Divorce religieux : mis en cause, le grand rabbin de Paris essaie de s’expliquer, mais en fait il cherche à embrouiller les choses.

En avant-propos, Jforum.fr informe ses lecteurs, que dans une autre affaire de divorce, entre un rabbin et sa femme, lequel rabbin ayant martyrisé son épouse en cherchant notamment à l’enfermer dans un hôpital psychiatrique pour la contraindre au guet, l’avocat du Consistoire de Paris, Me Jean-Alex Buchinger, avocat aussi du dit rabbin, avait cherché à nous faire taire en nous poursuivant pour diffamation. Il nous réclamait la modique somme de 13.000 € pour avoir révélé cette affaire. Il a été débouté de sa plainte par jugement en date du 5 Juillet 2022. Le jugement nous a été notifié ce jour. C’est ce même avocat qui est « le ventriloque » du grand rabbin de Paris. On peut s’étonner en effet que le grand rabbin de Paris, s’il est sûr de son fait, ait besoin d’un avocat, comme si sa science religieuse nécessitait assistance.

Les faits 

Après la prise de parole de deux femmes juives sur leurs difficultés à obtenir le guet – l’acte de divorce religieux dans le judaïsme –, le grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, répond aux critiques qui l’accusent d’inertie voire de blocage dans ces dossiers. « On est irréprochables », affirme-t-il auprès de La Croix.

Ces dernières semaines, deux femmes juives se sont exprimées dans les médias sur leurs grandes difficultés à obtenir le guet – l’acte de divorce religieux remis par le mari, sans lequel l’épouse est agouna, littéralement « enchaînée », et toute nouvelle union considérée pour elle comme adultère. Le grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, à la tête du tribunal rabbinique (beth din) mis en cause, a-t-il fait preuve d’inertie voire de blocage dans ces dossiers ? Il a souhaité s’en expliquer auprès de La Croix, mardi 13 septembre, lors d’un entretien réalisé en présence de son conseiller, Me Jean-Alex Buchinger.

« L’objectif du beth din de Paris est double. D’abord, la réconciliationSi nous ne parvenons pas à la réconciliation, notre objectif est de réaliser le divorce dans les meilleures conditions », assure le grand rabbin Gugenheim. Si le service des divorces parisien recense 347 remises de guet en moyenne par an, généralement avec des délais de quelques semaines, certains dossiers épineux peuvent donner lieu à une procédure juridique.

Dans le cas de Liorah Chetrit, en procédure de divorce civil depuis avril 2021, le grand rabbin de Paris affirme que le tribunal rabbinique n’aurait pas pu délivrer de sommation d’huissier à son époux pour qu’il remette le guet, puisque le divorce civil n’avait pas été prononcé. Selon Michel Gugenheim, le mari de Liorah attendait la fin de la procédure civile pour le faire.

Procédure israélienne

Profitant d’un séjour de son mari en Israël, Liorah a décidé de se tourner vers la juridiction israélienne qui autorise, depuis 2018, aux femmes juives non israéliennes de déposer une demande de divorce religieux auprès d’un tribunal rabbinique du pays. Une option qui permet de faire pression sur les maris récalcitrants à travers des sanctions, comme des interdictions de quitter le pays. Pour cela néanmoins, l’autorisation du tribunal rabbinique de Paris est nécessaire.

À cette étape-là, Liorah déplore un blocage du tribunal parisien. Le grand rabbinat de Paris se justifie par le fait qu’un divorce prononcé en Israël vaut pour divorce civil et religieux. « Si Liorah avait eu son guet en Israël, elle aurait été divorcée aux yeux de la loi israélienne mais pas française, et elle aurait pu se remarier en Israël tout en étant mariée en France, ce qui est de la bigamie, et c’est interdit », justifie Me Buchinger. Après la publication par Liorah d’une pétition sur sa situation, fin août, un compromis a été trouvé : le guet a été envoyé depuis Israël au tribunal rabbinique de Paris, et il sera gardé sous scellé jusqu’à la fin de la procédure civile.

