaque d’Izadi et du JIP était probablement une réplique à la frappe israélienne présumée, il y a trois semaines, où deux agents opérationnels du Hezbollah et trois miliciens partisans d’Assad ont été tués, selon Pollak.
Dans le cadre d’un accord nucléaire avec l’Iran, la République Islamique d’Iran peut aussi « goûter l’eau », et vérifier qu’aucun pays occidental ne bronche, en vue de mener une offensive d’une envergure bien plus conséquente », suppose Pollak.
Marc Brzustowski, avec agences, ynet, TOI.
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