Dans un communiqué publié après la remise de guet à cette femme, le 7 septembre, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, rappelait pourtant que « la délivrance du guet est un impératif religieux dès lors que cesse la vie commune, et ce, sans attendre la prononciation du divorce civil, comme il l’a obtenu par écrit du garde des sceaux en avril 2020 ».

Selon Me Buchinger, la remise de guet avant la prononciation du divorce civil est « systématique » quand elle est possible. Mais dans le cas de Liorah, le dépôt du dossier auprès du tribunal rabbinique à Paris a été trop tardif, et trop proche de la saisine de la justice israélienne, pour procéder ainsi, explique l’avocat.

Situation « injustifiée »

Pour ce qui est de Léa, divorcée civilement depuis octobre 2021, Michel Gugenheim regrette une « situation compliquée ». Au moment de leur mariage, Léa et son futur mari s’aperçoivent qu’il y a une potentielle ascendance de cohen dans la lignée de l’époux. Ce statut, dont bénéficient les descendants du frère de Moïse, Aaron, leur accorde des privilèges et des contraintes, dont celle de ne pas pouvoir se marier avec une femme convertie ou divorcée. Or, née d’une mère non juive, Léa est considérée comme convertie. Pour y voir clair, les futurs époux ont préféré commander une enquête à un tribunal rabbinique israélien, qui a conclu à l’absence d’ascendance cohen, et que le mariage religieux était donc possible.

Au moment du divorce religieux, le mari est toutefois revenu sur ces conclusions et a réclamé à nouveau le statut de cohen, avec le soutien du tribunal rabbinique de Paris, qui a estimé que l’enquête avait été bâclée. Dans une interview à Radio Shalom, Léa a regretté que l’octroi de son guet soit conditionné à l’examen de cette demande. Elle a tout de même fini par obtenir le précieux document, mardi 13 septembre. Selon Me Buchinger, l’interview sur Radio Shalom n’a pas pesé dans l’accélération du dossier.

« Je suis peiné de cette situation complètement injustifiée », a confié à La Croix le grand rabbin Gugenheim, évoquant la polémique relayée par les médias. « On est irréprochables, il n’y a eu aucun dysfonctionnement de notre côté, se défend le grand rabbin de Paris. Pourquoi ça a pris une telle ampleur ? C’est un point d’interrogation. »

 

Le tribunal rabbinique de Paris à nouveau mis en cause dans une affaire de divorce religieux.

Enquête 

Les difficultés d’obtention de l’acte de divorce religieux juif, le « guet », par une femme auprès du consistoire de Paris relancent la polémique. Les présidents des consistoires régionaux dénoncent un « enlisement » du tribunal rabbinique de la capitale et réprouvent la position de l’institution parisienne.

Quelques semaines après la pétition publiée sur Internet par une femme juive, Liorah Chetrit, pour obtenir son guet – l’acte remis par le mari pour mettre fin au mariage dans le judaïsme religieux –, une nouvelle affaire suscite une controverse.

Léa, 32 ans, mariée en 2020, engage une procédure de divorce civil et religieux, quelques mois après son union. Alors que son mari refuse de lui remettre le guet, elle sollicite le tribunal rabbinique (beth din) de Paris en juin 2021 pour engager une médiation.

L’institution parisienne tarde toutefois à lui répondre, selon le récit donné par Léa à Radio Shalom le 24 août. « C’était difficile d’avoir des rendez-vous, de les joindre, d’avoir une réponse à mes e-mails, déplore-t-elle. Je me disais au départ que c’était juste une question de procédure. Je me suis rendu compte qu’il y avait un problème de parti pris, de mon point de vue, pour l’homme. » Six mois après l’ouverture du dossier, le tribunal accepte finalement de lui donner un rendez-vous, auquel son mari n’est pas convié.

« Instrumentalisation du guet »

Lors de l’audience, elle se retrouve face à trois juges du beth din et est interrogée pendant une heure et demie sur des questions qui lui semblent être « une vengeance personnelle contre mon rabbin, Moché Lewin » (rabbin de la communauté du Raincy, en Seine-Saint-Denis, NDLR). « J’ai compris qu’il y avait une instrumentalisation pure et simple de mon guet », confie-t-elle. D’autant que le divorce civil est prononcé, en octobre 2021, ce qui autorise les instances rabbiniques à contraindre l’ex-mari à remettre le guet à son ex-épouse. Sans l’obtention de ce document, l’épouse est considérée comme agouna, littéralement « enchaînée », et une nouvelle union est considérée comme adultère.

Après le prononcé du divorce civil, Léa obtient une nouvelle audience en décembre 2021, à laquelle son mari refuse de lui remettre le guet, à moins qu’il retrouve son statut de cohen. Dans le judaïsme, le statut de cohen, appelé la kehouna, est une distinction héréditaire qui garantit certains privilèges, notamment dans la liturgie. Les cohanim ne peuvent toutefois pas épouser de femme divorcée ou convertie.

Au moment du mariage de Léa, lors de la rédaction du contrat de mariage, les époux découvrent une potentielle présence de cohen dans la lignée de son futur mari. Une enquête est menée et un tribunal israélien conclut finalement à l’absence d’ascendance cohen. Une conclusion que réfute l’ancien mari de Léa, qui conditionne la remise de guet à la reconnaissance de son statut de cohen.

Reproches des consistoires régionaux

Alertés de la situation, les consistoires régionaux prennent position. Les présidents des institutions consistoriales du Sud-Ouest, des Hauts-de-France, de Normandie, de Bourgogne-Franche-Comté, de Bretagne et des Pays de la Loire dénoncent la situation, dans des lettres datées de la fin du mois d’août que La Croix s’est procurées, et affichent leur soutien à Léa. « Nous souhaitons que le beth din de Paris prenne conscience de la difficulté que vivent Liora, Léa et tant d’autres épouses qui réclament leur guet », écrit Charles Sulman, président du consistoire régional des Hauts-de-France. Son homologue de Normandie, Nassim Levy, déplore « la situation qui touche une nouvelle fois le judaïsme français au sujet de plusieurs guets qui sont bloqués au beth din de Paris ».

Certains n’hésitent pas à rappeler l’affaire du chantage financier au guet de 2013-2014, qui avait secoué le consistoire de la capitale. Lors d’une audience de divorce religieux filmée en caméra cachée, la somme de 90 000 € avait été réclamée à une femme pour lui remettre l’acte de divorce.

Les consistoires régionaux déplorent aujourd’hui la présence des mêmes protagonistes qu’à l’époque au sein du tribunal rabbinique et du consistoire de Paris. « Depuis le scandale du guet (…), rien n’a changé », accuse Bertrand Weil, président du consistoire de Bourgogne-Franche-Comté. Le président du consistoire de Paris et d’Île-de-France, Joël Mergui, n’a pas répondu aux sollicitations de La Croix.

NDLR : C’est une véritable honte pour le Consistoire, que toutes ces affaires. Malheureusement plus personne dans la Communauté Juive ne s’en étonne. Les présidents des consistoires régionaux , qui aujourd’hui s’offusquent de situations qui existent depuis une vingtaine d’années, ont soutenus les présents dirigeants et sont responsables de cette situation. Quant à la Communauté juive, elle a les dirigeants qu’elle mérite à l’excuse près, c’est qu’une partie des médias juifs les ont soutenus en contrepartie des mannes publicitaires et ont corrompu les élections qui n’ont déjà qu’une apparence de démocratie.

La Croix et Jforum

2 Commentaires

  1. Bien que non juif, mais philosémite. J’ai constaté que la question du guet, était récurrente dans les préoccupations des communautés juives. Et que lorsque les rabbins sont interrogé sur le sujet, leur réponses reste flou. Expliquant le cas par cas, et les législations des pays. Ce que j’en ais surtout compris. C’est que c’est surtout la décision souveraine du mari qui compte. Puisque c’est lui qui donne le guet, le beth din ne fait que validé la procédure .

    • C’est inexact. Le guet doit être « donné » par l’homme et « accepté » par la femme. Si l’un des deux n’est pas d’accord c’est bloqué. Donc c’est du consentement mutuel. Et le problème est là : la société moderne considère le « droit au divorce » comme une évidence… Les gens veulent une Houpa en pensant que c’est comme un Pacs !

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